Commentairede texte: Barbara - Paroles, Jacques PrĂ©vert, 1946. Recherche parmi 274 000+ dissertations . Par . Virginie Cappelli âą 15 Juin 2017 âą Commentaire de texte âą 1 149 Mots (5 Pages) âą 1 510 Vues. Page 1 sur 5 S6 - LA 3 : Jacques Prevert, âBarbaraâ, Paroles, 1946. Jacques Prevert est un poete et scenariste du XX influence par le surrealisme, mouvement poetique
Page d'Ă©criture de PrĂ©vert Le poĂšme de Jacques PrĂ©vert "Page d'Ă©criture" m'a incitĂ© Ă aller jusqu'au bout de la dĂ©marche d'illustration. Je le reproduis aussi ici pour votre plaisir, du moins je le souhaite ! L'animation page d'Ă©criture de PrĂ©vert Bonne animation... Retrouverez-vous le texte au fond de votre mĂ©moire ? PrĂ©vert en gif animĂ©. D'aprĂšs Jacques PrĂ©vert Paroles, 1945. Illustrations et Animation Louis CHATEL. Le texte de "page d'Ă©criture" Si vous ne vous rappelez pas le texte je le reproduit ici pour votre plaisir, du moins l'espĂšre. Page d'Ă©criture Deux et deux quatre quatre et quarte huit huit et huit font seize⊠RĂ©pĂ©tez ! dit le maĂźtre Deux et deux quatre quatre et quatre huit huit et huit font seize. Mais voilĂ lâoiseau lyre qui passe dans le ciel lâenfant le voit lâenfant lâentend lâenfant lâappelle Sauve-moi joue avec moi oiseau ! Alors lâoiseau descend et joue avec lâenfant Deux et deux quatre⊠RĂ©pĂ©tez ! dit le maĂźtre et lâenfant joue lâoiseau joue avec lui⊠Quatre et quatre huit huit et huit font seize et seize et seize quâest-ce quâils font ? Ils ne font rien seize et seize et surtout pas trente-deux de toute façon ils sâen vont. Et lâenfant a cachĂ© lâoiseau dans son pupitre et tous les enfants entendent sa chanson et tous les enfants entendent la musique et huit et huit Ă leur tour sâen vont et quatre et quatre et deux et deux Ă leur tour fichent le camp et un et un ne font ni une ni deux un Ă un sâen vont Ă©galement. Et lâoiseau lyre joue et lâenfant chante et le professeur crie Quand vous aurez fini de faire le pitre Mais tous les autres enfants Ă©coutent la musique et les murs de la classe sâĂ©croulent tranquillement Et les vitres redeviennent sable lâencre redevient eau les pupitres redeviennent arbres la craie redevient falaise le port-plume redevient oiseau. Jacques PrĂ©vert Paroles, 1945 © Editions Gallimard, 1949 La vidĂ©o de "Page d'Ă©criture" Toutes les animations de Louis CHATEL sur PrĂ©vertPour complĂ©ter la lecture vous pouvez aller consulter les autres billets un clic sur l'imageBillet mis Ă jour * par Louis CHATEL le 8/02/2021* il y avait en particulier une erreur de lien vers le gif animĂ©... Spotlight Bienvenus chez Louis CHATEL Soyez les bienvenus sur le blog de Louis CHATEL *, blog gĂ©nĂ©raliste sans ligne Ă©ditoriale, on y trouve de tout selon l'humeur du moment, par exemple des astuces pour PowerPoint , des billets sur le Management , des calculs sur des sujets divers... Le billets les plus consultĂ©s de la semaine BĂąbord ou tribord ? Pour ne pas confondre bĂąbord et tribord , il existe plusieurs moyens mnĂ©motechniques, je ne me rappelle plus du premier qu'on m'avait donnĂ©, c'Ă©tait il y a longtemps. Vous vous sentez l'Ăąme d'un navigateur ? Je vous propose de naviguer sur l'origine de ces termes, ça va en effet constituer le sujet du jour illustrĂ© par Louis CHATEL . C'est arrivĂ© le 21 juin 2003 Quel Ă©vĂšnement en juin 2003 pour justifier un billet sur le blog de Louis CHATEL ? Voire quel est le rapport entre un appareil photo et un paquet de cigarettes ? J'y viens ! Vous avez dit mail ? Quand on parle de mail, le commun des mortels repense Ă cette plĂ©thore de trucs identifiĂ©s non lus dans sa BAL BoĂźte Aux Lettres, acronyme dĂ©diĂ© au monde virtuel, ou plutĂŽt dĂ©matĂ©rialisĂ©, monde oĂč se passent maintenant la majoritĂ© des Ă©changes entre individus. Qui dit mail fait penser souvent Ă l'objectif rĂ©curent " RĂ©duire le nombre de mails ", sujet dĂ©jĂ Ă©voquĂ© dans ces billets on ne rĂ©duit pas le nombre de mails, on supprime les inutiles ! Mais compte tenu du nombre de billets sur le sujet, il est temps de prendre du recul et d'en faire la synthĂšse. Du cumul des mandats Le cumul des mandats revient Ă l'ordre du jour, certains en parlent dans les mĂ©dias, voire sont en train de rĂ©diger une proposition de loi en ce sens, pour des motifs lĂ©gitimes selon eux, bien entendu ! Le sujet mĂ©rite rĂ©flexions, il est temps de partager celles que je dĂ©fends depuis longtemps. La question pour certains dĂ©tracteurs se concentre sur le cumul des indemnitĂ©s, c'est Ă mon sens un autre sujet mĂȘme si c'est plafonnĂ© cette question mĂ©riterait aussi d'ĂȘtre traitĂ©e, mais pas seulement au sens du cumul mais surtout au niveau du montant de ce fameux plafond que vaut un politique dans une dĂ©marche de job grading ?. LĂ je vais essayer de ramener le sujet Ă une question simple de mission, de durĂ©e et de charge de travail. Copain ou ami ? L'amitiĂ© ? En voilĂ une bonne question. Je ne vais pas vous faire une dissertation sur ce sujet passionnant, ce nâest ni le lieu ni le moment, mais je vais quand mĂȘme consacrer un petit article sur le sujet. De la gestion des acronymes Un acronyme est un mot formĂ© des initiales ou des Ă©lĂ©ments initiaux de plusieurs mots, se prononçant comme un mot normal et non pas lettre par lettre. Une abrĂ©viation est le raccourcissement d'un mot ou d'un groupe de mots, reprĂ©sentĂ©s alors par un caractĂšre ou un groupe de caractĂšres issus de ce mot. M. pour Monsieur en est un bon exemple. Le point autre que celui de fin de phrase est souvent l'indice d'une abrĂ©viation⊠Que ce soit un acronyme ou une abrĂ©viation, on peut supposer que celui qui lâutilise dans un Ă©crit en connaĂźt la signification mais quâen est-il pour le lecteur ? CrĂ©ativitĂ© selon Disney Pour rĂ©aliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rĂȘver. Ensuite, rĂ©veillez-vous calmement et allez dâun trait jusquâau bout de votre rĂȘve sans jamais vous laisser dĂ©courager. » â Walt Disney Disney avait une mĂ©thode de crĂ©ativitĂ© bien Ă lui c'est quand mĂȘme lui l'inventeur du story-board !. La mĂ©thode ? A propos de prĂ©sentation Ă distance Le sujet du jour A propos de prĂ©sentation Ă distance ou de la bonne utilisation de la surface de l'Ă©cran d'ordinateur fixe ou portable, voire tablette ou smartphone dans le cas d'une vidĂ©o enregistrĂ©e . Suivre des MOOCs pourquoi faire ? Dans sa version initiale, ce billet commençait par "Avoir une activitĂ© professionnelle normale et une vie sociale bien remplie *, ça laisse peu de temps pour le reste. Alors la question du suivi de MOOCs cours en ligne peut lĂ©gitimement se poser, dâautant plus si ce suivi devient massif. " Depuis ma cessation d'activitĂ© dispense puis retraite, la rĂ©partition des tĂąches a quelque peu Ă©voluĂ©, la pandĂ©mie ayant d'ailleurs quelque peu chamboulĂ© les emplois du temps, mais depuis 2015 il convenait d'actualiser les donnĂ©es lĂ mise Ă jour juillet 2022. Poster un petit com' Poster un commentaire sur un blog n'est plus tellement courant maintenant avec l'explosion des rĂ©seaux sociaux c'est surtout dans ces derniers qu'on va Ă©changer. Pourtant il y 20 ans, c'Ă©tait un mode d'Ă©change dĂ©veloppĂ©, avec l'avĂšnement du les personnes pouvaient enrichir les pages. Plein de sites ont d'ailleurs ajoutĂ© cette possibilitĂ© pour permettre les commentaires Ă leurs articles. Suite Ă un commentaire reçu rĂ©cemment, façon Madeleine de Proust, je suis allĂ© ressortir ce vieux billet de 2006, mis Ă jour en 2007, pour en profiter pour rappeler quelques fonctionnalitĂ©s associĂ©es Ă ces commentaires.
Letemps qui nous est accordé sur Terre est une source précieuse. Il faut vivre le moment présent intensément. Semer les graines de douceur et de bonheur autour de soi. Proclamer la paix et l'amour, sans condition. Ainsi, lorsque le moment sera venu, notre mission de vie, aura été accomplie. - Une citation de Joëlle Laurencin
NĂ© dâun montage de Paroles, Spectacle, Choses et autres et Imaginaires de Jacques PrĂ©vert et de LâAfricain de J-MG Le ClĂ©zio, ce spectacle pĂ©tillant nous entraĂźne dans lâhistoire dâune jeune fille, ses souvenirs, ses doutes et ses confessions⊠Le rĂ©alisme et le concret de J-MG Le ClĂ©zio viennent Ă la fois rompre et soutenir le burlesque, lâhumour et la fantaisie de PrĂ©vert qui joue avec les mots, les attrape et sâen amuse, les associant, les opposant, les dĂ©tournant et les faisant sonner les uns contre les autres. Deux auteurs, deux styles et deux comĂ©diennes sur scĂšne pour essayer dâĂȘtre heureux, ne serait-ce que pour donner lâexemple » comme disait Jacques PrĂ©vert. Les mots de Jacques PrĂ©vert et de J-MG Le ClĂ©zio pour cĂ©lĂ©brer la vie et lâamour ! NOTE DE MISE EN SCĂNE, Eglantine Perreau et Apolline Bercholz. Notre attachement Ă la poĂ©sie de PrĂ©vert en est Ă lâorigine son style iconoclaste, joyeux et violent parfois, ses paroles, traversent le temps et les gĂ©nĂ©rations. Il Ă©crit comme il parle et câest pourquoi ses histoires sont si belles et vraies. Il nous tient Ă cĆur dâaborder des sujets dont lâĂ©cho rĂ©sonne en chacun de nous. Une fois assemblĂ©s, ces extraits de textes retracent une gĂ©ographie intĂ©rieure. Notre choix sâest portĂ© sur ces deux auteurs au style si diffĂ©rent. Le dĂ©coupage du texte a Ă©tĂ© rĂ©flĂ©chi de façon Ă suivre lâhistoire dâune jeune fille. Elle raconte ses aventures de vie, ses aborde le sujet de la famille, de lâabandon, son enfance, ses joies et ses dĂ©tresses, avec des surgissements de pensĂ©s, des doutes et des deux incarnons cette jeune fille. Par ce choix, transparait la complexitĂ© et les contradictions dâun ĂȘtre humain. Bien que complices, dĂ©saccords et conflits intĂ©rieurs surviennent. Câest une parole commune qui est entendue; Ă certains moments nos deux voix se rejoignent et ne font quâune, pour ensuite se sĂ©parer. La musique, Ă laquelle nous accordons une grande importance accompagne le texte. Aussi bien du Mozart et du Mendelssohn que du Gipsy Kings. La musique est la vapeur de lâart. Elle est Ă la poĂ©sie ce que la rĂȘverie est Ă la pensĂ©e, ce que le fluide est au liquide, ce que lâocĂ©an des nuĂ©es est Ă lâocĂ©an des ondes. » Victor Hugo LES AUTEURS, Jacques PrĂ©vert et J-MG Le ClĂ©zio. JACQUES PRĂVERT Il y a sur cette terre des gens qui sâentre-tuent. Câest pas gai, je sais. Il y a aussi des gens qui sâentre-vivent. Jâirai les rejoindre » Jacques PrĂ©vert est un poĂšte et scĂ©nariste français. Son premier grand succĂšs est le recueil de poĂšmes, âParolesâ. Il devient un poĂšte populaire grĂące Ă son langage familier et Ă ses jeux de mots. Ses poĂšmes sont appris dans les Ă©coles par nombre de petits français. En 1925, il participe au mouvement surrĂ©aliste oĂč il y rencontre Marcel Duchamp, Raymond Queneau, Yves Tanguy et AndrĂ© Breton, et bien dâautres encore. Son engagement politique est trĂšs marquĂ©. SurrĂ©aliste inclassable, certains nâhĂ©sitent pourtant pas Ă le rattacher au courant libertaire. Cet engagement est Ă lâorigine de belles rĂ©ussites mais aussi dâĂ©checsâŠUne anecdote⊠Le 12 octobre 1948, Ă Paris, lors dâune interview, il tombe dâune porte-fenĂȘtre et reste plusieurs jours dans le coma. Pierre BergĂ© qui passait par lĂ en a Ă©tĂ© tĂ©moin, le jour mĂȘme de sa toute premiĂšre arrivĂ©e dans la capitale, alors quâil se promenait sur les Champs-ĂlysĂ©es. J-MG LE CLĂZIO âPar le langage, lâhomme sâest fait le plus solitaire des ĂȘtres du monde, puisquâil sâest exclu du silence.âJean-Marie Gustave Le ClĂ©zio, est un Ă©crivain de nationalitĂ©s française et mauricienne. Il est nĂ© dans une famille bretonne son nom signifie les enclos» en breton. Son pĂšre est mĂ©decin de brousse en Afrique. Il sâagit dâailleurs de son histoire et de sa relation avec son fils dans le roman lâAfricain ». Le fameux. Il est donc au long de sa carriĂšre influencĂ© par ses origines familiales, par ses voyages et par son goĂ»t marquĂ© pour les cultures amĂ©rindiennes. Dans certains de ses romans, Le ClĂ©zio laisse une large part Ă lâonirisme et au mythe ; dâautres traitent de sujets plus personnels et sont autobiographiques. Il est lâauteur dâune quarantaine dâouvrages, romans, contes, nouvelles et essais. La contestation est un caractĂšre permanent dans son petits plus⊠Le prix Nobel de littĂ©rature lui est dĂ©cernĂ© en 2008 pour lâensemble de son Ćuvre. Jean-Marie Gustave Le ClĂ©zio est nommĂ© officier de la LĂ©gion dâhonneur le 1er janvier 2009. Il vit en Chine aprĂšs avoir vĂ©cu au nouveau Mexique Etats-Unis. Ses parents, Raoul et Simone, sont cousins. LES COMĂDIENNES, Eglantine Perreau et Apolline Bercholz. EGLANTINE PERREAU AprĂšs avoir passĂ© son Bac LittĂ©raire en spĂ©cialisation Arts Plastiques, Eglantine intĂšgre le cursus professionnel des Cours Florent quâelle complĂšte avec un cursus dâActing in English et des cours dâimprovisation. En 2018 elle participe Ă la crĂ©ation du Temps des Fleurs » Ă©crite et mise en scĂšne par JosĂ©phine Ancian. Elle monte aussi sa premiĂšre piĂšce Le temps qui nous sĂ©pare de la foudre » créée Ă partir de textes de Jacques PrĂ©vert et JMG Le ClĂ©zio, qui voit le jour au sein des Cours Florent. Dans la foulĂ©e, elle dĂ©croche le premier rĂŽle dâun long mĂ©trage Poetry lâenfant soir », rĂ©alisĂ© par Clothilde Leclerc. Elle participe Ă©galement Ă la crĂ©ation Bonnet dâĂąme », librement adaptĂ©e du roman Chagrin dâĂ©cole » de Daniel Pennac, mise en scĂšne par PĂ©tronille de Saint Rapt au Teatro Da Barraca, Ă Lisbonne dans le cadre de la premiĂšre Ă©dition du Festival des Caravelles dâAutomnes. APOLLINE BERCHOLZ AprĂšs avoir passĂ© son bac littĂ©raire en spĂ©cialisation théùtre, Apolline intĂšgre le cursus professionnel des Cours Florent, quâelle complĂšte avec une formation de masque. En 2017, elle joue dans les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es Charon, rĂ©alisĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Schoendoerffer et Maman a tort de François Velle. Puis, en 2018, elle monte son premier spectacle Les Suppliantes dâEschyle dans lequel elle tient le premier rĂŽle. Avec ce rĂŽle elle gagnera le Jacques de la meilleure actrice. Dans le mĂȘme temps, elle accompagne Eglantine Perreau dans sa premiĂšre crĂ©ation Le temps qui nous sĂ©pare de la Foudre ». En 2018 et 2019, elle rejoint plusieurs tournages de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es France 3, notamment Candice Renoir rĂ©alisĂ© par JĂ©rĂŽme Rafalovicz, Tandem, rĂ©alisĂ© par Corinne Bergas, ainsi quâun tĂ©lĂ©film Lâaigle de sang» rĂ©alisĂ© par Christophe Douchand. Dans la foulĂ©e, elle suit une stage intensif Ă lâESTBA, Ă©cole supĂ©rieure de théùtre de Bordeaux Aquitaine sous la direction de Franck Manzoni. Enfin, elle rĂ©alise son premier court-mĂ©trage Je suis un bar clandestin » dans le cadre du Nikon Film Festival en 2020.
FacebookTwitter Pinterest Jacques PrĂ©vert est nĂ© Ă Neuilly-sur-Seine dans une famille modeste. Il a fait son service militaire pendant lequel il rencontre le peintre Yves Tanguy, qui lâapproche au surrĂ©alisme. Mais tĂŽt il rompt avec le surrĂ©alisme et il sâengage dans une poĂ©sie plus personnelle. Il commence aussi Ă travailler Ă des films publicitaires []
On croit que câest facile de ne rien faire du tout au fond câest difficile câest difficile comme tout il faut passer le temps câest tout un travail il faut passer le temps câest un travail de titan Ah ! du matin au soir je ne faisais rien rien ah ! quelle drĂŽle de chose du matin au soir du soir au matin je faisais la mĂȘme chose rien ! je ne faisais rien jâavais les moyens ah ! quelle triste histoire jâaurais pu tout avoir oui ce que jâaurais voulu si je lâavais voulu je lâaurais eu mais je nâavais envie de rien rien Un jour pourtant je vis un chien ce chien qui me plut je lâeus câĂ©tait un grand chien un chien de berger mais la pauvre bĂȘte comme elle sâennuyait sâennuyait dâ son maĂźtre un vieil Ecossais jâai achetĂ© son maĂźtre jâavais les moyens ah ! quel drĂŽle dâĂ©cho oh ! ' quel drĂŽle dâĂcossais câĂ©tait que le berger de mon chien toute la journĂ©e il pleurait toute la nuit il sanglotait ah ! câĂ©tait tout Ă fait insensĂ© lâEcossais dĂ©pĂ©rissait il ne voulait rien entendre il parlait mĂȘme de se pendre Jâaime mieux mes moutons chantait-il en Ă©cossais et le chien aboyait en lâentendant chanter jâavais les moyens jâachetai les moutons je les mis dans mon salon alors ils broutĂšrent mes tapis et puis ils crevĂšrent dâennui et dans la tombe lâĂcossais les suivit ah ! et le chien aussi Câest alors que je partis en croisiĂšre Pour-me-calmer-me8-petits-nerfs.
Lesarchives par sujet : texte majeur de philippe torreton DĂšs le mardi 15 et jusqu'au lundi 21 novembre, notre sĂ©lection vous permettra de dĂ©couvrir la diversitĂ© des Prestigieux Vins des Hospices de Beaune et des Grands Climats de Bourgogne. Un demi siĂšcle de vins des Hospices de Beaune. Pour vous permettre de juger du potentiel des grands vins du fameux domaine des17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 2332 6. Deburau rĂ©inventĂ© "Les Enfants du Paradis et le XIX° siĂšcle de Jacques PrĂ©vert" par Mme DaniĂšle GASIGLIA-LASTER. Texte publiĂ© dans "L'invention du XIX° siĂšcle II, le XIX° siĂšcle au miroir du XX°", Librairie Klincksieck, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2002. Ce texte a Ă©tĂ© mis Ă disposition des internautes avec l'aimable autorisation de DaniĂšle Gasiglia-Laster - DaniĂšle Gasiglia-Laster Critique littĂ©raire ; ses travaux et publications sont axĂ©s sur trois auteurs Victor Hugo, Marcel Proust et Jacques PrĂ©vert; a prĂ©sentĂ©, Ă©tabli et annotĂ©, en collaboration avec Arnaud Laster, l'Ă©dition dans la BibliothĂšque de la PlĂ©iade des Oeuvres complĂštes de Jacques PrĂ©vert ; auteur de la biographie Jacques PrĂ©vert, celui qui rouge de coeur », parue chez SĂ©guier. Le film Les Enfants du paradis a inscrit dans notre mĂ©moire collective une des reprĂ©sentations les plus spectaculaires du XIX° siĂšcle. La proposer Ă la rĂ©flexion dans un colloque comme celui-ci m'a donc paru s'imposer. La matiĂšre est si vaste que j'ai dĂ©cidĂ© de m'en tenir au scĂ©nario original de Jacques PrĂ©vert tel qu'il a Ă©tĂ© rĂ©cemment publiĂ© 1, sans prendre en compte l'apport Ă©ventuel du rĂ©alisateur, des dĂ©corateurs, du crĂ©ateur des costumes mais sans m'interdire nĂ©anmoins de recourir au film tournĂ©, les dialogues y prĂ©sentant des variantes significatives par rapport Ă ce scĂ©nario original 2. Celui-ci commence ainsi Un rideau de théùtre rapiĂ©cĂ©, sali, usĂ©, abĂźmĂ© par le temps. On entend frapper "les trois coups" et le rideau se lĂšve, dĂ©couvrant un coin du ciel de Paris avec ses nuages calmes et gris... Nous sommes en 1827 ou 1828, peu importe » 3. VoilĂ , d'emblĂ©e, indiquĂ©s la thĂ©matique â théùtrale â, et la localisation â parisienne. Quant Ă l'Ă©poque, Ă peine vient-elle d'ĂȘtre prĂ©cisĂ©e, non sans un lĂ©ger flottement, que cette prĂ©cision toute relative est prĂ©sentĂ©e comme nĂ©gligeable. Signe que le scĂ©nariste ne prĂ©tend pas proposer une reconstitution historique si l'on tente d'ailleurs de relever des repĂšres, on s'aperçoit que la chronologie rĂ©elle n'est pas rigoureusement respectĂ©e. Deburau est encore un inconnu quand il apparaĂźt. Nous sommes devant le théùtre des Funambules oĂč Anselme Deburau, son pĂšre, harangue la foule pour l'inviter Ă entrer. Puis Anselme se moque publiquement du jeune homme, dĂ©verse sur lui nombre d'insultes et le frappe. Selon Jules Janin, premier biographe de Deburau, le pĂšre brutalisait bien son fils, maladroit faire-valoir de ses frĂšres Ă ses dĂ©buts 4. Mais si nous Ă©tions en 1827-1828, Jean-Gaspard Deburau, dit Baptiste 5, serait dĂ©jĂ cĂ©lĂšbre et ne se ferait plus houspiller ainsi par son pĂšre... C'est Ă se demander si 1827-1828 n'est pas une mauvaise lecture d'une dactylographe ou des Ă©diteurs et si PrĂ©vert n'avait pas en rĂ©alitĂ© indiquĂ© 1817-1818, ce qui correspondrait davantage Ă la date oĂč commence cette premiĂšre partie 6. Quelque temps aprĂšs, on assiste Ă une bagarre entre deux familles rivales de mimes les Deburau et les Barrigni en rĂ©alitĂ© les Chiarigny7. Cette bagarre, mĂ©morable, eut lieu au théùtre des Funambules en 1819. C'est Ă ce moment-lĂ que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, dans le scĂ©nario, y fait son entrĂ©e et demande Ă y ĂȘtre engagĂ©. Le vrai FrĂ©dĂ©rick a dĂ©butĂ© sur les planches d'un petit théùtre, Les VariĂ©tĂ©s amusantes, ouvert en 1815 sur le boulevard du Temple, dans un rĂŽle de lion 8. Il fut engagĂ© aux Funambules l'annĂ©e suivante. Jules Janin ayant Ă©crit que FrĂ©dĂ©rick y avait commencĂ© », le scĂ©nariste imagine, lui, que c'est Ă la faveur de la dĂ©mission des Barrigni en plein spectacle, en remplaçant au pied levĂ© l'un d'eux dans le rĂŽle du lion. Ce dĂ©part de la famille Barrigni est prĂ©sentĂ© Ă©galement comme l'occasion pour Baptiste de courir sa chance, en remplaçant de son cĂŽtĂ© le Pierrot. La deuxiĂšme Ă©poque est moins linĂ©aire temporellement. Sur le rideau de théùtre qui, comme celui de la premiĂšre partie, se lĂšve, on peut lire Des annĂ©es ont passĂ©... » ou, formule dĂ©finitive du film Quelques annĂ©es ont passĂ© ». Nathalie, qui a Ă©pousĂ© Baptiste, Ă©voquera, dans un dialogue absent des avant-textes, six annĂ©es » de vie commune. Nous pourrions donc bien ĂȘtre en 1823, date Ă laquelle FrĂ©dĂ©rick commence Ă rĂ©pĂ©ter L'Auberge des Adrets au théùtre de l'Ambigu. Mais peu de temps aprĂšs, nous nous retrouvons aux Funambules oĂč est jouĂ©e la pantomime du Marchand d'habits, créée, elle, en 1842 et saluĂ©e par l'article de ThĂ©ophile Gautier Shakespeare aux Funambules », dans La Revue de Paris, article auquel il est fait allusion dans le dialogue 9. Puis on assiste Ă une reprĂ©sentation d'Othello, avec FrĂ©dĂ©rick dans le rĂŽle titre, que l'acteur a jouĂ© Ă l'OdĂ©on en 1830. D'autre part, le scĂ©nario original s'achĂšve sur le meurtre par Deburau du marchand d'habits, inspirĂ© par un fait rĂ©el au cours d'une promenade avec sa femme, Deburau et sa compagne furent insultĂ©s par un jeune homme ; le mime rossa le voyou Ă coups de canne et le tua. Cela se passait le 18 avril 1836 et ce serait l'idĂ©e de dĂ©part des Enfants du paradis 10 Jean-Louis Barrault, qui rĂȘvait d'incarner le mime, ayant racontĂ© Ă PrĂ©vert et CarnĂ© le meurtre involontaire commis par Deburau, le procĂšs retentissant qui s'ensuivit, la curiositĂ© de l'entendre pour la premiĂšre fois, son acquittement. Ce fait-divers et ses consĂ©quences ne seront pourtant finalement pas reprĂ©sentĂ©s dans le film. Seul Lacenaire y commet un meurtre. AprĂšs une premiĂšre agression, inspirĂ©e des tentatives attestĂ©es de tuer des garçons de recette des banques au retour de leur tournĂ©e et qui Ă©chouĂšrent, il tue le comte de Montray et se laisse arrĂȘter ; en rĂ©alitĂ©, cette arrestation se situe en fĂ©vrier 1835 et sanctionne l'assassinat de la veuve Chardon. La seconde Ă©poque du film concentre donc des faits qui se sont produits entre 1823 et 1842. Somme toute, les sources auxquelles PrĂ©vert et CarnĂ© ont puisĂ© sont nombreuses. Pour Lacenaire, PrĂ©vert s'est servi des mĂ©moires du cĂ©lĂšbre assassin, ainsi que de divers documents publiĂ©s sur son procĂšs, ses conversations en prison et ses oeuvres 11. Le personnage semble l'avoir intĂ©ressĂ©, bien avant la rĂ©daction du scĂ©nario. Un texte, d'abord publiĂ© en 1937 puis repris dans Paroles, Le retour au pays » 12, en tĂ©moigne il prend pour point de dĂ©part la prĂ©diction funeste faite Ă Lacenaire par son pĂšre â Tu pĂ©riras sur l'Ă©chafaud » â qui aurait, selon le criminel lui-mĂȘme, conditionnĂ© toute sa vie. L'intrusion de Lacenaire dans la loge de FrĂ©dĂ©rick est inspirĂ©e par une de ses conversations en prison rapportĂ©e dĂšs 1836. Lacenaire demande Ă FrĂ©dĂ©rick de lui prĂȘter de l'argent, en lui disant que c'est une question de vie ou de mort ». L'acteur, endettĂ© mais prodigue, partage avec cet inconnu une somme qu'il a gagnĂ©e Ă la loterie. FrĂ©dĂ©rick veut alors en savoir un peu plus sur l'Ă©trange personnage Ă qui il vient de rendre ce service ... entre nous, lui demande-t-il, cette histoire d'argent, c'Ă©tait vraiment une question de vie ou de mort ! » Lacenaire rĂ©pond Oui, pour vous». Or, le vrai Lacenaire raconte ĂȘtre allĂ© trouver Scribe et lui avoir dit Je n'ai pas le sou, voulez-vous me prĂȘter un peu d'argent ? M. Scribe prĂȘta, commente Lacenaire [...] Si Monsieur Scribe m'avait refusĂ© Monsieur Scribe ne ferait plus aujourd'hui ni opĂ©ras ni comĂ©dies» 13. Les circonstances de l'assassinat du comte de Montray, inventĂ© par PrĂ©vert, sont, elles, puisĂ©es dans une dĂ©claration du criminel. InterrogĂ© par la police sur ce qu'il avait fait le jour de la tentative d'assassinat d'un caissier, le vrai Lacenaire avait dit avoir Ă©tĂ© aux Bains Turcs. C'est dans ce dĂ©cor pittoresque que le personnage du film trucide le comte. Marcel Herrand qui incarne le personnage dans le film, a bien fait passer la complexitĂ© de cet homme Ă©trange, qui soigne son apparence mais qui, malgrĂ© son allure posĂ©e, distinguĂ©e et polie, son air indiffĂ©rent Ă tout, peut se jeter soudain sur sa proie et la tuer. Une jeune femme, Garance, est la seule Ă ne pas avoir peur de lui et Ă se moquer ouvertement de ses idĂ©es sinistres, de sa fatuitĂ©. L'orgueil du personnage est tout Ă fait conforme Ă ce qu'Ă©tait celui de l'homme rĂ©el. En prison, il dit Ă un greffier prĂ©sent Monsieur Victor Hugo a fait un beau livre sur le dernier jour d'un condamnĂ©. Eh bien ! je suis sĂ»r que si on m'en laissait le temps, je l'enfoncerais... Et cependant quoi qu'on en dise, Monsieur Hugo a bien du talent! » 14 Peut-ĂȘtre a-t-on exagĂ©rĂ© la part d'identification de PrĂ©vert au personnage de Lacenaire 15. Mais on voit aisĂ©ment dans quelles manifestations de sa rĂ©volte il pouvait se retrouver. Les confidences du vrai Lacenaire â Je n'ai pas cru en Dieu, alors que mes professeurs, ma mĂšre, ma bonne nourrice et les prĂȘtres m'en parlaient tous les jours. Ă 12 ans j'avais dĂ©jĂ beaucoup pensĂ© ; Ă 12 ans je me croyais un philosophe, un athĂ©e [...] ma mĂšre [...] me prĂ©fĂ©rait mon frĂšre » 16 â nourrissent les propos du personnage de PrĂ©vert Quand j'Ă©tais enfant, j'Ă©tais dĂ©jĂ plus lucide, plus intelligent que les autres... "Ils" ne me l'ont pas pardonnĂ©, ils voulaient que je sois comme eux... Levez la tĂȘte Pierre-François... regardez-moi... baissez les yeux... Et ils m'ont meublĂ© l'esprit de force, avec des livres... de vieux livres haussant les Ă©paules... Pourquoi tant de poussiĂšre dans une tĂȘte d'enfant ? Quelle belle jeunesse, vraiment ! Mon pĂšre qui me dĂ©testait... ma mĂšre, ma digne mĂšre, qui prĂ©fĂ©rait mon imbĂ©cile de frĂšre et mon directeur de conscience qui me rĂ©pĂ©tait sans cesse "Vous ĂȘtes trop fier, Pierre François, il faut rentrer en vous-mĂȘme ! Avec un petit rire glacial Alors je suis rentrĂ© en moi-mĂȘme... mais je n'ai jamais pu en sortir ! Jolie souriciĂšre ! son rire redouble Les imprudents ! Ils m'ont laissĂ© tout seul avec moi-mĂȘme... et pourtant ils me dĂ©fendaient les mauvaises frĂ©quentations... ». PrĂ©vert se sert donc des dĂ©clarations rĂ©elles de Lacenaire, les dĂ©veloppe, les réécrit, les interprĂšte avec humour. Il fait passer par sa bouche une critique du bourrage de crĂąne et de la volontĂ© de faire entrer les enfants dans un moule, un rejet de la religion, une insoumission, une ironie qui sont les siens. Mais l'auto-satisfaction de Lacenaire, ce ridicule qu'il a de se prendre toujours au sĂ©rieux, son mĂ©pris et sa haine des autres, des femmes en particulier, sont autant de signes de la distance qui sĂ©pare PrĂ©vert du personnage. Ă trop identifier l'un Ă l'autre on risquerait de se tromper ainsi, le dĂ©dain du drame, qu'affiche celui-ci, et son goĂ»t pour le vaudeville, conformes aux goĂ»ts exprimĂ©s par le vĂ©ritable Lacenaire, ne sont pas partagĂ©s par PrĂ©vert. Ses notes prĂ©paratoires sur le personnage en apportent la preuve Comme tous les assassins, il "retarde" ... son esthĂ©tique est pĂ©rimĂ©e ». Les auteurs du film ont d'abord pensĂ© opposer Lacenaire Ă Deburau, en montrant leurs procĂšs parallĂšles. Mais c'est moins Lacenaire, finalement, qui est confrontĂ© au mime, que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre. IncarnĂ©s par eux, deux arts, en apparence trĂšs diffĂ©rents, se cĂŽtoient. Les deux acteurs sont Ă la fois amis et rivaux, sur scĂšne comme dans la vie, avec un mĂȘme besoin d'Ă©chapper Ă la rĂ©alitĂ©, chacun Ă sa maniĂšre Baptiste rĂȘve et s'invente des bonheurs, FrĂ©dĂ©rick vit la vie de quantitĂ© de personnages. La sĂ©quence qui les met pour la premiĂšre fois en prĂ©sence montre leur amour commun du théùtre mais aussi la conception diffĂ©rente qu'ils en ont au long monologue de FrĂ©dĂ©rick, sĂ»r de son talent, rĂ©pondent les silences de Baptiste, et ses doutes. FrĂ©dĂ©rick incarnĂ© par Pierre Brasseur dans le film, joue tout le temps, mĂȘme quand il ne joue pas [...] rappelez-vous que ce soir vous avez trinquĂ© avec Jules CĂ©sar ! » dit-il Ă Baptiste et Ă quelques clochards invitĂ©s Ă leur table. Jules CĂ©sar ou un autre... Charles le TĂ©mĂ©raire, Attila, Henri IV, la poule au pot ! [...] Tu ne crois tout de mĂȘme pas, dit-il Ă Baptiste, que je vais finir mes jours aux Funambules, dans une peau de lion ! Un lion qui n'a mĂȘme pas le loisir de rugir... quel supplice quand on a comme moi, lĂ -dedans, grande claque sur le coeur tout un orchestre, toute une mĂ©nagerie, tout un monde ! » Baptiste paraĂźt plus modeste Je ne voudrais pas seulement les faire rire, je voudrais aussi les Ă©mouvoir, leur faire peur et les faire pleurer... Ce sont de pauvres gens et moi je suis comme eux, je les aime, je les connais, leur vie est toute petite mais ils ont de grands rĂȘves, et je voudrais raconter leurs rĂȘves, leur petite vie, leurs joies, leurs malheurs, leurs petits ennuis ! » PrĂ©vert a pu trouver chez Jules Janin cette idĂ©e d'une affinitĂ© de Deburau avec le peuple ... toujours pauvre comme est le peuple, c'est le peuple que Deburau reprĂ©sente dans tous ses drames ; il a surtout le sentiment du peuple... » 17. Dans ce dialogue, on le comprend, c'est paradoxalement Ă travers les paroles de Baptiste, le silencieux, que PrĂ©vert, plutĂŽt bavard dans la vie, Ă l'instar de FrĂ©dĂ©rick, fait entendre sa voix. Alors que FrĂ©dĂ©rick cherche d'abord, dans le mĂ©tier d'acteur, un plaisir narcissique, Baptiste veut traduire les Ă©motions des autres, atteindre un public populaire. L'attitude des deux acteurs Ă l'Ă©gard de la femme qu'ils dĂ©sirent, Garance, est un peu Ă l'image de leur maniĂšre de concevoir le théùtre. Baptiste la regarde, Ă©bloui, sans voix, FrĂ©dĂ©rick lui lance des tirades de son cru ; une fois de plus, la balance penchera du cĂŽtĂ© du premier, mĂȘme si la rĂ©ussite couronne d'abord le second ; Baptiste aime plus profondĂ©ment et c'est lui qui sera aimĂ©. Garance incarnĂ©e Ă l'Ă©cran par l'inoubliable Arletty rĂ©unit en elle plusieurs types de femmes, rĂ©elles et imaginaires, du XIX° siĂšcle, ou inventĂ©es par des auteurs du XIX°. Ă 15 ans, Garance s'est retrouvĂ©e toute seule et a dĂ» survivre. On devine ce que cela peut signifier. Mais elle a plus d'un Gavroche fĂ©minin â du moins dans la PremiĂšre Ă©poque » du film â que de Fantine. Elle a aussi un cĂŽtĂ© Esmeralda, amie des truands les plus redoutables, Ă l'aise dans la rue, dĂ©sirĂ©e par tous les hommes, hommes du peuple comme bourgeois et aristocrates. La scĂšne qui a lieu au Rouge-Gorge, taverne mal famĂ©e et repaire de Lacenaire et de ses amis, oĂč un aveugle » retrouve la vue, a d'ailleurs quelque ressemblance avec celles de la Cour des Miracles 18. Moins naĂŻve et farouche, cependant, que l'hĂ©roĂŻne de Notre-Dame de Paris, Garance hĂ©rite aussi de Carmen. La premiĂšre fois qu'elle aperçoit Baptiste, boulevard du Temple, elle lui jette une fleur. Et celui-ci garde prĂ©cieusement cette fleur, la serre sur son coeur, la respire, pareil Ă JosĂ© qui s'enivre de l'odeur de la fleur jetĂ©e par Carmen. Or Deburau, l'amour de Garance, est enfant de BohĂšme, sans mĂ©taphore... Garance n'a pas, toutefois, la fĂ©rocitĂ© de l'hĂ©roĂŻne de Bizet, mais comme elle, elle entend bien vivre comme il lui plaĂźt. Le scĂ©nariste inverse les rĂŽles traditionnellement impartis Ă l'homme et Ă la femme, non seulement au XIX° siĂšcle mais au moment oĂč il Ă©crit son scĂ©nario en plein rĂ©gime de Vichy. Si la mĂšre de Garance semble avoir Ă©tĂ© une bonne mĂšre, la femme n'est ni rĂ©duite Ă ce rĂŽle ni idĂ©alisĂ©e dans cette fonction. Nathalie, qui aura un petit garçon avec Baptiste, utilise Ă plusieurs reprises son fils comme moyen de chantage. Garance s'offre Ă Baptiste sans aucun sens de ce que l'on appellerait immoralitĂ© ou pĂ©chĂ©, sans hypocrisie, sans respect des conventions sociales. Et paradoxalement, c'est Baptiste, l'homme, qui est le plus paralysĂ© par ces conventions. DĂ©concertĂ© par les avances de Garance, il n'ose y rĂ©pondre et prend la fuite. Cette femme du peuple devient, dans la seconde Ă©poque, ce que l'on appelait au XIX° siĂšcle une demi-mondaine. Mais il ne s'agit pas pour PrĂ©vert d'en faire une Marguerite Gautier qui devra ou voudra expier ses fautes. Elle n'a pas choisi le luxe par intĂ©rĂȘt mais pour Ă©chapper Ă une erreur judiciaire. Garance, comme PrĂ©vert, ne s'empĂȘtre pas dans des notions de faute ou de repentir et elle conserve, d'une certaine maniĂšre, sa libertĂ©, refusant de dire au comte qu'elle l'aime, s'offrant une nuit avec Baptiste. Garance est donc trĂšs en avance sur son temps. Elle est la femme telle que la rĂȘve PrĂ©vert elle lui ressemble d'ailleurs comme une soeur, avec sa maniĂšre de pratiquer l'ironie, de jouer avec les mots, de dĂ©fendre sa libertĂ©, d'aimer l'amour. Une reprĂ©sentation de la sociĂ©tĂ© de la Restauration et de la monarchie de Juillet ne saurait se passer d'un personnage d'aristocrate et c'est le comte Ădouard de Montray incarnĂ© par Louis Salou dans le film qui en fait figure. L'auteur de Tentative de description d'un dĂźner de tĂȘtes Ă Paris-France » 19, dont la conscience de classe n'est plus Ă dĂ©montrer, concentre sur lui ses traits les plus acĂ©rĂ©s. Dans son scĂ©nario immĂ©diatement prĂ©cĂ©dent 20, il avait dĂ©jĂ dressĂ© le portrait d'un moderne et pervers chĂątelain, emblĂ©matiquement prĂ©nommĂ© Patrice. Le comte assiste Ă plusieurs des spectacles qui se donnent, avec quelques-uns de ses amis, parmi lesquels Georges, particuliĂšrement stupide et bornĂ©, ce qui permet Ă PrĂ©vert, d'esquisser une symbolique lutte des classes entre les riches spectateurs des avant-scĂšnes et ceux du parterre et du paradis » et d'opposer l'ignorance distinguĂ©e des uns Ă l'authentique et instinctif amour du théùtre des autres. Cette opposition a pu lui ĂȘtre inspirĂ©e par l'article de Gautier. Voici ce qu'Ă©crit Gautier ... quel théùtre et surtout quels spectateurs ! VoilĂ un public ! et non pas tous ces ennuyĂ©s aux gants plus ou moins jaunes, tous ces feuilletonnistes usĂ©s, excĂ©dĂ©s, blasĂ©s, toutes ces marquises de la rue du Helder, occupĂ©es seulement de leurs toilettes et de leurs bouquets ; â un public en veste, en blouse, en chemise, sans chemise souvent, les bras nus, la casquette sur l'oreille... ». PrĂ©vert, lui, fait dire au directeur des Funambules ... quel public ! âil est pauvre bien sĂ»r mais il est en or mon public ! Tenez, regardez-les lĂ -haut au paradis. » Et le scĂ©nariste dĂ©crit ainsi ce public populaire EntassĂ©s les uns contre les autres, ils ont tombĂ© la veste, ils cassent la croĂ»te, ils boivent de la biĂšre, ils s'esclaffent la bouche pleine et se donnent de grandes claques sur l'Ă©paule, ils embrassent les filles... ». Enfin, Gautier trouve ce peuple naĂŻf comme un enfant », ce qui pourrait bien avoir suscitĂ© en partie le titre du film Les Enfants du paradis, le terme de paradis » pour dĂ©signer les spectateurs perchĂ©s tout en haut ayant Ă©tĂ©, selon Marcel CarnĂ©, empruntĂ© Ă Jules Janin 21. L'opposition sociale se double d'une opposition esthĂ©tique. Le dĂ©but de cette deuxiĂšme partie montre donc FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre rĂ©pĂ©tant L'Auberge des Adrets, mĂ©lodrame de messieurs Anthieu en rĂ©alitĂ© Benjamin Antier, Saint-Amand et Polygathe en rĂ©alitĂ© Polyanthe, et se moquant ouvertement de la piĂšce face aux auteurs. On sait que le vrai FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre trouva l'oeuvre insipide et qu'il voulut la corser au lieu de faire de Macaire un personnage sinistre et terrifiant, il dĂ©cida de le rendre drĂŽle et cynique, de le faire plaisanter en commettant ses crimes, avec la complicitĂ© de Firmin devenu CĂ©lestin sous la plume de PrĂ©vert, qui devait jouer le rĂŽle de Bertrand, compĂšre de Robert Macaire. Ils rĂ©servĂšrent leurs principaux effets pour la premiĂšre, le 2 juillet, mais leur comportement pendant la rĂ©pĂ©tition inspira dĂ©jĂ , explique Robert Baldick, biographe de FrĂ©dĂ©rick, de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes aux auteurs et autres acteurs » 22. Au cours de la rĂ©pĂ©tition qui est montrĂ©e dans le film, l'acteur, tout en faisant des apartĂ©s, suit Ă peu prĂšs le texte de la piĂšce, pestant cependant contre elle, ce qui provoque la colĂšre des trois auteurs. Leur fureur ne fait que s'amplifier le soir de la premiĂšre, oĂč FrĂ©dĂ©rick ne respecte plus du tout leur texte et les ridiculise en public. Ils iront jusqu'Ă le provoquer en duel. En rĂ©alitĂ©, il semble qu'ils aient plutĂŽt bien acceptĂ© les modifications de FrĂ©dĂ©rick qui fit de leur oeuvre un immense succĂšs. Mais PrĂ©vert dĂ©verse sur ces malheureux auteurs quelques-unes des impertinences fameuses de l'acteur. Dans son livre sur FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, Silvain raconte, par exemple, que Victor SĂ©jour, mĂ©content de la maniĂšre dont FrĂ©dĂ©rick interprĂ©tait une de ses piĂšces s'Ă©tait Ă©criĂ© Vous marchez dans ma prose, monsieur ! », Ăa porte-bonheur, monsieur ! » 23 aurait ripostĂ© l'acteur ; protestation des auteurs et rĂ©plique Ă peu prĂšs identiques dans le scĂ©nario. La plupart des rĂ©parties canularesques de l'acteur sont cependant inventĂ©es par PrĂ©vert qui semble s'amuser tout autant que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre Ă ce jeu de massacre. Dans le scĂ©nario, Lacenaire applaudit Ă tout rompre quand FrĂ©dĂ©rick dĂ©clame Vraiment, tant d'histoires pour une trentaine d'escroqueries et cinq ou six malheureux assassinats... [...] DĂ©signant les spectateurs amusĂ©s Vous ne croyez pas qu'en cherchant bien, parmi tout ce monde-là », vous n'en trouveriez pas de plus coupables que nous ? » Cette question et les applaudissements enthousiastes de l'assassin disparaĂźtront du film oĂč il dit seulement Ă FrĂ©dĂ©rick qu'il a trouvĂ© le spectacle intĂ©ressant ». Faut-il y voir l'effet d'une censure ou d'une autocensure qui aurait reculĂ©, pour un film tournĂ© pendant l'Occupation, devant l'humour noir et terriblement allusif de la rĂ©plique originale ? Les scĂšnes qui montrent la dĂ©sintĂ©gration du mĂ©lodrame, jusque-lĂ trĂšs en vogue, et l'Ă©mergence du théùtre de Shakespeare reflĂštent les dĂ©bats esthĂ©tiques des annĂ©es 1820. Mais en dehors des reprĂ©sentations donnĂ©es par des troupes anglaises Ă Paris, on jouait surtout Shakespeare dans la traduction de Ducis. C'est dans cette adaptation, selon toute vraisemblance, que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre interprĂ©ta Othello, non pas sur le boulevard du Temple 24, mais Ă l'OdĂ©on, en 1830. PrĂ©vert aime trop Shakespeare pour faire dire Ă l'acteur un texte aussi infidĂšle que celui de Ducis, au langage chĂątiĂ©, montrer un Othello sans mouchoir ni oreiller pour Ă©touffer DesdĂ©mone et qui, dans l'ultime version de Ducis, se laisse mĂȘme convaincre de l'innocence de sa douce Ă©pouse. Il semble partir du principe que si FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre avait eu Ă sa disposition une bonne traduction, c'est celle qu'il aurait jouĂ©e. Il lui fera donc interprĂ©ter Othello dans la traduction de François-Victor Hugo, revue par Christine et RenĂ© Lalou en 1939 ! AprĂšs la reprĂ©sentation, l'acteur et l'assassin ont une discussion trĂšs vive avec Ădouard de Montray et ses amis qui dĂ©fendent la sobriĂ©tĂ© et le bon goĂ»t. FrĂ©dĂ©rick et Lacenaire vantent Shakespeare, le mĂ©lange des genres, et disent que le théùtre ne doit pas donner une vision Ă©dulcorĂ©e de la vie. Ce que suggĂšre aussi le scĂ©nariste, c'est que les partisans du classicisme, qui ne veulent pas voir de meurtre sur scĂšne, ne sont pas nĂ©cessairement les moins violents dans la rĂ©alitĂ©. Ădouard de Montray rĂȘve de tuer Frederick parce qu'il croit que Garance en est Ă©prise, adore les combtas de coqs, provoque des gens en duel mĂȘme â et peut-ĂȘtre surtout â quand il se sait le plus fort. Le comte accuse Shakespeare d'avoir dĂ©butĂ© dans les lettres en dĂ©coupant de la viande sur l'Ă©tal d'un boucher ! [...] Ce qui expliquerait, ajoute-t-il, le cĂŽtĂ© bestial et forcenĂ© de son théùtre et pourquoi il obtint, de son vivant, tant de succĂšs auprĂšs des dĂ©bardeurs, des charretiers... » Or, dans Tentative de description d'un dĂźner de tĂȘtes Ă Paris-France », PrĂ©vert avait fait intervenir, au cours d'un repas mondain, un homme, trĂšs Ă©videmment son porte-parole, qui venait troubler la rĂ©ception en parlant de la misĂšre du peuple et en annonçant une rĂ©volution. Et cet homme disait je parle ici pour les grabataires, je monologue pour les dĂ©bardeurs... » Ce public dĂ©daignĂ© par Ădouard de Montray est donc le public que revendique PrĂ©vert. De mĂȘme, certains de ses scĂ©narios, tels ceux du Quai des brumes ou du Jour se lĂšve, ont Ă©tĂ© qualifiĂ©s de nausĂ©eux par une certaine critique. Parce qu'ils donnaient une vision sombre et crue de la rĂ©alitĂ© sociale. Il s'inscrit ici dans la lignĂ©e du combat menĂ© sous l'Ă©tendard de Shakespeare, par les romantiques, en particulier Hugo qui rapporte trĂšs symboliquement la rĂ©putation faite Ă Shakespeare d'avoir Ă©tĂ© garçon boucher 25. La violence et la trivialitĂ© de Shakespeare, on les avait dĂ©jĂ rencontrĂ©es quelques sĂ©quences auparavant, dans la pantomime Marchand d'habits, jouĂ©e par Baptiste, et comparĂ©e par Gautier Ă du Shakespeare. Il semble qu'en rĂ©alitĂ© Deburau n'ait pas interprĂ©tĂ© cette oeuvre. Mais la lĂ©gende le soutint quelque temps et le scĂ©nariste choisit la lĂ©gende, car elle lui permet une fois encore de dĂ©fendre un théùtre oĂč les personnages sont en proie aux passions les plus exacerbĂ©es et qui transpose la rĂ©alitĂ© sociale dans toute sa cruautĂ©. Marchand d'habits interprĂ©tĂ© par Baptiste peut-ĂȘtre ainsi mis en parallĂšle avec Othello interprĂ©tĂ© par FrĂ©dĂ©rick, comme si, chacun des deux acteurs, Ă sa maniĂšre, avait Ă©voluĂ© dans le mĂȘme sens. Par la voix de FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, et par celle de Lacenaire, qui semble, cette fois, avoir dĂ©passĂ© son goĂ»t pour le vaudeville, PrĂ©vert clame l'absurditĂ© des classifications par genres. Il ne rend pas seulement hommage Ă Shakespeare, il poursuit aussi l'apologie, dĂ©jĂ explicite Ă travers les propos de Baptiste, d'un théùtre populaire, prenant comme personnages principaux des gens du peuple et pas systĂ©matiquement, comme dans les tragĂ©dies classiques, ceux qui dĂ©tiennent le pouvoir ; un théùtre non seulement Ă©crit pour le peuple mais par des hommes du peuple, comme ce nommĂ© Shakespeare Ă qui l'aristocrate reproche implicitement d'avoir Ă©tĂ© garçon-boucher. Bien sĂ»r, expliquer la bestialitĂ© et la fureur qui rĂšgnent dans les drames de Shakespeare par ses origines sociales est dĂ©risoire car il n'est pas besoin d'aller chercher dans les abattoirs le modĂšle des sanglantes boucheries humaines auxquelles se livrent les tyrans. Mais si Shakespeare a Ă©tĂ© boucher, c'est une preuve que les bouchers peuvent ĂȘtre gĂ©niaux. Tout en faisant Ă©cho si nous sommes en 1830, Ă travers la joute verbale entre FrĂ©dĂ©rick et Lacenaire, d'un cĂŽtĂ©, Ădouard de Montray et ses amis, de l'autre, au combat qui oppose romantiques et classiques, dans la bataille d' Hernani, par exemple, le scĂ©nariste Ă©voque sa propre expĂ©rience. Rappelons que de 1932 Ă 1936, il a Ă©crit des piĂšces, sketches et choeurs parlĂ©s pour le groupe Octobre, troupe d'acteurs amateurs qui allait sur les lieux de travail des ouvriers, dans leurs fĂȘtes et jusque dans les rues, pour encourager les revendications, mettre en scĂšne et ridiculiser les exploiteurs et leurs complices. Ce combat, il n'y a pas renoncĂ© dans les annĂ©es 1940 mais il le transpose autant que possible sur les Ă©crans de cinĂ©ma. Le projet d'un art pour le peuple et miroir du peuple reste le sien, que ce soit dans LumiĂšre d'Ă©tĂ© ou Les Enfants du paradis et toujours ce peuple trouve en face de lui une caste ou une classe, imbue de ses prĂ©jugĂ©s comme de ses privilĂšges. Le scĂ©nariste montre donc le XIX° siĂšcle, qu'Ă l'Ă©vidence, il aime, comme un moment d'intense bouillonnement esthĂ©tique, oĂč l'art se libĂšre des carcans du passĂ© et ne s'adresse plus seulement Ă une Ă©lite mais aussi â et mĂȘme surtout â Ă un public populaire. Que la fiction l'emporte totalement sur l'Histoire ou qu'elle emprunte Ă l'histoire sans vraiment s'y soumettre, le scĂ©nario des Enfants du Paradis porte la trace du temps de son Ă©criture. Une des preuves de ce que j'avance n'a jamais, Ă ma connaissance, Ă©tĂ© remarquĂ©e. Dans un passage disparu du film, mais connu depuis sa publication dans le numĂ©ro de L'Avant-ScĂšne consacrĂ© en 1967 aux Enfants du paradis, Lacenaire dĂ©clare avoir entendu en rĂȘve au lieu de Marchand d'habits... avez-vous des habits Ă vend'? », Marchand d'amis... avez-vous des amis Ă vendre ? » et il demande Ă l'intĂ©ressĂ© s'il est vrai qu'il a ses petites entrĂ©es rue de JĂ©rusalem », autrement dit Ă la prĂ©fecture de police ; calomnie », rĂ©pond le marchand d'habits, aussi vrai qu'on m'appelle... » et Lacenaire de complĂ©ter qu'on t'appelle Mouton-blanc, dit le FrisĂ©, dit Vend-la-mĂšche, dit Treize-Ă -table ». L'allusion Ă©tait transparente et se doublait d'une troublante mise en cause, si l'on prend conscience que ce rĂŽle d'indicateur prĂ©sumĂ© Ă©tait destinĂ© Ă Robert Le Vigan, qui abandonna le tournage pour suivre CĂ©line Ă Sigmaringen... Et quand le paisible Baptiste, jetĂ© Ă travers le vitrage d'un bistrot par Avril, complice et ami de Lacenaire, se relĂšve et dĂ©coche un coup de talon dans le ventre Ă son agresseur, peut-ĂȘtre reprĂ©sente-t-il allĂ©goriquement le coup de poing qu'il est arrivĂ© Ă PrĂ©vert, pacifiste, de donner aux plus arrogants des collaborationnistes sans parler des coups de main qu'il donna Ă ses amis rĂ©sistants 26. Quant Ă Garance, nous avons vu Ă quel point elle est Ă la fois de son siĂšcle et en avance sur lui. Dans ce XIX° siĂšcle mythique, qui s'est forgĂ© Ă la lecture des romans de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas et d'EugĂšne Sue, la pantomime prĂ©figure le cinĂ©ma muet ; le mĂ©lodrame subverti et le drame de Shakespeare, le cinĂ©ma parlant et ses potentialitĂ©s. PrĂ©vert rend en mĂȘme temps hommage aux grands interprĂštes que sont Deburau â ses silences et sa gestuelle â, FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre â son goĂ»t des mots et sa verve â et aux acteurs de cinĂ©ma dont ils sont les modĂšles, comme Chaplin, Barrault, Gabin ou Pierre Brasseur. De mĂȘme que la scĂšne se fait miroir de la vie et que la vie imite la scĂšne, le XIX° siĂšcle des Enfants du Paradis se reflĂšte au miroir du XX°, et inversement. DaniĂšle GASIGLIA-LASTER 1 Par les Ă©ditions Jean-Pierre de Monza avec des prĂ©sentations et analyses de Bernard ChardĂšre, 1999. 2 PrĂ©vert ayant signĂ© le scĂ©nario et les dialogues du film tournĂ©, on peut considĂ©rer ceux-ci comme le dernier Ă©tat du texte. 3 Les Enfants du paradis, Ă©ditions Jean-Pierre de Monza, 2000, p. 53 4 Jules Janin, Deburau, Histoire du Théùtre Ă quatre sous pour faire suite Ă l'Histoire du Théùtre français, Librairie des bibliophiles, 1881, p. 22-24. 5 Il fut probablement surnommĂ© ainsi Ă cause des rĂŽles de brigands qu'il jouait Ă ses dĂ©buts sous le nom de Baptiste avant d'incarner Pierrot. 6 Mais seules deux pages manuscrites du scĂ©nario sont reproduites par les Ă©ditions Jean-Pierre de Monza. Il nous est donc impossible de vĂ©rifier cette hypothĂšse. Le scĂ©nario publiĂ© en 1967 par L'Avant-scĂšne cinĂ©ma n° 72-73, donnait aussi les dates 1827-1828 », Ă partir d'un dĂ©coupage technique » dactylographiĂ©. 7 Au dĂ©part, PrĂ©vert avait donnĂ© Ă Deburau, LemaĂźtre et Lacenaire des noms fictifs Taburau, Leprince et MĂ©cenaire. Cette dĂ©formation de Chiarigny en Barrigni est sans doute un reliquat. 8 RĂŽle qui figurait dans une pantomime Ă trois personnages, Pyrame et ThisbĂ©. 9 La Revue de Paris, Nouvelle SĂ©rie, annĂ©e 1842, Bruxelles. Cette pantomime de Cot d'Ordan, selon toute probabilitĂ©, n'a pas, en rĂ©alitĂ©, Ă©tĂ© jouĂ©e par Deburau voir Tristan RĂ©my, Jean-Gaspard Deburau, Paris, 1954, Elle eut un tel succĂšs qu'elle fut adaptĂ©e par Catulle MendĂšs Ă la fin du siĂšcle. 10 Ă Nice, en janvier 1943. 11 Entre autres Lacenaire aprĂšs sa condamnation. Ses conversations intimes. Ses poĂ©sies. Sa correspondance. Un drame en 3 actes, Marchant Ă©diteur, 1836, et Lacenaire, ses crime, son procĂšs et sa mort, suivis de ses poĂ©sies et chansons et de documents authentiques et inĂ©dit, recueillis par Victor Cochinat, Paris, Jules LaisnĂ©, 1857. 12 Voir Jacques PrĂ©vert, Oeuvres complĂštes, Gallimard, la PlĂ©iade », 1992, Edition prĂ©sentĂ©e, Ă©tablie et annotĂ©e par DaniĂšle Gasiglia-Laster et Arnaud Laster. 13 Lacenaire aprĂšs sa condamnation, 14 Lacenaire, ses crimes, 15 J'ai dit moi-mĂȘme qu'il Ă©tait une sorte de nĂ©gatif de PrĂ©vert voir DaniĂšle Gasiglia Laster, Jacques PrĂ©vert, celui qui rouge de coeur », SĂ©guier, 1994, 16 Lacenaire aprĂšs sa condamnation, 17 Jules Janin, Deburau, 18 Jacques PrĂ©vert adaptera en 1956 Notre-Dame de Paris de Victor Hugo pour Jean Delannoy. 19 Voir Jacques PrĂ©vert, Paroles, dans Oeuvres complĂštes, Ă©dition Ă©tablie, prĂ©sentĂ©e et annotĂ©e par DaniĂšle Gasiglia-Laster et Arnaud Laster, 20 lumiĂšre d'Ă©tĂ©, rĂ©alisation de Jean GrĂ©millon, tournĂ© d'aoĂ»t 1942 Ă janvier 1943. 21 Janin indique en effet vous n'aurez Ă payer que [...] 1 franc aux avant-scĂšnes, si vous ĂȘtes riche ; / Et 4 sous au paradis, si vous ĂȘtes avare ou pauvre » Deburau, ; et le Cassandre de PrĂ©vert Un franc aux avant-scĂšnes si vous ĂȘtes fortunĂ© et quatre sous au Paradis si vous ĂȘtes pauvre ou momentanĂ©ment gĂȘnĂ© » Les Enfants du paradis, 22 Robert Baldick, la Vie de FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, DenoĂ«l, 1961, 23 Voir Silvain, FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, Librairie FĂ©lix Alcan, 1930, p. 153. 24 Dans son Ă©tude critique » â si souvent contestable â des Enfants du paradis Nathan, 1992, GeneviĂšve Sellier pense que cette transposition de lieu par PrĂ©vert et CarnĂ© leur permet d'accrĂ©diter l'idĂ©e que la vraie culture s'Ă©tait tout entiĂšre rĂ©fugiĂ©e dans ce lieu synonyme de culture populaire ». 25 Victor Hugo, William Shakespeare, PremiĂšre partie, livre I, III, dans Oeuvres ComplĂštes, critique, coll. Bouquins », Laffont, 2002, 26 Peut-ĂȘtre aussi la scĂšne transpose-t-elle un Ă©nigmatique radio-dĂ©fenestrage », que PrĂ©vert situe en 1942 et ce qui s'ensuivit voir Oeuvres ComplĂštes, LIENS La page du site Presses de la Sorbonne Nouvelle Une critique de l'ouvrage sur le site La Revue dâhistoire du XIXe siĂšcle. JacquesPrĂ©vert - extraits. mardi 18 octobre 2011, par Frederic Praud. PATER NOSTEF. Notre PĂšre qui ĂȘtes aux cieux, Restez-y ! Et nous nous resterons sur la terre. Qui est quelquefois si jolie. Avec ses mystĂšres de New York. Et puis ses mystĂšres de Paris. Il Ă©tait moins une ! J'allais oublier le jeudi poĂ©sies des CROQUEURS DE MOTS pour le dĂ©fi n°234 que nous propose Durgalola Participons avec joie, au printemps des poĂštes. Le 1er jeudi poĂ©sie 26 mars avec le mot ou thĂšme COURAGE Je sais que normalement je devrais demander l'autorisation Ă qui d'ailleurs ? mais en ces temps tourneboulĂ©, et pour ce texte de circonstance, il me semble qu'on peut faire exception ... Trois remarques 1 j'ai programmĂ© ce billet vers 19h40, sans mĂȘme savoir que le chef de l'Etat français prendrait la paroles quelques minutes plus tard. 2 sur wikipedia, je n'ai pas retrouvĂ© ce poĂšme dans la liste des textes de Paroles. Je n'ai pas pu sourcer ce texte. Soit il n'est rien prĂ©cisĂ©, soit il est supposĂ© faire partie du recueil Paroles. J'aimerais ĂȘtre Ă©clairĂ©e Quichottine m'a apportĂ© une partie de la rĂ©ponse en indiquant que ce poĂšme a Ă©tĂ© publiĂ© dans Fatras voir son commentaire ci-dessous. L'histoire des parutions et remaniements de Fatras Ă©tant complexe, la date que j'ai indiquĂ©e n'est pas certaine quant Ă l'insertion de Complainte du fusillĂ©. 3 ce matin vers 6h, j'ai saluĂ© mentalement les Ă©boueurs passant comme chaque semaine ramasser le contenu des poubelles. Complainte du fusillĂ© Ils m'ont tirĂ© au mauvais sort par pitiĂ© J'Ă©tais mauvaise cible le ciel Ă©tait si bleu Ils ont levĂ© les yeux en invoquant leur dieu Et celui qui s'est approchĂ© seul sans se hĂąter tout comme eux un petit peu a tirĂ© Ă cĂŽtĂ© Ă cĂŽtĂ© du dernier ressort Ă la grĂące des morts Ă la grĂące de dieu. Ils m'ont tirĂ© au mauvais sort par les pieds et m'ont jetĂ© dans la charrette des morts des morts tirĂ©s des rangs des rangs de leur vivant numĂ©rotĂ© leur vivant hostile Ă la mort Et je suis lĂ prĂšs d'eux vivant encore un peu tuant le temps de mon mal tuant le temps de mon mieux. La guerre dĂ©clarĂ©e j'ai pris mon courage Ă deux mains et je l'ai Ă©tranglĂ©. Le Ministre de la guerre Je poursuis. Un hĂŽpital dĂ©truit dix, cent - et je suis modeste - peuvent ĂȘtre reconstruits Et, le projet adoptĂ© Ă l'unanimitĂ©, la nuit est tombĂ©e, l'hĂŽpital a sautĂ© avec aux alentours quelques bribes du quartier. Le jour se lĂšve sur la ville oĂč le rire s'amenuise, se dissipe et disparaĂźt. Tout redevient sĂ©rieux. La vie, comme la Bourse, reprend son cours et la mobilisation gĂ©nĂ©rale se poursuit de façon normale. Jacques PrĂ©vert, recueil Paroles, 1946 Fatras 1966* Avec un immense merci pour tous ces gens qui font un immense et magnifique travail pour que ne sombre pas ne navire HĂŽpital sans oublier tous ceux qui vaquent aux tĂąches indispensables Ă notre survie individuelle et collective. Du coup je n'ai pas le temps de chercher une illustration qui serait pertinente, Ă moins que vous n'en ayez Ă me proposer
CĂ©lĂšbre par quelques chansons, Jacques PrĂ©vert est poĂšte, homme de théùtre et de cinĂ©ma, plasticien. Son imagination pourrait se rĂ©sumer par lâesprit de lâenfance ». NĂ© en 1900 Ă Neuilly-sur-Seine, Jacques PrĂ©vert est le deuxiĂšme dâune fratrie de trois garçons. Il passe toute son enfance Ă Paris, hormis un sĂ©jour de quelques mois Ă Toulon, oĂč son pĂšre, AndrĂ©, espĂ©rait trouver du travail. La plupart des adresses familiales sont situĂ©es dans le 6e arrondissement, qui, Ă lâĂ©poque, ne sâest pas encore gentrifiĂ©. Le pĂšre est employĂ© dans les assurances, mais sans enthousiasme ; câest un amoureux du théùtre, il sâadonne Ă la critique et conduit volontiers son fils dans les salles de spectacle. La mĂšre, Suzanne, donne Ă Jacques le goĂ»t de la lecture et des livres ; lâenfant se passionne pour les Mille et Une Nuits et les aventures de Sherlock Holmes, et Ă©prouve une vraie fascination pour les illustrations de la presse Ă sensation. En revanche, il manifeste assez vite une aversion pour lâĂ©cole et pour le catĂ©chisme. Il aura toujours Ă cĆur de conserver les qualitĂ©s quâil attribue Ă lâenfance simplicitĂ©, fantaisie et souci de ne pas ĂȘtre raisonnable » â ce quâil rĂ©sume par un adage personnel PassĂ© 7 ans, on est un vieux con. »Jacques PrĂ©vert Ă Paris dans les annĂ©es 1960. OZKOK/SIPA. Ă lâĂ©cole du surrĂ©alisme AprĂšs avoir quittĂ© lâĂ©cole Ă 14 ans, muni de son certificat dâĂ©tudes, PrĂ©vert exerce divers petits mĂ©tiers, notamment celui dâemployĂ© dans un bazar de la rue de Rennes. Le service militaire mars 1920-mars 1922, quâil effectue en grande partie Ă Istanbul, est lâoccasion de nouer deux grandes amitiĂ©s, avec le futur peintre Yves Tanguy et le futur Ă©diteur Marcel Duhamel qui sera le crĂ©ateur, en 1945, de la collection SĂ©rie noire » chez Gallimard. En 1924, les trois compĂšres sâinstallent au 54, rue du ChĂąteau, prĂšs de la gare Montparnasse, dans lâancienne boutique dâun marchand de peaux de lapin. Adresse historique ! Elle va rapidement devenir un des hauts lieux du surrĂ©alisme, mouvement esthĂ©tique radical de lâimmĂ©diat aprĂšs-guerre. En 1925, PrĂ©vert et Tanguy sâenthousiasment pour la virulence de La RĂ©volution surrĂ©aliste, revue qui paraĂźt de 1924 Ă 1929. PrĂ©vert, qui prend son temps pour entrer en littĂ©rature », se forme au contact de lâavant-garde artistique qui se retrouve, dans le quartier de Montparnasse, au cafĂ© Cyrano ou rue du ChĂąteau, et qui rassemble des personnalitĂ©s fortes et originales comme Robert Desnos, Louis Aragon, Raymond Queneau, Benjamin PĂ©ret, Antonin Artaud, Michel Leiris, sous la houlette intransigeante dâAndrĂ© Breton. Les surrĂ©alistes organisent des scandales ainsi, en janvier 1928, PrĂ©vert monte sur la scĂšne du théùtre du Vieux-Colombier pour gifler lâacteur qui dit des textes de Jean Cocteau. Ils se livrent aussi Ă des expĂ©riences de crĂ©ation collective comme celle du cadavre exquis », qui consiste Ă complĂ©ter de façon alĂ©atoire un mot proposĂ© comme point de dĂ©part ; la premiĂšre de ces expĂ©riences dâĂ©criture donnera la phrase Le cadavre exquis boira le vin nouveau », dâoĂč le titre choisi par la suite pour ce type de jeu. Pour PrĂ©vert, câest une pĂ©riode intense dâapprentissage de lâexpression libre. En 1930, lassĂ©s de lâautoritarisme de Breton, lui et quelques-uns de ses camarades prennent leurs distances avec le mouvement surrĂ©aliste. Mais lâimpertinence et le non-conformisme de ce courant novateur marquent dâune empreinte dĂ©finitive la maniĂšre quâa lâartiste de crĂ©er, de vivre et de se faire sa place dans la théùtre au service du peuple En 1932, un groupe de la FĂ©dĂ©ration du théùtre ouvrier de France, en quĂȘte dâauteur, contacte PrĂ©vert, qui propose un texte, Vive la presse, dĂ©nonçant la malhonnĂȘtetĂ© des journaux au service des puissances dâargent. La piĂšce est reprĂ©sentĂ©e en mai. DĂšs lors, PrĂ©vert se lance dans une forme de lutte politique qui passe par le travail artistique. Il Ă©crit rapidement et sur mesure, fournissant au groupe â qui prend le nom dâOctobre, en hommage Ă la rĂ©volution bolchevique de 1917 voir p. 134 â des piĂšces de théùtre et des chĆurs parlĂ©s qui prennent la dĂ©fense des plus faibles dans la sociĂ©tĂ© et sont en prise directe avec lâactualitĂ© nationale ou internationale des textes comme La Bataille de Fontenoy, FantĂŽmes, La Famille Tuyau de poĂȘle 1933, Le Palais des mirages 1934, dâaprĂšs Don Quichotte de CervantĂšs ou Suivez le druide 1935 dĂ©noncent la guerre, les industriels avides, les politiciens cyniques, tournent en dĂ©rision la famille et lâordre bourgeois. Ils sont jouĂ©s en plein air, lors de meetings, dans des usines en grĂšve⊠En 1933, le groupe théùtral voyage en URSS pour se produire dans le cadre de lâOlympiade du théùtre ouvrier de Moscou. Mais, au retour, PrĂ©vert refuse de signer lâĂ©loge pour la politique de Staline que des officiels soviĂ©tiques lui Ă©crit des piĂšces de théùtre qui prennent la dĂ©fense des plus faibles dans la sociĂ©tĂ©, en prise directe avec l'actualitĂ© nationale ou internationale. En 1936, lâannĂ©e du Front populaire, Octobre se disloque pour des raisons politiques et financiĂšres. Un ultime projet, Bonne nuit, capitaine, nâest donc pas reprĂ©sentĂ©. Quelles que soient les diffĂ©rences politiques entre PrĂ©vert, plutĂŽt libertaire et anarchiste, et les membres du groupe, communistes pour la plupart, les cibles visĂ©es par ces textes dramatiques dâagit-prop théùtre dâagitation-propagande sont les mĂȘmes que celles Ă©pinglĂ©es dans nombre de poĂšmes de PrĂ©vert. Par ailleurs, lâesprit des textes imaginĂ©s pour Octobre soufflera trĂšs largement dans Spectacle, publiĂ© en talent aux multiples facettes Photomontage par RenĂ© Magritte, paru dans la revue La RĂ©volution surrĂ©aliste de dĂ©cembre 1929, avec les grands reprĂ©sentants du courant artistique surrĂ©aliste. SIPA Les premiers poĂšmes datent des annĂ©es 19
Leçon"Comprendre une poĂ©sie de Jacques PrĂ©vert". "DĂ©jeuner du matin" de Jacques PrĂ©vert est un texte incontournable dans les premiers niveaux d'Ă©tude du français. Il s'agit d'une poĂ©sie oĂč l'auteur raconte une histoire du point de vue d'un personnage qui fait le rĂ©cit des actions exĂ©cutĂ©es par un autre. Le temps verbal employĂ©, c
CrĂ©ation 17-18 des comĂ©diens de l'Atelier du Théùtre national de Toulouse Il y a le PreÌvert des bancs de lâeÌcole, celui du Cancre et des Feuilles mortes, et il y a lâautre, le libertaire, subversif, antimilitariste et anticleÌrical. Câest cet homme-laÌ et son Ćuvre, moins populaire, que Laurent Pelly, les comeÌdiens de LâATELIER et le pianiste Thierry Gonzalez ont envie dâexplorer dans cette vireÌe preÌverteÌbrale ». A travers son Ćuvre et notamment ses poeÌmes en prose, PreÌvert deÌnonce les injustices du monde sans se deÌpartir de ses faceÌties syntaxiques et de son humour noir. DeÌconstructeur dâun langage figeÌ, il sâattaque joyeusement aux expressions toutes faites qui alimentent les travers de nos socieÌteÌs. LiberteÌ de ton, liberteÌ dâesprit, lâillustre inventeur du cadavre exquis ne se lasse pas de parcourir et de tordre le langage pour en faire jaillir toute sa force. LâATELIER Structure dâinsertion professionnelle du TNT Tous les deux ans, le TNT recrute une troupe eÌpheÌmeÌre de sept jeunes acteurs et les invite aÌ partager pendant plus dâun an la vie du theÌaÌtre pour leur permettre - aÌ la sortie de leur formation professionnelle - de faire leur entreÌe dans le meÌtier. Durant leur reÌsidence, ils eÌprouvent pleinement tous les aspects du meÌtier auquel ils se destinent en participant aÌ des ateliers de creÌation dirigeÌs par des artistes reconnus qui donnent tous lieu aÌ des preÌsentations publiques, mais aussi en proposant des lectures publiques ou en collaborant aÌ des projets de meÌdiation culturelle. Au-delaÌ du fait qu'ils se constituent un reÌseau » d'artistes avec qui ils pourront travailler par la suite, ces jeunes comeÌdiens sont en lien permanent avec les personnels artistique, administratif et technique du theÌaÌtre qui les accompagnent dans leurs questionnements et leurs projets. Leur parcours au TNT se cloÌt par la preÌsentation de solos carte blanche donneÌe aÌ chacun dâentre eux et par la creÌation dâun spectacle qui leur permet de vivre lâexpeÌrience dâune exploitation compleÌte reÌpeÌtitions, repreÌsentations et tourneÌes. Cette creÌation a ceci de particulier quâelle est conçue tout particulieÌrement pour la troupe ; Laurent Pelly, en sâappuyant sur lâĆuvre dâun auteur, invente un spectacle sur mesure qui se fabrique au fil des reÌpeÌtitions en eÌtroite collaboration avec les comeÌdiens. Permettre aÌ de jeunes acteurs de mieux comprendre les reÌaliteÌs des meÌtiers du spectacle vivant et dâexplorer sereinement leurs deÌsirs dâartistes en devenir, telle est lâambition de LâATELIER. A la deÌcouverte de PreÌvert Le poeÌte le plus populaire de son sieÌcle serait-il meÌconnu ? La question nâest pas poseÌe pour cultiver le paradoxe, mais pour inviter aÌ la deÌcouverte dâune Ćuvre dont on ne mesure pas toujours lâeÌtendue et la porteÌe. Ainsi PreÌvert passe-t-il souvent, peut-eÌtre parce quâon lâidentifie trop exclusivement aÌ ses grands succeÌs, pour un poeÌte des anneÌes 1945-1947, celles des Enfants du paradis, de Paroles et des Feuilles mortes. Il arrive meÌme quâon en fasse le poeÌte du Front populaire, dont il est vrai, ses textes des anneÌes 30 et des sceÌnarios comme celui du Crime de M. Lange paraissent preÌparer lâaveÌnement. Mais, plus de trente ans apreÌs, on a pu se demander tout aussi leÌgitimement si lâesprit de mai 68, dans ce quâil avait de plus profond », nâeÌtait pas tout entier ... dans son inspiration libertaire et ludique, poeÌtique et reÌvolteÌe », et on oublie parfois que le dernier recueil paru de son vivant, Choses et autres, date de 1972, et quâil a eÌcrit jusquâaÌ sa mort en 1977. Son refus des mystifications religieuses et politiques sâaffermit encore au cours des anneÌes et il ne cesse de deÌfendre exploiteÌs et humilieÌs. Alors, poeÌte de 1936 ? de la LibeÌration ? de mai 68 ? dâaujourdâhui ? De toutes ces eÌpoques, mais sans jamais se laisser enfermer dans aucune, sans nostalgie, toujours plus loin ou ailleurs, hors-la-loi du temps ». DanieÌle Gasiglia-Laster, extrait de Jacques PreÌvert Ćuvres compleÌtes I â BibliotheÌque de la PleÌiade Distribution Mise en scĂšne, dĂ©cors et costumes Laurent Pelly Avec Sonia Belskaya Romain Busson RaphaĂ«l Caire Anne Duverneuil Nicolas LainĂ© Nick Newth Malou Rivoallan Assistanat Ă la mise en scĂšne Caroline Chausson Piano Thierry Gonzales LumiĂšres Paul Boggio Son Joan Cambon RĂ©alisation des costumes et des dĂ©cors Ateliers du TNT Production TNT - Théùtre national de Toulouse
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