CinĂ©ma Le film de Robin Campillo, distinguĂ© Ă Cannes, sur le combat des militants dâAct Up dans les annĂ©es 1990 sort mercredi. Lâavis du Monde » â Ă ne pas manquer A premiĂšre vue, câest une ponctuation terrifiante qui scande le voyage infernal et magnifique des hĂ©ros de 120 battements par minute la ÂcamĂ©ra attrape des grains de poussiĂšre qui flottent dans les faisceaux de lumiĂšre, au-dessus dâune piste de danse ; insensiblement, ces particules prennent des formes organiques jusquâĂ se faire cellules et virus, qui sâassemblent, se divisent pour mieux se multiplier. Lire la critique parue lors du Festival de Cannes Avec 120 battements par minute », les corps en lutte dâAct Up conquiĂšrent les cĆurs Il en va de cette image inventĂ©e par Robin Campillo comme du reste de son film ce qui semble au premier abord une mĂ©taphore funĂšbre la mort est dans lâair, puisque nous sommes au pic de lâĂ©pidĂ©mie de sida, au moment oĂč la mĂ©decine nâapporte aux malades dâautre secours que palliatif est aussi une reprĂ©sentation de la vie. La contagion, câest la diffusion de la maladie, câest aussi le partage de la colĂšre, de lâĂ©nergie ; le virus se transmet, comme les informations et le savoir qui permettront dâen limiter la propagation, dâĂ©laborer des thĂ©rapies efficaces. Bref, Campillo renverse cul par-dessus tĂȘte la vieille scie attribuĂ©e Ă Cocteau Le cinĂ©ma, câest filmer la mort au travail. » Devant sa camĂ©ra, câest la vie â celle de ceux qui ne sont plus, celle de ceux qui ont Ă©tĂ© sauvĂ©s grĂące Ă ce combat â qui sâĂ©panouit. Pour jeter ce pont du nĂ©ant Ă lâexistence, Robin Campillo a puisĂ© dans sa mĂ©moire de militant dâAct Up Pour jeter ce pont du nĂ©ant Ă lâexistence, Robin Campillo a puisĂ© dans sa mĂ©moire de militant dâAct Up. ScĂ©nariste et monteur de son film, il lui donne une pulsation rapide celle des titres Ă©lectro sur lesquels on dansait alors, celle dâun cĆur au bord de lâaffolement qui impose lâurgence dans laquelle vivent ses personnages, militants que la Âmaladie ou lâinfection a rĂ©unis. Cette libre association des Ă©nergies constitue le trait le plus immĂ©diatement marquant de 120 battements par minute Campillo met en scĂšne lâĂ©laboration de la parole et de lâaction dâun groupe militant avec une attention et une empathie qui nâempĂȘchent pas la luciditĂ©, voire lâironie toujours bienveillante. Lire lâentretien avec Robin Campillo Article rĂ©servĂ© Ă nos abonnĂ©s Il mâa fallu du temps pour parler du sida » DĂšs la premiĂšre sĂ©quence, qui montre le dĂ©bat qui suit une intervention spectaculaire du groupe lors dâune rĂ©union de lâAgence française contre le sida, il donne une rĂ©alitĂ© physique Ă la dialectique entre les actes et le discours. Et alors quâon nâa pas encore eu le temps de faire connaissance avec les personnages, on discerne trĂšs bien cette autre dialectique, plus mystĂ©rieuse, entre les affects individuels et lâengagement collectif. Lire le rĂ©cit dans M » Article rĂ©servĂ© Ă nos abonnĂ©s Act Up, la fureur de vivre Les Ă©tincelles jaillissent Prenez le personnage dâHĂ©lĂšne Catherine Vinatier, mĂšre dâun jeune garçon hĂ©mophile contaminĂ© par transfusion. Elle dĂ©tonne dans un groupe majoritairement gay, dont elle est lâaĂźnĂ©e dâune quinzaine dâannĂ©es. Et son statut de mĂšre bienveillante vole en Ă©clats lorsquâelle demande, au grand scandale des jeunes plus libertaires, lâemprisonnement des responsables de la contamination. Entre lâutopie et la rĂ©tribution, entre la fermetĂ© doctrinale voire la raideur et lâamour maternel, les Ă©tincelles jaillissent. Peu Ă peu, deux figures se dĂ©tachent. Nathan Arnaud Valois, nouveau venu dans lâassociation, et Sean Nahuel Perez Biscayart, vĂ©tĂ©ran dâun combat que la maladie rend de plus en plus difficile Ă livrer. Ils sont portĂ©s par le mĂȘme courant, mais il apparaĂźt quâils nâont pas la mĂȘme route Ă parcourir, ce qui ne les empĂȘche pas de sâaimer. Cet amour Ă©phĂ©mĂšre Ă lâombre dâune fin Ă laquelle Sean ne peut Ă©chapper est dâautant plus bouleversant que nous savons aujourdâhui quâil ne sâen fallait que de quelques mois pour quâil en aille autrement. LâĂ©motion qui saisit pendant ces derniĂšres scĂšnes nâest pas celle du mĂ©lo, elle est faite de colĂšre et dâadmiration. Lire le portrait Article rĂ©servĂ© Ă nos abonnĂ©s Nahuel Perez Biscayart, la rage urgente dâun fĂ©lin argentin Campillo laisse de cĂŽtĂ© les effets faciles, demandant Ă ses acteurs dâemmener leurs personnages jusquâau bout du chemin, sans Âeffets spĂ©ciaux, sans paroxysmes pour parvenir Ă la vĂ©ritĂ© dâun moment qui resterait autrement enfoui. Ici, la fin de la vie, câest encore la vie. Film français de Robin Campillo. Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, AdĂšle Haenel, Antoine Reinartz 2 h 22. Sur le Web Thomas Sotinel Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă la fois Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce quâune autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂȘtes la seule personne Ă consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă lire ici ? Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il dâautres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant dâappareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă des moments diffĂ©rents. Vous ignorez qui est lâautre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
Vamonoscon Pancho Villa! ActualitĂ© militante â derniers articles Publier un article dans le Webzine Discussions du webzine. Discussion dans â Documentaires et films â créé par allpower , 28 DĂ©cembre Film Battements par minute de Robin Campillo Discussion dans â Documentaires et films â créé par allpower , 28 DĂ©cembre Choisir une1 - Parce que c'est avant tout une histoire d'amour. Un garçon est malade. L'autre non. On dĂ©couvre leur combat face Ă la maladie. Leur amour mĂȘme quand il n'y a plus vraiment de raison d'y croire. Leur humour. Leur beautĂ©. Leur beautĂ© dans les pires moments de la vie. Et dans les plus sublimes. Dans les nuages de fumĂ©e des clubs comme dans les couchers de soleil sur la Seine depuis la ligne 6. 2 - Parce que c'est une histoire collective, l'histoire d'une bande d'amis, d'ennemis, d'amours, qui essaient de faire des choses ensemble juste pour pouvoir continuer Ă vivre. Avec la maladie, sans la maladie, chez les putes, chez les taulards, chez les tox'. Donc chez tout le monde. Et ça fait du bien, la solidaritĂ© Ă l'Ă©cran, aujourd'hui. Le beau, l'amour, la solidaritĂ©, tout ça nous fait prendre conscience de l'importance de la lutte. Et sans jamais donner de leçon. 3 - Parce que c'est l'histoire d'une Ă©poque. L'histoire des dĂ©buts d'Act-Up, quand le Sida Ă©tait loin d'ĂȘtre au coeur des politiques de santĂ© publique, quand il Ă©tait encore perçu comme la maladie des marginaux. Mais aussi l'histoire de la house, la musique comme dĂ©fouloir et comme façon de cĂ©lĂ©brer la vie, Bronski Beat remixĂ© par Arnaud Rebotini en prime. CĂ©sar de la meilleure musique. 4 - Parce c'est un casting magique, dans lequel chacun a sa place AdĂšle Haenel gueule avec grĂące dans les rĂ©unions d'Act Up, Nahuel Perez Biscayart, CĂ©sar du meilleur espoir masculin, flamboyant, aime Arnaud Valois, parfait en novice un peu simplet de l'engagement associatif, le tout sous le regard d'Antoine Reinartz, formidable patron d'Act Up, CĂ©sar du meilleur second rĂŽle masculin. 5 - Parce que Robin Campillo, Grand Prix Ă Cannes, CĂ©sar du meilleur film, parvient Ă nous montrer Ă la fois le collectif et l'individuel, si bien que les destins personnels de ses personnages rejoignent naturellement le destin d'une sociĂ©tĂ© toute entiĂšre. Parce qu'il filme aussi bien l'amour que la mort, le jour que la nuit, la lutte que l'apaisement. Et qu'Ă la fin, on ne peut s'empĂȘcher de penser que c'est beau, tout le temps, Ă pleurer.
Premier film de Camille Vidal-Naquet, dont il signe Ă©galement le scĂ©nario, "Sauvage" a valu Ă FĂ©lix Maritaud "120 battements par minute" le Valois du meilleur interprĂšte masculin au dernier festival du Film francophone dâAngoulĂȘme. Un rĂŽle torturĂ©, dans un long mĂ©trage dĂ©rangeant, par sa forme et son sens, autour dâun jeune adulte homosexuel, prostituĂ©, droguĂ© bienvenue dans un monde de bruts. A premiĂšre vue, "Sauvage" dresse un portrait dâun dĂ©senchantement extrĂȘme. Celui dâune vie partant Ă vau-lâeau, sans espoir de retour. LĂ©o a 22 ans, vit au jour le jour dans la rue, ou dort chez ses clients auxquels il vend son corps, fume du crack avec une indiffĂ©rence confondante. JusquâĂ ce quâil rencontre Ahd Eric Bernard qui se prostitue aussi, dont il devient amoureux pour son cĂŽtĂ© protecteur, mais qui le rejette. LĂ©o, dĂ©tachĂ© de tout, surtout de lui-mĂȘme, va suivre un parcours initiatique qui dĂ©bouchera peut-ĂȘtre sur la fin du tunnel. Camille Vidal-Naquet choisit une forme quasi documentaire, en suivant au plus prĂšs son personnage, sans jamais le flatter, et bousculant le spectateur. Interdit aux moins de 16 ans, le film joue dâune image frontale, crue, ne dissimulant jamais les actes, sans pour autant ĂȘtre complaisante ou pornographique. Cette sincĂ©ritĂ©, non provocatrice, mais sans tabou, rappelle Pier-Paolo Pasolini. Cette vie en dĂ©liquescence traduit une dĂ©tresse psychologique qui se reflĂšte dans des rĂ©percussions physiques que subit dâune vie encore en formation, FĂ©lix Maritaud lâinterprĂšte Ă lâimage de son personnage, en se donnant absolument dans une sorte de perdition assumĂ©e. LĂ©o nâest jamais aussi sincĂšre que quand il se rend Ă une consultation mĂ©dicale, devant une femme mĂ©decin qui pourrait ĂȘtre le temps dâun apartĂ© une mĂšre de substitution. Peut-ĂȘtre la plus belle scĂšne du film. RĂ©pondant Ă ses questions avec un dĂ©tachement dĂ©concertant, LĂ©o ne voit pas pourquoi il arrĂȘterait de vivre tel quel, comme sâil se laissait porter par un flux irrĂ©pressible, autodestructif et immuable. Il butte pourtant contre Ahd qui, lui, vit avec dĂ©tachement sa condition de prostituĂ© assumĂ©, comme seul moyen de subsistance, et non comme une condition existentielle. Le titre "Sauvage" qualifie LĂ©o, en marge totale dâune sociĂ©tĂ© dans laquelle il nâa rien Ă faire, sans rancune, et dont il ne semble pas mĂȘme avoir conscience. Camille Vidal-Naquet ne passe pas toutefois Ă cĂŽtĂ© dâune certaine rĂ©pĂ©titivitĂ©, dans les scĂšnes de prostitution notamment, mĂȘme si elles participent de la vie de LĂ©o. Un film Ăąpre, parfois Ă©prouvant, mais avec aussi une leçon de vie ouverte sur une note dâespoir. LA FICHEGenre Drame RĂ©alisateur Camille Vidal-Naquet Pays France Acteurs FĂ©lix Maritaud, Eric Bernard, Nicolas Dibla, Nicolas Dibla, Philippe Ohrel, Mehdi Boudina Interdit aux moins 16 ansDurĂ©e 1h39 Sortie 29 aoĂ»t 2018Synopsis LĂ©o, 22 ans, se vend dans la rue pour un peu dâargent. Les hommes dĂ©filent. Lui reste lĂ , en quĂȘte dâamour. Il ignore de quoi demain sera fait. Il sâĂ©lance dans les rues. Son cĆur bat fort.