JacquesPrĂ©vert Le Temps Perdu Page 3 sur 50 - Environ 500 essais Devoir culture gĂ©nĂ©rale bts 1723 mots | 7 pages Devoir 1 de culture gĂ©nĂ©rale 1. Etude des paratextes 1.1. Commençons par relever les renseignements qui concernent la provenance ou l’auteur. La note « Jacques PrĂ©vert, Paroles, 1934 » comprend plusieurs informations. Elle nous indique qu’il s’agit d’un texte de
Zusammenfassungen Dans une perspective nĂ©o-thomiste, Jacques Maritain considĂšre qu’un artiste est religieux non par les thĂšmes qu’il choisit ou la foi qu’il professe, mais lorsqu’il saisit les formes dans les choses et les reconstruit selon la nĂ©cessitĂ© de sa subjectivitĂ© crĂ©atrice ». C’est ainsi que Maritain a pu reconnaĂźtre en Chagall le type mĂȘme de l’artiste religieux. S’il n’a jamais essayĂ© de christianiser » le peintre, il n’en a peut-ĂȘtre pas Ă©tĂ© de mĂȘme avec RaĂŻssa Maritain, surtout lorsque Chagall, Ă  partir de 1938, peint ses grandes crucifixions. Tous deux cependant s’accordent Ă  relĂ©guer l’art sacrĂ© » contemporain, c’est-Ă -dire, selon eux, l’art prĂ©sent dans les lieux de culte, au bas d’une assez stricte hiĂ©rarchie esthĂ©tique. En cela, ils s’accordent avec le dominicain Couturier et l’équipe de la revue L’Art SacrĂ©. In a neo-thomist perspective, Jacques Maritain considers that an artist can be qualified as religious not by the themes he chooses or by the faith he professes, but when he grasps the forms of things and reconstructs them according to the demands of his “creative subjectivity”. This is how Maritain thought to have recognised in Chagall the prototype of the religious artist. If he never attempted to “christianise” the painter, the same cannot be said of RaĂŻssa Maritain, especially when Chagall began painting his great crucifixions, from 1938 onwards. Both are however agreed in relegating contemporary “sacred” art –that is, present artistic expressions found in places of cult– at the bottom of a rather strict esthetical hierarchy. On this point, they agree with the Dominican Couturier and the editorial view of the journal L’Art Index-EintrĂ€ge Seitenanfang Volltext 1 JĂ©sus le Christ dans l’Ɠuvre de Chagall, sous la direction de Pierre-Marie Beaude, UniversitĂ© de Me ... 2 105 eaux-fortes de 1931 Ă  1939, dont 39 planches reprises et achevĂ©es de 1952 Ă  1956. 3 C’est au plus tard en 1950, selon l’article publiĂ© par RaĂŻssa Maritain dans la revue L’Art SacrĂ© n ... 1Dans une thĂšse soutenue Ă  Metz en 20061, GeneviĂšve Schmitt- Rehlinger montre que Chagall a peint ou dessinĂ© plus de trois cent soixante crucifiĂ©s ou Ɠuvres comportant le motif du crucifiĂ©. Sa premiĂšre crucifixion, un dessin Ă  la plume, date de 1908 ou 1909. Si l’on tient compte des Ɠuvres oĂč il a illustrĂ© l’Ancien Testament, il peut apparaĂźtre comme l’un des principaux artistes religieux du XXe siĂšcle. Mais sa premiĂšre commande biblique est d’origine profane, elle date des annĂ©es 1930, quand il a rĂ©alisĂ© Ă  la demande d’Ambroise Vollard des gravures pour la Bible 2. Il faut attendre 1957 et la tĂ©nacitĂ© d’un franc-tireur, le dominicain Marie-Alain Couturier, pour qu’une de ses Ɠuvres entre dans une Ă©glise, prĂšs d’un demi-siĂšcle aprĂšs la premiĂšre crucifixion connue3. 4 Dans Grace, Necessity and Imagination Catholic Philosophy and the Twentieth Century Artist, confĂ© ... 2Mais Chagall a-t-il jamais Ă©tĂ© commandĂ© ? L’auteur du Message Biblique a-t-il jamais illustrĂ© la Bible ? Et son art peut-il vraiment ĂȘtre qualifiĂ© de religieux ? L’un des grands amis de Chagall, le philosophe Jacques Maritain, a proposĂ© sinon une rĂ©ponse du moins une esthĂ©tique qui permet de poser ces questions de maniĂšre Ă  obtenir une rĂ©ponse. Comme l’a montrĂ© Rowan Williams, archevĂȘque de CantorbĂ©ry et ancien professeur Ă  Oxford 4, Maritain apporte de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale des Ă©lĂ©ments qui sont toujours utiles pour tenter de dĂ©finir ce que peut ĂȘtre un art religieux Ă  l’époque contemporaine, et y distinguer plusieurs degrĂ©s, une vĂ©ritable hiĂ©rarchie d’ordre esthĂ©tique dans ce que d’autres appellent l’art sacrĂ©. 5 . My disc of gold. Itineray to Christ, Reynal & Company, New York, p. II. 3Cette hiĂ©rarchie, Maritain l’a briĂšvement rĂ©sumĂ©e – de maniĂšre Ă  la fois trĂšs lisible et passablement Ă©nigmatique – dans l’introduction qu’il a donnĂ©e en 1961 Ă  l’autobiographie du peintre amĂ©ricain William Congdon5 There are, I see it, three degrees in religious painting the first degree I would call contemplative painting, which has a religious or God- related significance quite independently of the subject or the theme treated. The second degree I would call religious painting in the strict sense, or painting whith deals with specifically religious themes not necessarily related to any public use. The third degree I would call sacred painting, which, on the walls or in the windows of a church is put at the service of public prayer. 
 It is obvious that, from the point of view of the essentials of art and inspiration, the first degree is more important than the second, and the second more important than the third. 4La hiĂ©rarchie est claire, le sens moins quel peut ĂȘtre cet art religieux indĂ©pendant de toute thĂ©matique religieuse, ou cet art explicite- ment religieux mais absent des Ă©glises ? Enfin pourquoi Maritain place-t-il tout en bas l’art religieux de commande, disposĂ© dans les lieux de priĂšre Ă  des fins cultuelles ? I. Une grande amitiĂ© 6 Selon M. DUVAUCHEL, L’esthĂ©tique oubliĂ©e de Jacques Maritain, un chemin de poĂ©sie et de raison, Pub ... 7 Dont Stravinsky, qui reprend l’esthĂ©tique maritainienne dans sa PoĂ©tique musicale de 1945. 8 Le futur cardinal Charles Journet – Sur un chemin de croix de Marek Szwarc », Nova et Vetera 1 1 ... 5Dans l’élaboration de cette hiĂ©rarchie revue et corrigĂ©e par l’expĂ©rience, l’amitiĂ© avec William Congdon arrive en fin de course, comme rĂ©vĂ©lateur. Maritain dĂ©finit son esthĂ©tique dĂšs 1920 dans Art et scolastique, austĂšre traitĂ©6 » Ă©crit en pensant Ă  Georges Rouault. À partir des annĂ©es 1920 il polit et rabote ses idĂ©es en compagnie des intellectuels, des poĂštes, des musiciens7 et des artistes qu’il reçoit chaque dimanche Ă  Meudon. Parmi eux un Juif venu d’Europe de l’Est, habile Ă  illustrer l’Ancien et le Nouveau Testament, qui s’était installĂ© vers 1910 du cĂŽtĂ© de Vaugirard, dans ce phalanstĂšre d’artistes que l’on appelait la Ruche, oĂč il frĂ©quenta LĂ©ger, Soutine, Lipchitz, Kisling, Lichtenstein avant de retourner dans son pays ; il revint en France aprĂšs la guerre, il s’intĂ©gra au cercle de Meudon et devint un intime de Maritain. Non, il ne s’agit pas de Chagall, mais de Marek Szwarc, nĂ© en Pologne et converti au catholicisme en 1919, avant de rencontrer Maritain qui sut apprĂ©cier l’homme mais, semble-t-il, n’a pas fait grand cas d’une Ɠuvre du troisiĂšme degrĂ© », ordonnĂ©e Ă  la dĂ©coration des temples profanes pavillon de la SociĂ©tĂ© des Nations Ă  New-York comme des lieux de culte Ă©glise Saint-Jean et Ă©glise du Saint-Rosaire Ă  Toronto ou apparentĂ©s Szwarc fut chargĂ© de dĂ©corer le pavillon du Saint-SiĂšge Ă  l’exposition universelle de Paris en 1937. Que Szwarc se soit converti au catholicisme et ait Ă©tĂ© bien vu du Vatican n’influa en rien sur le jugement esthĂ©tique de Maritain, peu enthousiaste8. 9 Georges Rouault peintre et lithographe, album ornĂ© de quatre lithographies originales timbrĂ©es, sig ... 10 Archives du Cercle d’Études Jacques et RaĂŻssa Maritain de Kolbsheim [AK], 2 juin 1929. 6Avec le peintre de Vitebsk, ce fut le coup de foudre, et l’aventure. Chagall a Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Meudon par Jules Supervielle, Paul Eluard et RenĂ© Schwob – ce qui contribue Ă  expliquer pourquoi Maritain a tou- jours considĂ©rĂ© qu’il Ă©tait d’abord un poĂšte. Dans les archives du Cercle d’Études Jacques et RaĂŻssa Maritain de Kolbsheim, le premier billet adressĂ© par Chagall Ă  son cher Maritaine » avec un e », Ă©criture phonĂ©tique chagallienne date du 28 juillet 1928. Il y dit son affection pour la maisonnette chaude » de Meudon, et tout de suite il demande des textes J’ai une idĂ©e, trop audacieuse peut-ĂȘtre, de vous proposer d’écrire quelques mots dans un des Cahiers de SĂ©lection de Belgique qu’il me consacre. Vous pourrez me dĂ©truire complĂštement, si vous voulez, mais du haut de la pensĂ©e de grand Dieu. Ça sera pour moi un doux martyre ». Il demande aussi un texte pour un livre sur le théùtre juif de Moscou qui doit rĂ©unir les diffĂ©rentes opinions aussi sur mon travail dans ce théùtre. Serais heureux si vous acceptiez ces deux collaborations. Votre prĂ©sence m’y sera chĂšre ». Maritain, qui vient de publier une Ă©tude sur Rouault9, s’exĂ©cute avec plaisir, ce qui lui vaut ce billet de Chagall J’étais touchĂ© de votre amour. Si vous me croyez sincĂšre et un peu sur le vrai chemin – vous qui cherchez ardemment la vĂ©ritĂ© – j’en suis content. Merci profondĂ©ment pour votre bon Ɠil et votre bon cƓur. À vous deux de nous deux10 ». À vous deux de nous deux, car il s’agit d’une amitiĂ© entre deux couples, Marc et Bella, Jacques et RaĂŻssa. RaĂŻssa et Bella sont issues toutes deux d’une famille juive russe de tradition hassidique. Une mĂ©moire commune fonde leur intimitĂ©, leur complicitĂ©, mĂȘme si le rapport au passĂ© n’est pas le mĂȘme chez RaĂŻssa, convertie au catholicisme, et pour laquelle le centre du monde est devenu Paris, alors que Bella se sent toujours exilĂ©e de Vitebsk. 11 Non datĂ©, mais envoyĂ© de JĂ©rusalem, donc en 1931, archives de Kolbsheim. 12 25 mai 1932, archives de Kolbsheim. Fin 1929, les Chagall ont dĂ©mĂ©nagĂ© et achetĂ© une maison prĂšs de ... 13 AK, 7Certains des billets de Chagall Ă  Maritain sont Ă©tonnants, il dĂ©crit ses amis et se dĂ©crit lui-mĂȘme comme des personnages dans une toile de Chagall Il nous semble – vous ĂȘtes suspendus sur un fil dans un autre monde. Nous sommes renversĂ©s 11 ». Ou encore quand il invite les Maritain Ă  visiter son jardin de la villa Montmorency qui nous console de toutes les misĂšres du monde. Venez donc le voir et nous dedans 12 ». Chagallienne aussi, la maniĂšre dont Marc se voit par rapport Ă  Jacques Et Ă  vous, cher Jacques, merci de vos pensĂ©es si gracieusement sĂ©vĂšres. Avec vous, on dirait, on est perchĂ© sur une Ă©chelle, en regardant patiemment et anxieusement la terre et de tout son corps se tendant vers tout 13 ». 8La guerre renforça l’intimitĂ© des deux couples. InstallĂ© Ă  New York depuis 1940, Maritain participa au sauvetage des Chagall avec ses amis du Museum of Modern Art, et en liaison avec l’Emergency Rescue Committee reprĂ©sentĂ© Ă  Marseille par Varian Fry. Les Chagall Ă©chappĂšrent de justesse Ă  la police de Vichy Marc fut pris dans une rafle et libĂ©rĂ© par une intervention personnelle de Varian Fry et purent rallier Lisbonne d’oĂč ils gagnĂšrent les États-Unis. Comme ils ne parlaient pas anglais, ils se repliĂšrent sur leurs amis qui parlaient yiddish, russe ou français, ou les trois Ă  la fois, comme RaĂŻssa. 14 AK, 9 ChĂšre RaĂŻssa », lui Ă©crit Marc le 13 novembre 1941, il nous semble revivre avec vous nos douces jeunes annĂ©es 14 ». RaĂŻssa rendit plusieurs fois visite aux exilĂ©s dans leur retraite de Cranberry Lake, dans le nord de l’État de New York. Mon cher petit Jacques », Ă©crit RaĂŻssa Ă  son mari le 23 janvier 1942, Je t’envoie un autographe de Chagall. Le texte russe signifie Mon cher ami, nous avons bu, mangĂ©, tout le temps parlĂ© de vous, regardĂ© vos photos, et de nouveau parlĂ© de vous
 Nous vous attendons. Je vous embrasse. Votre Chagall’. Nous avons passĂ© avec eux une soirĂ©e trĂšs intime, savoureuse, rĂ©confortante. Maintenant Chagall veut me prendre de face. Il est tout Ă  fait amoureux de mon col de dentelle, celui qui est sur mon ancienne photo ». Et, en marge de la lettre, dressĂ© d’un trait de plume, un autoportrait de Chagall.
 RaĂŻssa a publiĂ© Ă  New York en 1943 Chagall ou l’Orage enchantĂ©, qui comporte des reproductions. Pour la réédition, Chagall n’a pas demandĂ© de droits d’auteur mais quelques exemplaires ; il en a renvoyĂ© deux Ă  RaĂŻssa, aprĂšs en avoir enrichi les pages de garde d’un dessin Ă  la plume et d’une aquarelle. 15 Maritain est ambassadeur auprĂšs du Saint-SiĂšge de 1945 Ă  1948, Chagall ne rentre en France qu’en 19 ... 16 AK, 17 AK, 10La mort de Bella Chagall, en 1944, fut un grand navrement de cƓur, puis les choses de la vie Ă©loignĂšrent les amis15. Les relations se resserrĂšrent quand le peintre s’installa Ă  Orgeval, prĂšs de Saint- Germain-en-Laye, mais elles s’espacĂšrent Ă  nouveau quand il s’établit Ă  Vence, oĂč il ne semble pas que les Maritain se soient jamais rendus. Quelques billets tĂ©moignent cependant de la permanence de l’amitiĂ© Chaque visite de Jacques est comme un soleil qui demeure en moi, un calme, un sourire et un immense encouragement16 », ou encore Si je ne vous vois pas, je vous vois quand mĂȘme17 ». Grand artiste pudique et pĂ©tri d’incertitude, Chagall demande son avis aux Mari- tain, et pas par politesse. À propos par exemple des eaux-fortes pour les Âmes Mortes de Gogol, les Fables de La Fontaine et la Bible 11 J’aimerais bien savoir ce que vous pensez, tous les trois [Chagall inclut Vera, la petite sƓur de RaĂŻssa et le complĂ©ment obligĂ© de la trinitĂ© maritainienne] 
 Moi, je tĂąche toujours de travailler – mais je ne veux pas vous ennuyer de mes paroles. Mon plus grand dĂ©faut est peut-ĂȘtre mon Ă©ternel doute [
] ». Auquel fait Ă©cho ce billet du 15 avril 1953 Je travaille, comme toujours, c’est-Ă -dire sans savoir exactement oĂč est le commencement et oĂč est la fin, voilĂ  ! ». À propos d’un projet de chapelle prĂšs de Vence, qui a du mal Ă  aboutir, il Ă©crit En attendant, je fais seulement des esquisses et je ne sais pas du tout si je pourrai rĂ©aliser cela ; si j’aurai la force de le faire. Vous me direz que j’ai toujours des doutes quand je commence quelque chose et c’est vrai. Comme vous me connaissez un peu, je n’ai pas la clartĂ© latine et la clartĂ©, s’il y en a, s’obtient, avec moi, avec beaucoup de corrections. C’est une clartĂ© Ă  ma maniĂšre toujours. Enfin, si je fais quelque chose, on verra
 Ce dont je ne doute pas, c’est que j’aurai des critiques de tous cĂŽtĂ©s », et surtout, se plaint-il, de la part de ceux qui veulent dĂ©couvrir [
] ce qu’il y a dans mon Ăąme. [
] Il est vrai que je doute et que j’ignore moi-mĂȘme, la seule chose que je sache c’est que je suis fidĂšle Ă  quelque chose ; fidĂšle, bien sĂ»r, Ă  ma maniĂšre AK, 18 J. MARITAIN, ƒuvres complĂštes [OC], vol. X, p. 267. 19 Ibid., p. 139. 12Ces billets – ils prennent rarement la taille d’une lettre – tendent Ă  confirmer Maritain dans l’idĂ©e qui sous-tend son esthĂ©tique un grand peintre est une force qui va, il rĂ©pond par son Ɠuvre Ă  une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure que les marchands, les mĂ©cĂšnes, les commandes ne peuvent ni orienter ni circonscrire ; une nĂ©cessitĂ© qui dĂ©passe le vouloir propre, les intentions claires et jusqu’aux forces physiques et morales du crĂ©ateur qui, laissĂ© Ă  lui-mĂȘme, coupĂ© des sources secrĂštes de son inspiration, ne serait qu’un illustrateur aux ordres de ses commanditaires. Ce ne sont pas les marchands de tableaux ni les critiques d’art ni les collectionneurs mais les poĂštes modernes qui ont fait les peintres cĂ©lĂšbres », Ă©crit Maritain dans L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie 18. Le peintre n’est rien s’il n’est entrainĂ© par le pinceau et la palette, instruments dĂ©miurgiques, au-delĂ  des apparences naturelles des Choses » dans la quĂȘte dĂ©sespĂ©rĂ©e » d’une rĂ©alitĂ© plus profonde, obscurĂ©ment signifiĂ©e par les Choses 
 », mais dont lui ignore tout, et dont il doit se saisir Ă©nigmatiquement 19 ». II. Une esthĂ©tique de la forme 20 Livre issu des six leçons donnĂ©es en 1952 Ă  la National Gallery of Art de Washington et publiĂ©es en ... 13Depuis Art et scolastique 1920 jusqu’à L’Intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie 1966 20, l’esthĂ©tique de Maritain se rĂ©fĂšre Ă  une mĂ©taphysique d’inspiration thomiste il existe au cƓur de l’ĂȘtre des formes qui dĂ©terminent la matiĂšre et, ainsi, constituent et achĂšvent les choses ; elles en sont le secret ontologique ». Elles participent Ă  la fois, en une sorte d’incarnation, de la transcendance et de l’immanence toute forme est un vestige ou un rayon de l’Intelligence crĂ©atrice imprimĂ© au cƓur de l’ĂȘtre créé ». C’est pour cela qu’elle est la source de la lumiĂšre et de la splendeur qui Ă©manent des choses. La beautĂ© est le resplendissement de la forme », une fulguration d’intelligence sur une matiĂšre intelligemment disposĂ©e ». Les choses sont belles parce que les formes qui les dĂ©terminent sont intelligibles. 21 J. MARITAIN, Art et Scolastique, 1920, p. 35-42. 14 L’intelligence jouit du beau parce qu’en lui elle se retrouve et se reconnaĂźt 21 ». À partir de lĂ  il est possible de prĂ©ciser le sens de quelques mots du vocabulaire esthĂ©tique de Maritain, qu’il emploie pour parler soit de l’art en gĂ©nĂ©ral, soit de la peinture moderne, soit de Chagall en particulier. 22 Mais sans l’exclure, en l’envisageant comme une sorte d’accĂ©lĂ©rateur du processus de crĂ©ation. Dans ... 23 Art et scolastique, p. 35. Dans L’intuition crĂ©atrice dans l’art et la poĂ©sie, Maritain souligne qu ... 24 L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC vol. X, p. 108. Chagall a Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Meudon ... 25 OC, vol. XV, p. 19. 26 J. MARITAIN FrontiĂšres de la PoĂ©sie et autres essais, Paris 1935, repris dans OC, vol. V, p. 699-70 ... 27 L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC, vol. X, p. 140. 28 Je pense que Chagall est aujourd’hui le grand maĂźtre de l’image illuminatrice [
] Avoir mis la ma ... 29 New York mars-avril 1958, in OC, XV, p. 809. 15Lorsqu’il Ă©voque un art contemplatif, il pense moins Ă  un Ă©lan mystique22 qu’à l’activitĂ© d’une intelligence qui trouve du bonheur Ă  Ă©prouver sa connaturalitĂ© avec l’Intelligence divine. Dans la contemplation du beau artistique, l’intelligence [
] boit la clartĂ© de l’ĂȘtre, [
] elle est irradiĂ©e par une lumiĂšre intelligible qui lui est donnĂ© d’un coup23 ». Mais si la contemplation est Ă  l’origine de l’acte crĂ©ateur, encore faut-il que l’artiste soit actif, doublement actif ; par son savoir-faire d’artifex, bien sĂ»r, mais cela ne suffit pas La poĂ©sie n’est pas seulement dans l’art du poĂšte ; elle est aussi dans l’ñme des choses », c’est-Ă -dire dans leur forme. Pour la reconnaĂźtre et s’en emparer, le peintre doit ĂȘtre lui-mĂȘme poĂšte ou devin, deux termes Ă©quivalents pour Maritain qui dĂ©finit la crĂ©ation poĂ©tique et artistique comme une sorte de divination », rappelle que le vates latin Ă©tait Ă  la fois un poĂšte et un devin » et considĂšre que le peintre [
] n’est plus rien s’il manque de vision poĂ©tique24 ». Dans le priĂšre d’insĂ©rer de Chagall ou l’orage enchantĂ©, Jacques Ă©voque la poĂ©sie essentielle » du peintre, tandis que, selon RaĂŻssa, la poĂ©sie est la grande animatrice [
] de l’Ɠuvre de Chagall 25 ». LĂ  encore un terme trĂšs gĂ©nĂ©ral est pris dans un sens mĂ©taphysique prĂ©cis la poĂ©sie est une divination du spirituel dans le sensible»26, c’est-Ă -dire de la forme dans les choses. Chagall est de ceux qui saisissent et dĂ©voilent ces mystĂšres enfouis, ces formes qui resplendissent, sans doute, mais seulement pour ceux qui ont l’intelligence de les voir puis le gĂ©nie de les recrĂ©er en une construction de lignes et de couleurs27 », une image illuminatrice28 » qui la rende intelligible Ă  tous. Dans la prĂ©sentation en anglais du catalogue de l’exposition Chagall Ă  la galerie Chalette29, Maritain insiste sur la dimension initiatique de l’art chagallien dont la beautĂ© tient Ă  la manifestation d’une connaissance mystĂ©rieuse ». Par le dĂ©voilement des mystĂšres et leur recomposition picturale, l’artiste recrĂ©e la nature, il la change non seulement matĂ©riellement et du dehors, mais aussi du dedans » et rĂ©alise ainsi un analogue de la crĂ©ation divine. 30 R. MARITAIN, Chagall ou l’orage enchantĂ©, p. 22. 31 L’artiste-poĂšte selon Maritain est bien un devin, et non pas un messager. L’interprĂ©tation de Chaga ... 16C’est en ce sens que la peinture peut ĂȘtre dĂ©finie comme religieuse, indĂ©pendamment du thĂšme choisi. La matiĂšre premiĂšre du peintre n’est pas une chose mais le reflet de l’Intelligence crĂ©atrice dans la chose. Un paysage, un animal, un personnage de cirque peuvent ĂȘtre, comme chez Rouault, aussi religieux que la reprĂ©sentation d’un prophĂšte ou du Christ en croix. Et cela quelles que soient les convictions et mĂȘme les intentions explicites de l’artiste. Chagall peut bien ne professer aucune religion dogmatique30 », cela ne concerne en rien le caractĂšre religieux de son Ɠuvre. Ce point de vue Ă©tait partagĂ© par le dominicain Marie-Alain Couturier quand il a demandĂ© Ă  Chagall de participer au dĂ©cor de l’église d’Assy31. 32 MARITAIN L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC vol. X, p. 108. 33 Ibid, p. 107. 17Si, dans la divination poĂ©tique, l’intelligence joue un rĂŽle aussi important que l’imagination32 », la crĂ©ation artistique ne se rĂ©sume pas Ă  une rĂ©ception contemplative de ce que cachent les choses. Le dĂ©voilement des mystĂšres rĂ©sulte d’une intercommunion » active entre l’ĂȘtre intĂ©rieur des choses et l’ĂȘtre intĂ©rieur du Soi humain33 ». 34 R. MARITAIN, Chagall ou l’orage enchantĂ©, vol. XV p. 30. 35 MARITAIN, L’intuition crĂ©atrice, p. 137-138. Outre Chagall, Maritain cite CĂ©zanne, Rouault, Van Gog ... 36 MARITAIN, Eaux-fortes de Chagall pour la Bible », Cahiers d’Art, 9e annĂ©e 1934, p. 84, repris i ... 37 Cf. R. DESNOS, Chagall », Le Roseau d’or, 9, quatriĂšme sĂ©rie, Plon 1930, p. 133. Maritain considĂš ... 38 Ce que confirme J. Maritain la saisie simultanĂ©e des choses et du Soi se fait par une expĂ©rience ... 39 R. MARITAIN, OC vol. XV, p. 810. 40 MARITAIN, p. 141, et R. MARITAIN, OC vol. XV, p. 773. 18 Sous la poussĂ©e de son monde intĂ©rieur34 », Chagall transpose les formes naturelles, créées par Dieu, jusqu’à faire surgir des formes nouvelles mystĂ©rieusement apparentĂ©es aux formes naturelles ». Les formes et leur messages sans fin sont saisis dans et par l’éveil 
 de la subjectivitĂ© crĂ©atrice Ă  elle-mĂȘme », ce qui permet d’accomplir un acte de communion spirituelle avec les choses » et de les refondre dans une nouvelle structure visible. C’est l’affirmation de cette subjectivitĂ© crĂ©atrice qui caractĂ©rise la grande Ă©poque de la peinture moderne35 ». Chagall demande peu Ă  la nature 
 et beaucoup Ă  soi-mĂȘme 36 ». AprĂšs ĂȘtre allĂ© dans l’inconnu pour y chercher les mystĂšres, il les abstrait de la rĂ©alitĂ© et les transporte par une dĂ©marche que Jacques et RaĂŻssa qualifient volontiers, Ă  la suite de Robert Desnos, de surrĂ©aliste 37 ». RaĂŻssa, dans Chagall et l’orage enchantĂ©, affirme qu’il est le premier surrĂ©aliste par une donnĂ©e immĂ©diate de sa conscience d’artiste », mĂȘme s’il n’a jamais dĂ©fini, sinon dans son propre mouvement crĂ©ateur, le sens de ce mot38 ». Comme poĂ©sie, surrĂ©alisme n’est pas pris dans son sens commun mais dĂ©signe le peintre qui, grĂące Ă  la libĂ©ration de son moi intĂ©rieur39 », crĂ©e un univers de formes beaucoup plus vaste que le rĂ©el ». Chagall ne fuit pas les formes naturelles » mais il les transforme, les transfigure, dĂ©gage et abstrait d’elles leur propre surrĂ©alitĂ© 40 ». La subjectivitĂ© crĂ©atrice, avec l’idĂ©e que l’intĂ©rieur des choses et le Soi de l’artiste se sont manifestĂ©s ensemble, l’un par l’autre, l’un grĂące Ă  l’autre, intro- duit ou rĂ©introduit l’histoire propre de Chagall dans la perception de son Ɠuvre, en enracinant celle-ci dans une histoire et dans une mĂ©moire. III. La danse du roi David 41 J. MARITAIN, Chagall », SĂ©lection, Cahier n° 6, repris dans FrontiĂšres de la poĂ©sie et autres ess ... 19Dans la mesure oĂč le monde intĂ©rieur de l’artiste joue un rĂŽle dĂ©cisif dans la maniĂšre dont il rend visible le mystĂšre des choses, Jacques et RaĂŻssa n’ont pas manquĂ© de souligner la judĂ©itĂ© de Chagall. Dans le premier texte qu’il lui consacre, en 192941, Jacques dĂ©taille tout ce que le peintre doit Ă  son enfance et Ă  sa jeunesse passĂ©e dans la communautĂ© juive de Vitebsk puis de Moscou PitiĂ©, mĂ©lancolie, hantise du dĂ©part et perpĂ©tuelle errance, chant de la pauvretĂ© et de l’espĂ©rance, c’est la poĂ©sie mĂȘme de l’esprit juif qui nous Ă©meut si profondĂ©ment dans ces rabbins miraculeux, comme les merveilles de mobilitĂ© aĂ©rienne et de vĂ©ritĂ© féérique qui jaillissent du monde de formes et de couleurs inventĂ© par lui pour le théùtre yiddish de Moscou. 42 Cahiers d’Art, 9e annĂ©e, 1934, p. 84 – texte repris aussi dans FrontiĂšres de la poĂ©sie. 43 OC vol. VIII, p. 975. 44 OC vol. X, p. 198-200. 45 Chagall ou l’orage enchantĂ©, OC vol. XV p. 17-44. 46 N° 11-12, juillet aoĂ»t 1950. 20Dans son essai intitulĂ© Eaux fortes de Chagall pour la Bible 42, Jacques dĂ©couvre dans les quarante-deux gravures exĂ©cutĂ©es pour illustrer la GenĂšse des modulations voilĂ©es comme les chants de la Synagogue. 
 Plus juif que jamais, Chagall retrouve ici 
 quelque chose de la grave et naĂŻve inspiration mĂ©diĂ©vale ». En 1944, aux obsĂšques de Bella Chagall, il remercie le couple d’avoir donnĂ© Ă  la France, la poĂ©sie de l’ñme juive dans sa substance la plus profonde 43 ». Il en va ainsi jusqu’à L’Intuition crĂ©atrice dans l’art et la poĂ©sie, oĂč Jacques compare Rouault et Chagall Tous deux sont de vrais primitifs, bien que d’une maniĂšre tout Ă  fait diffĂ©rente, car l’inspiration de Rouault est proche de celle de l’art roman, tandis que Chagall s’enracine dans une tradition juive sĂ©culaire44 ». Et il cite Ă  ce propos le texte de RaĂŻssa, Chagall ou l’orage enchantĂ©, oĂč celle-ci retrouve dans les tableaux de Chagall la danse du roi David et celle des Hassidim. La joie tendre, spirituelle, qui imprime son Ɠuvre est nĂ©e avec lui Ă  Vitebsk, en terre russe, en terre juive », avec le senti- ment tragique de la fragilitĂ© de la vie, la mĂ©moire des souffrances passĂ©es, le sentiment prophĂ©tique des douleurs inimaginables » qui attendent le peuple juif – allusion Ă  la Crucifixion blanche de 1938, peinte alors que l’antisĂ©mitisme faisait dĂ©jĂ  sĂ©vir en Allemagne une atroce persĂ©cution ». RaĂŻssa se souvient de la solennitĂ© bien rare chez lui » avec laquelle il lui a montrĂ© pour la premiĂšre fois ce tableau avec un sentiment profond de l’importance de l’Ɠuvre ». Elle souligne aussi l’empreinte du hassidisme dans l’Ɠuvre de Chagall, celle d’une communautĂ© dont l’ñme ne s’est pas livrĂ©e au monde profane, mais s’est baignĂ©e chaque jour dans l’eau vive de l’Écriture. 
 Les Juifs dans l’Ɠuvre de Chagall sont aussi, dans la transposition et l’abstraction de l’art, une image impĂ©rissable d’IsraĂ«l45 ». RaĂŻssa conclut qu’il serait impossible de comprendre le peintre sans cette connaissance profonde, instinctive, de l’ñme de son peuple ». Elle reprend ce thĂšme dans l’article qu’elle a donnĂ© Ă  Marie-Alain Couturier en 1950 pour la revue L’Art sacrĂ© 46 La joie Ă©merveillĂ©e qui imprĂšgne son Ɠuvre est nĂ©e avec lui Ă  Vitebsk », joie pĂ©nĂ©trĂ©e de mĂ©lancolie, traversĂ©e de l’aiguillon de la nostalgie et de la difficile espĂ©rance ; elle porte en elle le sentiment tragique de sa fragilitĂ© et de sa mort. [
] c’est parce que Chagall est si prĂšs de son peuple que son art surrĂ©el est si parfaitement vrai ». 47 En 1930 la commande de Vollard pour l’illustrer l’Ancien Testament renforce son dĂ©sir de visiter la ... 48 CitĂ© par G. SCHMITT-REHLINGER, JĂ©sus Christ dans l’Ɠuvre de Marc Chagall, Metz 2006, p. 171. 21On peut difficilement reprocher aux Maritain d’avoir ignorĂ© la part juive de Chagall, que celui-ci rĂ©affirme vigoureusement dans les annĂ©es 193047 et surtout Ă  partir de 1948, aprĂšs le gĂ©nocide qui a dĂ©truit le monde de son enfance. Sa fidĂ©litĂ© au peuple juif se double alors d’un engagement en faveur de l’État d’IsraĂ«l. Avant de rĂ©aliser le Passage de la Mer rouge pour l’église d’Assy, il demande l’avis du prĂ©sident d’IsraĂ«l, ChaĂŻm Weizmann, auquel il Ă©crit If I decide to decor this chapel I would not want the people of IsraĂ«l to think that my heart or mind – not to speak of my art – have anything in common with non-Judaism. With my ancestors I shall always be bound to my people ». Et il dit sa rĂ©ticence Ă  travailler pour une Ă©glise catholique at a time when the Vatican is not favourably disposed to IsraĂ«l », une rĂ©ticence qui va au-delĂ  des lieux de culte I refused my friend Jacques Maritain’s request to donate to the Vatican’s Museum of modern Art ». RĂ©ticence qui s’étend Ă  l’Allemagne mais aussi Ă  la Grande-Bretagne at a time when British Policy was unfavorable to our interest 48 ». Rien de confessionnel, encore moins de doctrinal dans cet attachement profond, charnel, Ă  un peuple, Ă  une culture et, dĂ©sormais, Ă  un État. Les rĂ©ticences vis-Ă -vis du Saint-SiĂšge s’effacent Ă  mesure que son opposition Ă  l’État d’IsraĂ«l s’attĂ©nue. Dans une lettre Ă  Maritain du 5 novembre 1957, Chagall est d’accord pour figurer dans les collections du Vatican, Ă  condition qu’on le lui demande. 49 Lors des obsĂšques de Bella, en septembre 1944, Maritain Ă©voque devant Marc Chagall le Dieu des Pa ... 50 R. MARITAIN, Chagall et l’orage enchantĂ©, OC XV p. 22, Jacques Maritain aux obsĂšques de Bella », ... 51 AK, 15 avril 1955. Ce projet est Ă  l’origine du MusĂ©e national Message biblique de Nice. 22Mais son art peut-il ĂȘtre qualifiĂ©, Ă  la fois, de juif et de religieux ? Religieux, certainement. Juif, au sens dogmatique et rituel du terme, non. Pour des raisons accidentelles, d’abord il semble Ă©vident pour les Maritain que si Chagall est croyant49, il ne professe [
] aucune religion dogmatique » et, pas plus que Bella, il ne se rattache Ă  aucune forme dĂ©finie de culte50 ». Chagall n’a jamais dit le contraire. S’il a montrĂ© du respect pour les religions instituĂ©es, il n’a pas jugĂ© utile de trop distinguer entre les clergĂ©s et les rites. Chagall, c’est d’abord une gĂ©nĂ©rositĂ© et un humanisme qui se manifestent bien dans cette lettre Ă  Maritain Ă  propos d’un projet de chapelles ƓcumĂ©niques Depuis des annĂ©es je pense Ă  ces chapelles abandonnĂ©es, du 17e siĂšcle, que la MunicipalitĂ© [de Vence] a l’intention de me proposer de faire. Dans mon imagination, ce sont des chapelles-musĂ©es dans lesquelles, si j’avais la force de les faire, vous-mĂȘme pourriez faire des confĂ©rences. On pourrait aussi y donner des concerts et y Ă©couter du Bach ou mĂȘme Stravinsky
 ou un prĂȘtre ou un rabbin pourraient faire leur sermon, s’ils le voulaient 51 ». 23Chagall, fermement attachĂ© au peuple juif et Ă  sa mĂ©moire, n’est pas un Juif religieux. Mais selon l’esthĂ©tique maritainienne, cela est accessoire. Chagall eĂ»t-il Ă©tĂ© un pratiquant fidĂšle, son art n’aurait pas revĂȘtu pour autant de caractĂšre confessionnel prĂ©cis. Et cela pour une raison essentielle pour Maritain il ne peut pas y avoir d’art religieux confessionnel. Le caractĂšre religieux d’une Ɠuvre ne doit rien Ă  son thĂšme, ni Ă  son usage, ni Ă  l’endroit oĂč elle se trouve exposĂ©e. Il doit tout au processus de la crĂ©ation. La saisie des formes dans les choses et leur reconstruction dans de nouvelles structures visibles, selon une logique et un fonctionnement propres Ă  l’image, dĂ©finissent un rapport aux choses qui exclut la subordination de l’image aux mots, la rĂ©duction de l’image Ă  illustrer les mots, que ceux-ci forment une histoire des origines, un mythe fondateur, une doctrine de salut, un commentaire de la doctrine ou sa rĂ©duction Ă  des fins pĂ©dagogiques. Chagall n’illustre pas l’Ancien ou le Nouveau Testament, il les recrĂ©e Ă  sa maniĂšre, qui est celle de la poĂ©sie. Il est toujours possible de ramener telle ou telle de ses Ɠuvres Ă  une illustration de la Bible ; mais c’est la faire tomber, par contresens, au dernier Ă©tage de la hiĂ©rarchie maritainienne, celle de l’art sacrĂ© de commande, ou, pour reprendre un langage qui fleure l’administration, pour ne pas dire le bureau postal l’art sacrĂ© par destination. Pour Maritain l’ image illuminatrice » ne s’oppose sans doute pas au discours confessionnel ; mais en tant qu’Ɠuvre d’art elle s’affirme dans une autonomie absolue. VoilĂ  semble-t-il comment il faut interprĂ©ter le texte de 1934 consacrĂ© aux Eaux fortes de Chagall pour la Bible, qui dĂ©finit de maniĂšre durable le point de vue de Maritain, mais qui lui a Ă©tĂ© parfois reprochĂ© 52 OC vol. V, p. 776. Sur le rapport Ă  la poĂ©sie Maritain reprend ce que Chagall disait lui-mĂȘme Je ... Chagall, dans ses eaux-fortes, n’a pas voulu ĂȘtre juif, je suppose qu’il ne sait mĂȘme pas exactement quelle dogmatique juive ou chrĂ©tienne l’Ancien Testament 
 nous propose. C’est la poĂ©sie de la Bible qu’il a Ă©coutĂ©e, c’est elle qu’il a voulu rendre 
. Je me reprocherais de sembler solliciter dans un sens quelconque un art qui n’est ainsi religieux que, pour ainsi parler, malgrĂ© lui. Il l’est cependant, du moins selon l’aspiration la plus informulĂ©e. Et il m’est bien permis de remarquer que prĂ©cisĂ©ment parce qu’il n’a rien cherchĂ© ni voulu dans ce sens, le monde plastique de la Bible de Chagall, si profondĂ©ment et douloureusement terrestre, non dĂ©livrĂ© encore, et comme tĂątonnant dans une nuit sacrĂ©, tĂ©moigne sans le savoir de la valeur figurative du grand lyrisme d’IsraĂ«l 52. 53 La Bible illustrĂ©e par Marc Chagall 1887-1985 un dialogue interculturel et son Ă©volution, Paris ... 24Dans une thĂšse rĂ©cente 53, Chan Young Park semble avoir vu dans cette approche une volontĂ© abusive de mettre Chagall hors de l’espace et du temps, peut-ĂȘtre dans le but de le mieux rĂ©cupĂ©rer. Cette interprĂ©tation ne prend en compte ni l’esthĂ©tique de Maritain, ni son apprĂ©ciation de la judĂ©itĂ© profonde de Chagall et le rĂŽle essentiel de celle-ci dans la subjectivitĂ© crĂ©atrice » du peintre. Il semble aussi que l’humanisme moderne et ƓcumĂ©nique de Chagall soit difficile Ă  comprendre dans une postmodernitĂ© marquĂ©e par des replis identitaires qui reconstituent parfois la confusion du culturel et du religieux. On pourrait alors objecter la tendance de RaĂŻssa Ă  christianiser certaines Ɠuvres de Chagall. Cette tendance est fondĂ©e sur son expĂ©rience personnelle. Elle considĂšre non seulement qu’il existe un lien Ă©troit entre le judaĂŻsme et le christianisme, mais aussi que la conversion d’un Juif au christianisme ne signifie pas un rejet mais un dĂ©veloppement du judaĂŻsme. À propos de sa propre conversion, elle Ă©crit 54 R. MARITAIN, “RĂ©cit de ma conversion” rĂ©digĂ© en 1909, Cahiers Jacques Maritain, n° 7-8 1983, p. ... 55 Dans l’article sur Chagall qu’elle publie dans la revue L’Art SacrĂ© en 1950, elle s’appuie sur la C ... 56 N° 11-12, juillet 1950, p. 26-30. 57 Cette thĂšse est reprise par S. ALEXANDER, Marc Chagall An Intimate Biography, Paragon House Publi ... 58 Chez Maritain, l’identification des souffrances des Juifs Ă  la passion du Christ est trĂšs rare. Dan ... 25 LĂ  oĂč j’aurais craint de trouver lutte et opposition, je ne vis, Ă  ma grande joie, qu’unitĂ©, continuitĂ©, harmonie parfaite54 ». C’est dans cette perspective qu’elle reconnaĂźt le Christ dans la figure centrale de la Crucifixion blanche et d’autres Ɠuvres majeurs 55. Cette tendance, dĂ©jĂ  visible dans Chagall ou l’orage enchantĂ©, en 1943, s’affirme dans la revue L’Art SacrĂ© en 195056. RaĂŻssa, qui voit dans les Christ en Croix » de Chagall les Ɠuvres oĂč les caractĂšres permanents de son art apparaissent avec le plus d’évidence et atteignent Ă  la plĂ©nitude de leur signification », Ă©voque Ă  propos de la Crucifixion blanche la compassion du peintre » qui unit la Passion du Christ Ă  celle du Peuple Élu ». Dans chacun de ce qu’elle appelle ses tableaux chrĂ©tiens », Chagall aurait montrĂ© l’indissoluble union des deux Testaments. L’Ancien annonçant le Nouveau, et le Nouveau l’accomplissant ». Pour RaĂŻssa, le Chagall des annĂ©es 1938-1947 ne peint pas le Juif en Christ, mais le Christ en Juif 57. Cette interprĂ©tation semble difficile Ă  soutenir. Mais elle ne doit rien Ă  un refus de situer le peintre dans un temps et une Ă©poque prĂ©cises, la culture de la Yiddishkeit et la mĂ©moire des shtetlekh hassidiques de BiĂ©lorussie. Surtout, elle n’est pas fondĂ©e sur l’esthĂ©tique de Jacques Maritain ni sur la mĂ©taphysique qui la sous-tend 58. Jacques et RaĂŻssa formaient sans doute une couple fusionnel, mais pas au point de penser et sentir toujours exactement de la mĂȘme maniĂšre. D’Art et scolastique jusqu’à L’intuition crĂ©atrice, l’artiste est religieux quand il saisit les traces de Dieu dans les choses, et les recompose selon les lois propres de l’image, en toute autonomie par rapport aux lois de l’église, du temple ou de la synagogue. Autonomie qui, rĂ©pĂ©tons-le, ne signifie pas opposition. Mais l’esthĂ©tique de Maritain, qui est d’abord une poĂ©tique, fait de l’artiste religieux un devin et de son Ɠuvre un analogue de la crĂ©ation divine. Ce qui ne favorise guĂšre l’idĂ©e d’une subordination de l’art aux gestes d’un culte, aux mots d’un credo et aux espĂ©rances d’une rĂ©vĂ©lation. Au bon catholique Marek Szwarc, illustrateur attentif des exigences liturgiques et des Ă©noncĂ©s dogmatiques, Jacques Maritain prĂ©fĂ©ra toujours les Ă©nigmes chagalliennes, quitte Ă  admettre que bien souvent Chagall Ă©tait religieux sans le savoir. 59 My disc of gold. Itineray to Christ, p. II. 60 Et aussi la Stephankirche de Mayence, la chapelle des Cordeliers de Sarrebourg, la chapelle Notre-D ... 26Aujourd’hui, cette dĂ©finition de l’art religieux peut Ă©tonner. Il faut rappeler qu’au moment oĂč Maritain l’énonce, c’est-Ă -dire entre les annĂ©es vingt et les annĂ©es soixante, il en veut beaucoup aux clercs d’avoir fermĂ© les lieux de culte aux artistes qu’il aime. Dans l’introduction qu’il a donnĂ©e en 1961 Ă  My disc of gold du peintre amĂ©ricain William Congdon, il espĂšre qu’un jour Congdon will reach the precincts of sacred painting and ecclesiastical commissioning ». C’est pour ajouter aussitĂŽt qu’il s’agit lĂ  d’un privilĂšge that Rouault almost never had59 ». Almost », Ă  cause des trois vitraux de l’église du plateau d’Assy, glorieuses exceptions. On ne saurait comprendre l’attitude de Maritain si on la dissociait des combats, des rĂ©ussites mais aussi des Ă©checs, des dĂ©convenues et des amertumes de son ami Marie-Alain Couturier. Aujourd’hui, alors que les vitraux de Chagall ornent les cathĂ©drales de Metz et de Reims60, cette attitude peut sembler, d’un point de vue historique, quelque peu dĂ©passĂ©e. 27Autre sujet d’étonnement l’usage, ou plutĂŽt le non-usage que Maritain fait du mot sacrĂ©, rĂ©duit Ă  peu de choses, Ă  une affaire de commissions ecclĂ©siastiques ou de conservateurs du patrimoine. Il y aurait une Ă©tude Ă  faire sur la dĂ©fiance de toute une gĂ©nĂ©ration d’intellectuels catholiques envers ce concept de sacrĂ©, jugĂ© paĂŻen ou relativiste, alors mĂȘme qu’il envahissait l’anthropologie culturelle. Art et scolastique paraĂźt huit ans aprĂšs Les Formes Ă©lĂ©mentaires de la vie religieuse de Durkheim et peut Ă  certains Ă©gards en ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’antidote. Mais que se passerait-il si l’on appliquait Ă  la conception maritainienne de Chagall l’idĂ©e de sacrĂ© telle que la dĂ©veloppe non pas Durkheim – l’écart serait tout de mĂȘme trop grand – mais Roger Caillois, qui rompit avec le surrĂ©alisme en 1935 et publia L’homme et le sacrĂ© en 1939 ? Pour Caillois, le sacrĂ© nait de la rencontre d’au moins deux univers hĂ©tĂ©rogĂšnes, mais qui comportent cependant assez d’analogie pour que la rencontre, ou le passage, soit possible. Selon Maritain, le peintre-poĂšte, par la divination du spirituel dans le sensible, entre en contact avec des formes qui relĂšvent Ă  la fois de la transcendance et de l’immanence, puisqu’elles sont l’empreinte de Dieu dans les choses. Et il se les approprie. De maniĂšre au moins formelle, cette expĂ©rience ne s’approche t-elle pas de ce que Caillois appelle le sacrĂ© ? Pourrait-on lire Maritain en mettant sacrĂ© lĂ  oĂč il dit religieux, et vice-versa ? Oui, en identifiant l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© et la transcendance, c’est-Ă -dire en Ă©vacuant ce qui fonde toute l’Ɠuvre de Maritain, sa mĂ©taphysique. Il faut s’y rĂ©soudre le philosophe de Meudon peut nous aider Ă  dĂ©finir un art religieux, certainement pas un art sacrĂ©, et encore moins les traces du sacrĂ© dans l’art contemporain. Seitenanfang Anmerkungen 1 JĂ©sus le Christ dans l’Ɠuvre de Chagall, sous la direction de Pierre-Marie Beaude, UniversitĂ© de Metz, 2006. Le texte intĂ©gral de la thĂšse et le volume d’annexes iconographiques peuvent ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s Ă  partir du site de l’École Doctorale de l’universitĂ© Paul Verlaine de Metz. La Crucifixion Blanche peut ĂȘtre vue sur le site de l’institution qui la conserve, l’Art Institute de Chicago 2 105 eaux-fortes de 1931 Ă  1939, dont 39 planches reprises et achevĂ©es de 1952 Ă  1956. 3 C’est au plus tard en 1950, selon l’article publiĂ© par RaĂŻssa Maritain dans la revue L’Art SacrĂ© n° 11-12, juillet 1950, qu’à la demande de Couturier Chagall Ă©labore le projet d’une cĂ©ramique murale monumentale pour l’église de Notre-Dame de Toute GrĂące d’Assy ; il s’agit d’un Passage de la mer Rouge assorti de deux bas-reliefs en marbre blanc et deux vitraux aux teintes douces, destinĂ©s Ă  matĂ©rialiser les rites et les symboles du baptĂȘme. L’Ɠuvre n’est installĂ©e qu’en 1957. Deux ans plus tard Chagall accepte de rĂ©aliser sa seconde Ɠuvre d’église », les cartons des vitraux de deux baies du dĂ©ambulatoire nord de la cathĂ©drale de Metz. 4 Dans Grace, Necessity and Imagination Catholic Philosophy and the Twentieth Century Artist, confĂ©rence prononcĂ©e en 2005 dans le cadre des Clarke Lectures de Trinity College, Cambridge, publiĂ©e en anglais sous le titre Grace And Necessity Reflections on Art and Love – et en français sous le titre L’artiste et la grĂące. 5 . My disc of gold. Itineray to Christ, Reynal & Company, New York, p. II. 6 Selon M. DUVAUCHEL, L’esthĂ©tique oubliĂ©e de Jacques Maritain, un chemin de poĂ©sie et de raison, Publibook, Collection Sciences Humaines et Sociales, 2009. 7 Dont Stravinsky, qui reprend l’esthĂ©tique maritainienne dans sa PoĂ©tique musicale de 1945. 8 Le futur cardinal Charles Journet – Sur un chemin de croix de Marek Szwarc », Nova et Vetera 1 1932 44 – et le peintre Jean Bazaine – L’exposition Marek Szwarc », Esprit Mai 1934 p. 339 – se montrĂšrent plus sensibles que Maritain au talent de Marek Szwarc. 9 Georges Rouault peintre et lithographe, album ornĂ© de quatre lithographies originales timbrĂ©es, signĂ©es et numĂ©rotĂ©es Le Pitre, L’EcuyĂšre, Parade, Fille, publiĂ© chez E. Frapier, Ă©diteur, 1926. Maritain y exprime des idĂ©es que l’on va retrouver avec Chagall la peinture de Rouault tire sa vie de l’univers intime de l’ñme, des profondeurs de la vision intĂ©rieure et de l’intuition poĂ©tique, saisissant obscurĂ©ment, dans l’émotion, Ă  la fois la subjectivitĂ© du peintre et le mystĂšre du monde visible. » 10 Archives du Cercle d’Études Jacques et RaĂŻssa Maritain de Kolbsheim [AK], 2 juin 1929. 11 Non datĂ©, mais envoyĂ© de JĂ©rusalem, donc en 1931, archives de Kolbsheim. 12 25 mai 1932, archives de Kolbsheim. Fin 1929, les Chagall ont dĂ©mĂ©nagĂ© et achetĂ© une maison prĂšs de la Porte d’Auteuil, au 15 de l’avenue des Sycomores, dans la villa Montmorency. 13 AK, 14 AK, 15 Maritain est ambassadeur auprĂšs du Saint-SiĂšge de 1945 Ă  1948, Chagall ne rentre en France qu’en 1948. 16 AK, 17 AK, 18 J. MARITAIN, ƒuvres complĂštes [OC], vol. X, p. 267. 19 Ibid., p. 139. 20 Livre issu des six leçons donnĂ©es en 1952 Ă  la National Gallery of Art de Washington et publiĂ©es en anglais en 1953 sous le titre Creative intuition in Art and Poetry. 21 J. MARITAIN, Art et Scolastique, 1920, p. 35-42. 22 Mais sans l’exclure, en l’envisageant comme une sorte d’accĂ©lĂ©rateur du processus de crĂ©ation. Dans Chagall ou l’orage enchantĂ© [Texte achevĂ© Ă  New York en dĂ©cembre 1942, publiĂ© en 1943, rééditĂ© Ă  GenĂšve en 1948 et Ă  Paris en 1965, OC vol. XV], RaĂŻssa affirme que Chagall s’étonnait que l’on puisse concevoir un art sans mysticisme – mais qu’entendait-il par lĂ  ? 23 Art et scolastique, p. 35. Dans L’intuition crĂ©atrice dans l’art et la poĂ©sie, Maritain souligne que le procĂšs intellectuel » qui est Ă  la racine de l’acte crĂ©ateur est Ă©videmment sans parallĂšle Ă  la raison logique » le degrĂ© d’intellectualitĂ© supĂ©rieure » auquel atteint le contemplatif est bien une saisie immĂ©diate, intuitive, et non un cheminement discursif OC, vol. X, p. 146. 24 L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC vol. X, p. 108. Chagall a Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Meudon par des poĂštes, et Maritain aime Ă  rappeler que tous les grands peintres de l’époque avaient leur poĂšte, Max Jacob pour Picasso, Pierre Reverdy pour Braque, Apollinaire pour Chagall L’intuition crĂ©atrice, p. 267. 25 OC, vol. XV, p. 19. 26 J. MARITAIN FrontiĂšres de la PoĂ©sie et autres essais, Paris 1935, repris dans OC, vol. V, p. 699-700. La formule se retrouve dans Poetic Experience », The Review of Politics, vol. 6, No. 4, pp. 387-402, October 1944, elle est reprise par RaĂŻssa dans son Chagall ou l’orage enchantĂ© et par Jacques dans L’intuition crĂ©atrice. 27 L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC, vol. X, p. 140. 28 Je pense que Chagall est aujourd’hui le grand maĂźtre de l’image illuminatrice [
] Avoir mis la main sur ce bien propre des poĂštes est une conquĂȘtes authentiques de la peinture moderne », MARITAIN in L’intuition crĂ©atrice, p. 267 et 380. 29 New York mars-avril 1958, in OC, XV, p. 809. 30 R. MARITAIN, Chagall ou l’orage enchantĂ©, p. 22. 31 L’artiste-poĂšte selon Maritain est bien un devin, et non pas un messager. L’interprĂ©tation de Chagall comme messager se retrouve chez plusieurs critiques, dont FORAY qui Ă©crit [Chagall dans une nouvelle lumiĂšre, Stiftung Frieder Burda, Baden-Baden 2006, p. 188], Ă  propos de l’enthousiasme avec lequel Chagall a acceptĂ© la proposition d’Ambroise Vollard d’illustrer la Bible, que cet enthousiasme 
 tient Ă  la conception que Chagall se fait de l’artiste. Dans L’apparition de 1917- 1918 [Autoportrait avec la muse, MusĂ©e d’Etat russe, Saint-PĂ©tersbourg], le motif classique de l’Annonciation est rĂ©interprĂ©tĂ© la muse qui apparaĂźt Ă  l’artiste est un ange avec les ailes et la main levĂ©e dans l’attitude du Gabriel de l’iconographie classique c’est mĂȘme trĂšs exactement, inversĂ©e, l’attitude de l’ange de l’Annonciation du Greco du musĂ©e des Beaux-Arts de Budapest. Cette peinture, avec sa forte construction opposant deux zones du tableau le terrestre et le cĂ©leste est plus qu’une Ɠuvre profane sur le thĂšme de l’inspiration de l’artiste l’ange est le messager, non de ce qui doit advenir dans le tableau, mais de la source divine de l’inspiration. De sorte que le peintre, qui a reçu cette rĂ©vĂ©lation, devient Ă  son tour un messager ». En servant de contact entre deux mondes hĂ©tĂ©rogĂšnes, l’artiste-messager revĂȘt un caractĂšre non pas religieux mais sacrĂ©. On ne retrouve rien de pareil chez Maritain. 32 MARITAIN L’intuition crĂ©atrice dans l’art et dans la poĂ©sie, OC vol. X, p. 108. 33 Ibid, p. 107. 34 R. MARITAIN, Chagall ou l’orage enchantĂ©, vol. XV p. 30. 35 MARITAIN, L’intuition crĂ©atrice, p. 137-138. Outre Chagall, Maritain cite CĂ©zanne, Rouault, Van Gogh et Braque pour illustrer cette puissante pĂ©nĂ©tration des choses visibles de par la manifestation simultanĂ©e du Soi crĂ©ateur du peintre et des significations occultes saisies par lui dans la rĂ©alitĂ© ». 36 MARITAIN, Eaux-fortes de Chagall pour la Bible », Cahiers d’Art, 9e annĂ©e 1934, p. 84, repris in OC, vol. V, p. 774. 37 Cf. R. DESNOS, Chagall », Le Roseau d’or, 9, quatriĂšme sĂ©rie, Plon 1930, p. 133. Maritain considĂšre que Chagall est le premier surrĂ©aliste’ vĂ©ritable », mais avec des guillemets OC X p. 205. 38 Ce que confirme J. Maritain la saisie simultanĂ©e des choses et du Soi se fait par une expĂ©rience qui n’a pas d’expression conceptuelle et n’est exprimĂ©e que dans l’Ɠuvre de l’artiste » – MARITAIN, OC vol. X, p. 144-145. 39 R. MARITAIN, OC vol. XV, p. 810. 40 MARITAIN, p. 141, et R. MARITAIN, OC vol. XV, p. 773. 41 J. MARITAIN, Chagall », SĂ©lection, Cahier n° 6, repris dans FrontiĂšres de la poĂ©sie et autres essais en 1935, OC vol. V, p. 774. 42 Cahiers d’Art, 9e annĂ©e, 1934, p. 84 – texte repris aussi dans FrontiĂšres de la poĂ©sie. 43 OC vol. VIII, p. 975. 44 OC vol. X, p. 198-200. 45 Chagall ou l’orage enchantĂ©, OC vol. XV p. 17-44. 46 N° 11-12, juillet aoĂ»t 1950. 47 En 1930 la commande de Vollard pour l’illustrer l’Ancien Testament renforce son dĂ©sir de visiter la Palestine, le pays de la Bible ; il s’y rend effectivement en 1931. 48 CitĂ© par G. SCHMITT-REHLINGER, JĂ©sus Christ dans l’Ɠuvre de Marc Chagall, Metz 2006, p. 171. 49 Lors des obsĂšques de Bella, en septembre 1944, Maritain Ă©voque devant Marc Chagall le Dieu des Patriarches et des ProphĂštes, en lequel vous croyez et en lequel elle croyait », OC vol. VIII, p. 975. 50 R. MARITAIN, Chagall et l’orage enchantĂ©, OC XV p. 22, Jacques Maritain aux obsĂšques de Bella », et MARITAIN, Eaux fortes de Chagall pour la Bible, OC V p. 774. 51 AK, 15 avril 1955. Ce projet est Ă  l’origine du MusĂ©e national Message biblique de Nice. 52 OC vol. V, p. 776. Sur le rapport Ă  la poĂ©sie Maritain reprend ce que Chagall disait lui-mĂȘme Je ne voyais pas la Bible, je la rĂȘvais » et il anticipe sur plusieurs critique contemporains Chagall aime lire la Bible dans laquelle il trouve une source inĂ©puisable de poĂ©sie’ [
] Les histoires des patriarches et des prophĂštes [
] l’intĂ©ressaient d’ailleurs moins pour leur sens spĂ©cifiquement religieux que pour leur capacitĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer tout un monde d’images ». FORAY, Chagall dans une nouvelle lumiĂšre, Stiftung Frider Burda, Baden-Baden 2006, p. 188. 53 La Bible illustrĂ©e par Marc Chagall 1887-1985 un dialogue interculturel et son Ă©volution, Paris IV – Sorbonne, dĂ©cembre 2008. 54 R. MARITAIN, “RĂ©cit de ma conversion” rĂ©digĂ© en 1909, Cahiers Jacques Maritain, n° 7-8 1983, p. 77. 55 Dans l’article sur Chagall qu’elle publie dans la revue L’Art SacrĂ© en 1950, elle s’appuie sur la Crucifixion blanche de 1938 – qu’elle considĂšre comme la premiĂšre reprĂ©sentation du Christ par Chagall – mais aussi le Martyr de 1939, l’Obsession et la Crucifixion jaune de 1943, la Chute de l’ange achevĂ©e en 1947, l’Ange et le Christ de 1945, et la Descente de Croix de 1947. Elle prĂ©cise Chagall a sans doute peint d’autres fois le figure du Christ. Je parle ici de ce que j’ai vu » – L’Art SacrĂ©, n° 11-12, juillet 1950, p. 30. 56 N° 11-12, juillet 1950, p. 26-30. 57 Cette thĂšse est reprise par S. ALEXANDER, Marc Chagall An Intimate Biography, Paragon House Publishers, New-York 1988 quand Chagall dessine une crucifixion Ă  l’arriĂšre-plan du Songe de Jacob et de la crĂ©ation de l’homme, il suggĂšre au spectateur la rĂ©alisation chrĂ©tienne d’une prophĂ©tie vĂ©tĂ©rotestamentaire » citĂ© par SCHMITT- REHLINGER, p. 59. 58 Chez Maritain, l’identification des souffrances des Juifs Ă  la passion du Christ est trĂšs rare. Dans l’article qu’il a publiĂ© en 2004 dans la revue de l’AmitiĂ© judĂ©o-chrĂ©tienne, Yves Chevalier n’en trouve trace que dans le message radiodiffusĂ© du 5 janvier 1944, oĂč l’extermination des Juifs par les nazis, dĂ©finie comme la passion d’IsraĂ«l », a quelque chose de mystĂ©rieusement analogue avec la crucifixion. De nos jours, la passion d’IsraĂ«l prend de plus en plus distinctement la forme de la croix ». Ce message a peu Ă  voir avec les grands textes de Maritain, comme L’impossible antisĂ©mitisme 1937 oĂč il souligne la finalitĂ© propre d’IsraĂ«l comme peuple de Dieu. Cf. Y. CHEVALIER, Le combat de Jacques Maritain contre l’antisĂ©mitisme », Sens [revue de l’AmitiĂ© judĂ©o-chrĂ©tienne de France] no 8 aoĂ»t 2004, pp. 419-440. Voir aussi la prĂ©face que P. VIDAL-NAQUET donnĂ© Ă  la réédition de l’Impossible antisĂ©mitisme, Jacques Maritain et les juifs », DesclĂ©e de Brouwer 1994, rééd. 2003. 59 My disc of gold. Itineray to Christ, p. II. 60 Et aussi la Stephankirche de Mayence, la chapelle des Cordeliers de Sarrebourg, la chapelle Notre-Dame du Saillant, la FraumĂŒnster Kirche de Zurich, la All Saints Church de Tudeley, l’Union Church de Pocantico Hills, la synagogue de l’hĂŽpital Hadassah de JĂ©rusalem
Seitenanfang Zitierempfehlung Papierversionen RĂ©gis Ladous, „Marc Chagall et les Maritain“, Revue des sciences religieuses, 84/4 2010, 545-560. Online-Version RĂ©gis Ladous, „Marc Chagall et les Maritain“, Revue des sciences religieuses [Online], 84/4 2010, Online erschienen am 01 Dezember 2015, abgerufen am 29 August 2022. URL DOI
ï»żĂ‰critentre 1930 et 1944, Paroles figure parmi la poĂ©sie la plus lue de son temps et constitue une Ɠuvre marquante pour PrĂ©vert. Sans ponctuation ni style proprement dĂ©fini, le recueil de textes reste nĂ©anmoins publiĂ© sous la forme d'un corpus qui regroupe des textes courts de quelques lignes voire d'une ligne unique, et des textes plus 14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 0936 NOUVEL ARTICLE SUR PHILO "L'EUTHANASIE" Partager cet article commentaires M bonjour grand frĂšre, me voici revenue aprĂšs 15 jours sans internet... nous avons bien emmĂ©nagĂ©.. bise RĂ©pondre G gegouska 20/11/2009 1723 RĂ©pondre P philippe41505 20/11/2009 1549 bonjjour daniel toujours le soleil pour te souhaiter un bon vendredi...pas de chassĂ©/croisĂ©, pas de brocantes ça me fait tout drĂŽle d'arriver sur un week end sans ces occupations sutout par ce temps on ne se croirait jamais le 20/11 ça perturbe aussi...enfin je vais m'y faire bonne journĂ©e amitiĂ© philippe RĂ©pondre M Miss AgnĂšs 19/11/2009 2206 Juste pour le plaisir, de venir te voir, et te dĂ©poser un petit coeur, rempli de toute mon amitiĂ© et te laisser de gros bisous douce nuit AgnĂšs RĂ©pondre F florence 19/11/2009 2008 Bsoir mon grd frĂšre, J'espĂšre que tu as passĂ© une bonne jrnĂ©e et que tt va bien pour ta femme... Moi, j'ai vu ma diabĂ©tologue, mon diabĂ©te super, mais j'ai un trĂšs gros problĂšme d'hypertension artĂ©rielle qui ne me lĂąche pas. J'ai encore un comprimĂ© de plus Ă  prendre pour pallier Ă  ce problĂšme, ça va m'en faire rien que pour cela, 5 par jour...! Mais bon cela fait partie des consĂ©quences de ma maladie...! Sinon, ns avons emmenĂ©s notre petite LoĂŻs chez le vĂ©to et l'avons faite euthanasier. En l'espace de 3 jrs rĂ©tamĂ©e par une scepticĂ©mie dĂ©butĂ©e par ses chaleurs, Ă  l'utĂ©rus et cela avait atteind un poumons et les reins....! Il ns a bien dit que s'il l'opĂ©rait, elle n'en reviendrait pas et que lĂ  il ne lui restait que qques heures Ă  vivre...Donc, ns n'avons pas attendu...! Mon mari pleure tt son saoul et moi j'ai la gorge serrĂ©e mais n'arrive pas Ă  sortir une larme...! Il ns reste sa fille de 12 ans pour le moment !! Demain grd verdict pour mes yeux, j'espĂšre que je n'aurai pas encore une mauvaise nvelle..! Je te souhaite une trĂšs bonne soirĂ©e et douce nuit, avec tous mes GROS GROS RĂ©pondre C CHANTOU VIVE LA VIE 19/11/2009 1751 Bonsoir Daniel, je passe te souhaiter une bonne soirĂ©e, je t'embrasse. RĂ©pondre L lisette334 19/11/2009 1744 excuse moi daniel j'ai voulu te mettre une image sa l'a pas fait,,,,hihihihihihihi, annule mon com;;; RĂ©pondre P philippe41505 19/11/2009 1019 bojour daniel le soleil est encore au rendez vous si ça continue nous allons passer noel au balcon...enfin je ne me plains pas loin de lĂ  j'avais du retard dans le jardin que je rattrappe petit Ă  petit bonne journĂ©e amitiĂ© philippe RĂ©pondre M coucou bonjour dany tu vas bien ici nous avons un beau soleil malgrĂ©s le brouillard de ce matin une belle journĂ©e s'annonce je te fais de gros bisous passe un bon jeudi mon ami RĂ©pondre F florence 19/11/2009 0755 Bjr Dany, Bon ben je vois que ta femme cumule les problĂšmes de santĂ©...! Il y a des pĂ©riodes ainsi oĂč on arrĂȘte pas !! Moi aussi, je suis comme toi, j'en ai franchement marre de passer ma vie entre les mains des mĂ©decins et cela dure depuis 1971....!! Rare sont les semaines oĂč je n'ai pas un rdv avec l'un d'eux !! Hier psy, auj. diabĂ©tologue et demain ophtalmo. C'est mon mari qui est gentil sur ce coup car c'est tjrs lui qui m'y emmĂšne sur Dijon car Beaune est pauvre en bons mĂ©decins..! Sinon, j'espĂšre que son examen se passera bien et que le rĂ©sultat ne sera pas grave. Je vous souhaite une bonne jrnĂ©e avec tous mes GROS GROS BISOUS. Flo RĂ©pondre F florence 18/11/2009 1753 Bjr grd frĂšre, j'espĂšre que tt va bien ainsi que ta femme pour ses yeux...Ouf auj. ns n'avons pas eu de pluie et c'est pas plus mal car il y en avait un peu marre de la flotte...!! La mĂšre york de 14 ans que ns avons est en train de nous lĂącher et ns ne verrons le vĂ©to que demain ap-midi, aprĂšs que ns soyons rentrĂ©s de Dijon oĂč je vais voir ma diabĂ©tologue...! j'espĂšre que pour ma chienne c'est pas trop grave, mais je me prĂ©pare au pire, vu son Ăąge. Elle ne mange plus depuis deux jrs, bois Ă©normĂ©ment, "pisse" sans arrĂȘt...!, et elle a du mal Ă  tenir sur ses pattes...! Sinon, le reste va pas mal. Je te souhaite une bonne soirĂ©e et douce nuit avec tous mes GROS GROS BISOUS. Flo RĂ©pondre M coucou bonjour dany un trĂ©s grand homme monsieur prĂ©vert j'avais jamais pensĂ© a cela pour la merveille du monde et c'est bien vrais l'amour passe avant tout passe une douce journĂ©e de gros bisous d'amitiĂ© RĂ©pondre P philippe41505 18/11/2009 1002 bonjour daniel j'espĂšre que le rĂ©sultat que tu as eu Ă  dijon Ă©tait ecellent.... ici temps doux aussi mais gris je vais continuer Ă  bosser dehors bonne journĂ© e + philippe RĂ©pondre G gegouska 17/11/2009 1750 RĂ©pondre R Bonjour et bonne fin d'aprĂšs midi Ă  toi Daniel! Merci d'ĂȘtre venu me voir sur mon blog! Ă  bientĂŽt gros bisous Ramabro RĂ©pondre P philippe41505 17/11/2009 1042 bonjuor daniel c'est sous un mardi pluvieux ue je viens te souhaiter un bon mardi bonne journĂ© eĂ  toi amitiĂ© philippe RĂ©pondre M coucou bonjour dany j'espĂ©re que tu vas bien je te fais de gros bisous passe une douce journĂ©e RĂ©pondre R Bonsoir et bonne soirĂ©e Ă  toi mon ami Daniel! je reviens de week end , et j'ai commencĂ©e Ă  visitĂ©e mes blogs prĂ©fĂ©rĂ©s! Merci d'ĂȘtre venu me voir sur mon blog! Ă  bientĂŽt gros bisous Ramabro RĂ©pondre L lisette334 16/11/2009 2124 un autre secret mon daniel;;; tu ve voir les derniers coms en premier sans faire defiler ta page??? va dans administratio, configurer, mise en page, et lĂ  tu tape sur le marteau du mot article que tu as au milieu ;et lĂ  tu regarde l'ordre que tu ve qui arrive, valide, et c'est dans la poche,,, RĂ©pondre G gegouska 16/11/2009 1848 RĂ©pondre L lisette334 16/11/2009 1710 impec , bonjour monsieur daniel content de voir votre tĂ©te chez moi, hihihihihi,, tu vois que c'est fastoche, t'es un bon,,,bisou,, RĂ©pondre F florence 16/11/2009 1651 Kikou gd frĂšre, j'espĂšre que tu vas bien. Moi ça va. J'arrive d'aller bosser une heure ds le jardin et tt d'un coup tt devient tt noir....! Je dois porter la poisse !! C'est bien que tt ce passe bien pour ta femme, vs allez y retourner une fois cette semaine et ce sera terminĂ©, du moins je vs le souhaite... Je te souhaite une bonne fin d'ap-midi, une bonne soirĂ©e et douce nuit Ă  l'avance avec tous mes GROS GROS BISOUS. Flo RĂ©pondre L lisette334 16/11/2009 1547 ben sa suffit pas il faut que tu aille lĂ ; apres tu t'inscrit et tu suis la marche Ă  suivre, et si tu fais ce qui faut tu arrivera chez moi ou chez tes fav ,tranquille, hihihihihihi, si t'a besoin je suis lĂ ,, RĂ©pondre L lisette334 16/11/2009 1403 un bon oeuf dur qui rassasie,, c'est sur que les rĂ©ves que l'on doit faire quand on crĂ©ve de faim et se remĂ©morer celĂ ,,,,; bonne journĂ©e daniel ,merci pour tes compliments sur ma modeste demeure,,,hihihihihi, quand fait tu ton gravatar que je puisse voir ton visage chez moi, ??? c'est fastoche,,,bisette RĂ©pondre P philippe41505 16/11/2009 1123 bonjour daniel content pour ton Ă©pouse...super salon hier maitenant faut tout ranger jusqu'au printemps brocantes et manifs de ce genre c'est terminĂ© bon lundi amitiĂ© philippe RĂ©pondre S Sonya972 16/11/2009 0051 trĂšs beau texte de Jacques PrĂ©vert l'euthanasie quel grand sujet sans solution... je te souhaite une trĂšs belle semaine gros bisous RĂ©pondre F florence 15/11/2009 1959 Bsoir mon grd frĂšre, Ils ont de la chance ceux qui peuvent aller ailleurs juste en pensant...! Moi je n'ai jamais eu cette facultĂ© et cela me manque souvent de ne pas pouvoir m'Ă©vader..! Sinon en te lisant chez Lisette, je constate que tu as passĂ© ton dimanche en robe de chambre...! Ben moi aussi figures-toi, car je voulais aller bosser ds le jardin et il c'est mis Ă  tomber des cordes ce matin vers 10h et lĂ  cela continue. La fĂȘte du vin est bien arrosĂ©e par la flotte..!! Je te souhaite une bonne soirĂ©e et douce nuit avec tous mes GROS GROS BISOUS. Flo PS j'ai reçu un mail de notre petite soeur, elle va trĂšs bien et attend tjrs son branchement ... RĂ©pondre G gegouska 15/11/2009 1800 RĂ©pondre C CHANTOU VIVE LA VIE 15/11/2009 1718 J'ai cliquĂ© deux fois sur philo Ă  2 mais page introuvable ! je suis pour l'euthanasie mais avec surveillance pour Ă©viter les abus. Chacun a le droit de mourir dans la dignitĂ©. RĂ©pondre L lisette334 15/11/2009 1718 le progĂ©s,devrais nous permettre d'avoir du temps,,, mais c'est le contraire qui se passe,,lol; bonne soirĂ©e mon daniel bisette RĂ©pondre C CHANTOU VIVE LA VIE 15/11/2009 1714 Bonsoir aniel, j'Ă©tais partie sur center puis revenue ! merci pour ton passage. j'aime bien PrĂ©vert. Bonne soirĂ©e, bises. RĂ©pondre G gegouska 14/11/2009 1936 RĂ©pondre B beautemps 14/11/2009 1753 super dĂ©finition de la sublime merveille - bonne soirĂ©e RĂ©pondre L lisette334 14/11/2009 1352 je pe Ă©tre ailleurs en rĂ©vant mon cher daniel,,,oui seulement en rĂ©vant,,lol; pour le sujet de la philo j'irai dĂ©s que j'ai un moment ,,bisoute du samedi,,, RĂ©pondre P philippe41505 14/11/2009 1022 bonjjour sabiel j'espĂšre que l'opĂ©ration de ton Ă©pouse s'est ien passĂ©e....c'est encore sous un soleil radieux que je viens te souhaiter un bon week end demain j'expose dans un salon de collectionneurs Ă  blois donc je ne passerai pas amitiĂ© philippe RĂ©pondre
Commentairede texte: Barbara - Paroles, Jacques PrĂ©vert, 1946. Recherche parmi 274 000+ dissertations . Par . Virginie Cappelli ‱ 15 Juin 2017 ‱ Commentaire de texte ‱ 1 149 Mots (5 Pages) ‱ 1 510 Vues. Page 1 sur 5 S6 - LA 3 : Jacques Prevert, “Barbara”, Paroles, 1946. Jacques Prevert est un poete et scenariste du XX influence par le surrealisme, mouvement poetique
Page d'Ă©criture de PrĂ©vert Le poĂšme de Jacques PrĂ©vert "Page d'Ă©criture" m'a incitĂ© Ă  aller jusqu'au bout de la dĂ©marche d'illustration. Je le reproduis aussi ici pour votre plaisir, du moins je le souhaite ! L'animation page d'Ă©criture de PrĂ©vert Bonne animation... Retrouverez-vous le texte au fond de votre mĂ©moire ? PrĂ©vert en gif animĂ©. D'aprĂšs Jacques PrĂ©vert Paroles, 1945. Illustrations et Animation Louis CHATEL. Le texte de "page d'Ă©criture" Si vous ne vous rappelez pas le texte je le reproduit ici pour votre plaisir, du moins l'espĂšre. Page d'Ă©criture Deux et deux quatre quatre et quarte huit huit et huit font seize
 RĂ©pĂ©tez ! dit le maĂźtre Deux et deux quatre quatre et quatre huit huit et huit font seize. Mais voilĂ  l’oiseau lyre qui passe dans le ciel l’enfant le voit l’enfant l’entend l’enfant l’appelle Sauve-moi joue avec moi oiseau ! Alors l’oiseau descend et joue avec l’enfant Deux et deux quatre
 RĂ©pĂ©tez ! dit le maĂźtre et l’enfant joue l’oiseau joue avec lui
 Quatre et quatre huit huit et huit font seize et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ? Ils ne font rien seize et seize et surtout pas trente-deux de toute façon ils s’en vont. Et l’enfant a cachĂ© l’oiseau dans son pupitre et tous les enfants entendent sa chanson et tous les enfants entendent la musique et huit et huit Ă  leur tour s’en vont et quatre et quatre et deux et deux Ă  leur tour fichent le camp et un et un ne font ni une ni deux un Ă  un s’en vont Ă©galement. Et l’oiseau lyre joue et l’enfant chante et le professeur crie Quand vous aurez fini de faire le pitre Mais tous les autres enfants Ă©coutent la musique et les murs de la classe s’écroulent tranquillement Et les vitres redeviennent sable l’encre redevient eau les pupitres redeviennent arbres la craie redevient falaise le port-plume redevient oiseau. Jacques PrĂ©vert Paroles, 1945 © Editions Gallimard, 1949 La vidĂ©o de "Page d'Ă©criture" Toutes les animations de Louis CHATEL sur PrĂ©vertPour complĂ©ter la lecture vous pouvez aller consulter les autres billets un clic sur l'imageBillet mis Ă  jour * par Louis CHATEL le 8/02/2021* il y avait en particulier une erreur de lien vers le gif animĂ©... Spotlight Bienvenus chez Louis CHATEL Soyez les bienvenus sur le blog de Louis CHATEL *, blog gĂ©nĂ©raliste sans ligne Ă©ditoriale, on y trouve de tout selon l'humeur du moment, par exemple des astuces pour PowerPoint , des billets sur le Management , des calculs sur des sujets divers... Le billets les plus consultĂ©s de la semaine BĂąbord ou tribord ? Pour ne pas confondre bĂąbord et tribord , il existe plusieurs moyens mnĂ©motechniques, je ne me rappelle plus du premier qu'on m'avait donnĂ©, c'Ă©tait il y a longtemps. Vous vous sentez l'Ăąme d'un navigateur ? Je vous propose de naviguer sur l'origine de ces termes, ça va en effet constituer le sujet du jour illustrĂ© par Louis CHATEL . C'est arrivĂ© le 21 juin 2003 Quel Ă©vĂšnement en juin 2003 pour justifier un billet sur le blog de Louis CHATEL ? Voire quel est le rapport entre un appareil photo et un paquet de cigarettes ? J'y viens ! Vous avez dit mail ? Quand on parle de mail, le commun des mortels repense Ă  cette plĂ©thore de trucs identifiĂ©s non lus dans sa BAL BoĂźte Aux Lettres, acronyme dĂ©diĂ© au monde virtuel, ou plutĂŽt dĂ©matĂ©rialisĂ©, monde oĂč se passent maintenant la majoritĂ© des Ă©changes entre individus. Qui dit mail fait penser souvent Ă  l'objectif rĂ©curent " RĂ©duire le nombre de mails ", sujet dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans ces billets on ne rĂ©duit pas le nombre de mails, on supprime les inutiles ! Mais compte tenu du nombre de billets sur le sujet, il est temps de prendre du recul et d'en faire la synthĂšse. Du cumul des mandats Le cumul des mandats revient Ă  l'ordre du jour, certains en parlent dans les mĂ©dias, voire sont en train de rĂ©diger une proposition de loi en ce sens, pour des motifs lĂ©gitimes selon eux, bien entendu ! Le sujet mĂ©rite rĂ©flexions, il est temps de partager celles que je dĂ©fends depuis longtemps. La question pour certains dĂ©tracteurs se concentre sur le cumul des indemnitĂ©s, c'est Ă  mon sens un autre sujet mĂȘme si c'est plafonnĂ© cette question mĂ©riterait aussi d'ĂȘtre traitĂ©e, mais pas seulement au sens du cumul mais surtout au niveau du montant de ce fameux plafond que vaut un politique dans une dĂ©marche de job grading ?. LĂ  je vais essayer de ramener le sujet Ă  une question simple de mission, de durĂ©e et de charge de travail. Copain ou ami ? L'amitiĂ© ? En voilĂ  une bonne question. Je ne vais pas vous faire une dissertation sur ce sujet passionnant, ce n’est ni le lieu ni le moment, mais je vais quand mĂȘme consacrer un petit article sur le sujet. De la gestion des acronymes Un acronyme est un mot formĂ© des initiales ou des Ă©lĂ©ments initiaux de plusieurs mots, se prononçant comme un mot normal et non pas lettre par lettre. Une abrĂ©viation est le raccourcissement d'un mot ou d'un groupe de mots, reprĂ©sentĂ©s alors par un caractĂšre ou un groupe de caractĂšres issus de ce mot. M. pour Monsieur en est un bon exemple. Le point autre que celui de fin de phrase est souvent l'indice d'une abrĂ©viation
 Que ce soit un acronyme ou une abrĂ©viation, on peut supposer que celui qui l’utilise dans un Ă©crit en connaĂźt la signification mais qu’en est-il pour le lecteur ? CrĂ©ativitĂ© selon Disney Pour rĂ©aliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rĂȘver. Ensuite, rĂ©veillez-vous calmement et allez d’un trait jusqu’au bout de votre rĂȘve sans jamais vous laisser dĂ©courager. » – Walt Disney Disney avait une mĂ©thode de crĂ©ativitĂ© bien Ă  lui c'est quand mĂȘme lui l'inventeur du story-board !. La mĂ©thode ? A propos de prĂ©sentation Ă  distance Le sujet du jour A propos de prĂ©sentation Ă  distance ou de la bonne utilisation de la surface de l'Ă©cran d'ordinateur fixe ou portable, voire tablette ou smartphone dans le cas d'une vidĂ©o enregistrĂ©e . Suivre des MOOCs pourquoi faire ? Dans sa version initiale, ce billet commençait par "Avoir une activitĂ© professionnelle normale et une vie sociale bien remplie *, ça laisse peu de temps pour le reste. Alors la question du suivi de MOOCs cours en ligne peut lĂ©gitimement se poser, d’autant plus si ce suivi devient massif. " Depuis ma cessation d'activitĂ© dispense puis retraite, la rĂ©partition des tĂąches a quelque peu Ă©voluĂ©, la pandĂ©mie ayant d'ailleurs quelque peu chamboulĂ© les emplois du temps, mais depuis 2015 il convenait d'actualiser les donnĂ©es lĂ  mise Ă  jour juillet 2022. Poster un petit com' Poster un commentaire sur un blog n'est plus tellement courant maintenant avec l'explosion des rĂ©seaux sociaux c'est surtout dans ces derniers qu'on va Ă©changer. Pourtant il y 20 ans, c'Ă©tait un mode d'Ă©change dĂ©veloppĂ©, avec l'avĂšnement du les personnes pouvaient enrichir les pages. Plein de sites ont d'ailleurs ajoutĂ© cette possibilitĂ© pour permettre les commentaires Ă  leurs articles. Suite Ă  un commentaire reçu rĂ©cemment, façon Madeleine de Proust, je suis allĂ© ressortir ce vieux billet de 2006, mis Ă  jour en 2007, pour en profiter pour rappeler quelques fonctionnalitĂ©s associĂ©es Ă  ces commentaires. Letemps qui nous est accordĂ© sur Terre est une source prĂ©cieuse. Il faut vivre le moment prĂ©sent intensĂ©ment. Semer les graines de douceur et de bonheur autour de soi. Proclamer la paix et l'amour, sans condition. Ainsi, lorsque le moment sera venu, notre mission de vie, aura Ă©tĂ© accomplie. - Une citation de JoĂ«lle Laurencin NĂ© d’un montage de Paroles, Spectacle, Choses et autres et Imaginaires de Jacques PrĂ©vert et de L’Africain de J-MG Le ClĂ©zio, ce spectacle pĂ©tillant nous entraĂźne dans l’histoire d’une jeune fille, ses souvenirs, ses doutes et ses confessions
 Le rĂ©alisme et le concret de J-MG Le ClĂ©zio viennent Ă  la fois rompre et soutenir le burlesque, l’humour et la fantaisie de PrĂ©vert qui joue avec les mots, les attrape et s’en amuse, les associant, les opposant, les dĂ©tournant et les faisant sonner les uns contre les autres. Deux auteurs, deux styles et deux comĂ©diennes sur scĂšne pour essayer d’ĂȘtre heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple » comme disait Jacques PrĂ©vert. Les mots de Jacques PrĂ©vert et de J-MG Le ClĂ©zio pour cĂ©lĂ©brer la vie et l’amour ! NOTE DE MISE EN SCÈNE, Eglantine Perreau et Apolline Bercholz. Notre attachement Ă  la poĂ©sie de PrĂ©vert en est Ă  l’origine son style iconoclaste, joyeux et violent parfois, ses paroles, traversent le temps et les gĂ©nĂ©rations. Il Ă©crit comme il parle et c’est pourquoi ses histoires sont si belles et vraies. Il nous tient Ă  cƓur d’aborder des sujets dont l’écho rĂ©sonne en chacun de nous. Une fois assemblĂ©s, ces extraits de textes retracent une gĂ©ographie intĂ©rieure. Notre choix s’est portĂ© sur ces deux auteurs au style si diffĂ©rent. Le dĂ©coupage du texte a Ă©tĂ© rĂ©flĂ©chi de façon Ă  suivre l’histoire d’une jeune fille. Elle raconte ses aventures de vie, ses aborde le sujet de la famille, de l’abandon, son enfance, ses joies et ses dĂ©tresses, avec des surgissements de pensĂ©s, des doutes et des deux incarnons cette jeune fille. Par ce choix, transparait la complexitĂ© et les contradictions d’un ĂȘtre humain. Bien que complices, dĂ©saccords et conflits intĂ©rieurs surviennent. C’est une parole commune qui est entendue; Ă  certains moments nos deux voix se rejoignent et ne font qu’une, pour ensuite se sĂ©parer. La musique, Ă  laquelle nous accordons une grande importance accompagne le texte. Aussi bien du Mozart et du Mendelssohn que du Gipsy Kings. La musique est la vapeur de l’art. Elle est Ă  la poĂ©sie ce que la rĂȘverie est Ă  la pensĂ©e, ce que le fluide est au liquide, ce que l’ocĂ©an des nuĂ©es est Ă  l’ocĂ©an des ondes. » Victor Hugo LES AUTEURS, Jacques PrĂ©vert et J-MG Le ClĂ©zio. JACQUES PRÉVERT Il y a sur cette terre des gens qui s’entre-tuent. C’est pas gai, je sais. Il y a aussi des gens qui s’entre-vivent. J’irai les rejoindre » Jacques PrĂ©vert est un poĂšte et scĂ©nariste français. Son premier grand succĂšs est le recueil de poĂšmes, “Paroles“. Il devient un poĂšte populaire grĂące Ă  son langage familier et Ă  ses jeux de mots. Ses poĂšmes sont appris dans les Ă©coles par nombre de petits français. En 1925, il participe au mouvement surrĂ©aliste oĂč il y rencontre Marcel Duchamp, Raymond Queneau, Yves Tanguy et AndrĂ© Breton, et bien d’autres encore. Son engagement politique est trĂšs marquĂ©. SurrĂ©aliste inclassable, certains n’hĂ©sitent pourtant pas Ă  le rattacher au courant libertaire. Cet engagement est Ă  l’origine de belles rĂ©ussites mais aussi d’échecs
Une anecdote
 Le 12 octobre 1948, Ă  Paris, lors d’une interview, il tombe d’une porte-fenĂȘtre et reste plusieurs jours dans le coma. Pierre BergĂ© qui passait par lĂ  en a Ă©tĂ© tĂ©moin, le jour mĂȘme de sa toute premiĂšre arrivĂ©e dans la capitale, alors qu’il se promenait sur les Champs-ÉlysĂ©es. J-MG LE CLÉZIO “Par le langage, l’homme s’est fait le plus solitaire des ĂȘtres du monde, puisqu’il s’est exclu du silence.”Jean-Marie Gustave Le ClĂ©zio, est un Ă©crivain de nationalitĂ©s française et mauricienne. Il est nĂ© dans une famille bretonne son nom signifie les enclos» en breton. Son pĂšre est mĂ©decin de brousse en Afrique. Il s’agit d’ailleurs de son histoire et de sa relation avec son fils dans le roman l’Africain ». Le fameux. Il est donc au long de sa carriĂšre influencĂ© par ses origines familiales, par ses voyages et par son goĂ»t marquĂ© pour les cultures amĂ©rindiennes. Dans certains de ses romans, Le ClĂ©zio laisse une large part Ă  l’onirisme et au mythe ; d’autres traitent de sujets plus personnels et sont autobiographiques. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, romans, contes, nouvelles et essais. La contestation est un caractĂšre permanent dans son petits plus
 Le prix Nobel de littĂ©rature lui est dĂ©cernĂ© en 2008 pour l’ensemble de son Ɠuvre. Jean-Marie Gustave Le ClĂ©zio est nommĂ© officier de la LĂ©gion d’honneur le 1er janvier 2009. Il vit en Chine aprĂšs avoir vĂ©cu au nouveau Mexique Etats-Unis. Ses parents, Raoul et Simone, sont cousins. LES COMÉDIENNES, Eglantine Perreau et Apolline Bercholz. EGLANTINE PERREAU AprĂšs avoir passĂ© son Bac LittĂ©raire en spĂ©cialisation Arts Plastiques, Eglantine intĂšgre le cursus professionnel des Cours Florent qu’elle complĂšte avec un cursus d’Acting in English et des cours d’improvisation. En 2018 elle participe Ă  la crĂ©ation du Temps des Fleurs » Ă©crite et mise en scĂšne par JosĂ©phine Ancian. Elle monte aussi sa premiĂšre piĂšce Le temps qui nous sĂ©pare de la foudre » créée Ă  partir de textes de Jacques PrĂ©vert et JMG Le ClĂ©zio, qui voit le jour au sein des Cours Florent. Dans la foulĂ©e, elle dĂ©croche le premier rĂŽle d’un long mĂ©trage Poetry l’enfant soir », rĂ©alisĂ© par Clothilde Leclerc. Elle participe Ă©galement Ă  la crĂ©ation Bonnet d’ñme », librement adaptĂ©e du roman Chagrin d’école » de Daniel Pennac, mise en scĂšne par PĂ©tronille de Saint Rapt au Teatro Da Barraca, Ă  Lisbonne dans le cadre de la premiĂšre Ă©dition du Festival des Caravelles d’Automnes. APOLLINE BERCHOLZ AprĂšs avoir passĂ© son bac littĂ©raire en spĂ©cialisation théùtre, Apolline intĂšgre le cursus professionnel des Cours Florent, qu’elle complĂšte avec une formation de masque. En 2017, elle joue dans les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es Charon, rĂ©alisĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Schoendoerffer et Maman a tort de François Velle. Puis, en 2018, elle monte son premier spectacle Les Suppliantes d’Eschyle dans lequel elle tient le premier rĂŽle. Avec ce rĂŽle elle gagnera le Jacques de la meilleure actrice. Dans le mĂȘme temps, elle accompagne Eglantine Perreau dans sa premiĂšre crĂ©ation Le temps qui nous sĂ©pare de la Foudre ». En 2018 et 2019, elle rejoint plusieurs tournages de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es France 3, notamment Candice Renoir rĂ©alisĂ© par JĂ©rĂŽme Rafalovicz, Tandem, rĂ©alisĂ© par Corinne Bergas, ainsi qu’un tĂ©lĂ©film L’aigle de sang» rĂ©alisĂ© par Christophe Douchand. Dans la foulĂ©e, elle suit une stage intensif Ă  l’ESTBA, Ă©cole supĂ©rieure de théùtre de Bordeaux Aquitaine sous la direction de Franck Manzoni. Enfin, elle rĂ©alise son premier court-mĂ©trage Je suis un bar clandestin » dans le cadre du Nikon Film Festival en 2020. FacebookTwitter Pinterest Jacques PrĂ©vert est nĂ© Ă  Neuilly-sur-Seine dans une famille modeste. Il a fait son service militaire pendant lequel il rencontre le peintre Yves Tanguy, qui l’approche au surrĂ©alisme. Mais tĂŽt il rompt avec le surrĂ©alisme et il s’engage dans une poĂ©sie plus personnelle. Il commence aussi Ă  travailler Ă  des films publicitaires [] On croit que c’est facile de ne rien faire du tout au fond c’est difficile c’est difficile comme tout il faut passer le temps c’est tout un travail il faut passer le temps c’est un travail de titan Ah ! du matin au soir je ne faisais rien rien ah ! quelle drĂŽle de chose du matin au soir du soir au matin je faisais la mĂȘme chose rien ! je ne faisais rien j’avais les moyens ah ! quelle triste histoire j’aurais pu tout avoir oui ce que j’aurais voulu si je l’avais voulu je l’aurais eu mais je n’avais envie de rien rien Un jour pourtant je vis un chien ce chien qui me plut je l’eus c’était un grand chien un chien de berger mais la pauvre bĂȘte comme elle s’ennuyait s’ennuyait d’ son maĂźtre un vieil Ecossais j’ai achetĂ© son maĂźtre j’avais les moyens ah ! quel drĂŽle d’écho oh ! ' quel drĂŽle d’Écossais c’était que le berger de mon chien toute la journĂ©e il pleurait toute la nuit il sanglotait ah ! c’était tout Ă  fait insensĂ© l’Ecossais dĂ©pĂ©rissait il ne voulait rien entendre il parlait mĂȘme de se pendre J’aime mieux mes moutons chantait-il en Ă©cossais et le chien aboyait en l’entendant chanter j’avais les moyens j’achetai les moutons je les mis dans mon salon alors ils broutĂšrent mes tapis et puis ils crevĂšrent d’ennui et dans la tombe l’Écossais les suivit ah ! et le chien aussi C’est alors que je partis en croisiĂšre Pour-me-calmer-me8-petits-nerfs.
Lesarchives par sujet : texte majeur de philippe torreton DÚs le mardi 15 et jusqu'au lundi 21 novembre, notre sélection vous permettra de découvrir la diversité des Prestigieux Vins des Hospices de Beaune et des Grands Climats de Bourgogne. Un demi siÚcle de vins des Hospices de Beaune. Pour vous permettre de juger du potentiel des grands vins du fameux domaine des
17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 2332 6. Deburau rĂ©inventĂ© "Les Enfants du Paradis et le XIX° siĂšcle de Jacques PrĂ©vert" par Mme DaniĂšle GASIGLIA-LASTER. Texte publiĂ© dans "L'invention du XIX° siĂšcle II, le XIX° siĂšcle au miroir du XX°", Librairie Klincksieck, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2002. Ce texte a Ă©tĂ© mis Ă  disposition des internautes avec l'aimable autorisation de DaniĂšle Gasiglia-Laster - DaniĂšle Gasiglia-Laster Critique littĂ©raire ; ses travaux et publications sont axĂ©s sur trois auteurs Victor Hugo, Marcel Proust et Jacques PrĂ©vert; a prĂ©sentĂ©, Ă©tabli et annotĂ©, en collaboration avec Arnaud Laster, l'Ă©dition dans la BibliothĂšque de la PlĂ©iade des Oeuvres complĂštes de Jacques PrĂ©vert ; auteur de la biographie Jacques PrĂ©vert, celui qui rouge de coeur », parue chez SĂ©guier. Le film Les Enfants du paradis a inscrit dans notre mĂ©moire collective une des reprĂ©sentations les plus spectaculaires du XIX° siĂšcle. La proposer Ă  la rĂ©flexion dans un colloque comme celui-ci m'a donc paru s'imposer. La matiĂšre est si vaste que j'ai dĂ©cidĂ© de m'en tenir au scĂ©nario original de Jacques PrĂ©vert tel qu'il a Ă©tĂ© rĂ©cemment publiĂ© 1, sans prendre en compte l'apport Ă©ventuel du rĂ©alisateur, des dĂ©corateurs, du crĂ©ateur des costumes mais sans m'interdire nĂ©anmoins de recourir au film tournĂ©, les dialogues y prĂ©sentant des variantes significatives par rapport Ă  ce scĂ©nario original 2. Celui-ci commence ainsi Un rideau de théùtre rapiĂ©cĂ©, sali, usĂ©, abĂźmĂ© par le temps. On entend frapper "les trois coups" et le rideau se lĂšve, dĂ©couvrant un coin du ciel de Paris avec ses nuages calmes et gris... Nous sommes en 1827 ou 1828, peu importe » 3. VoilĂ , d'emblĂ©e, indiquĂ©s la thĂ©matique — théùtrale —, et la localisation — parisienne. Quant Ă  l'Ă©poque, Ă  peine vient-elle d'ĂȘtre prĂ©cisĂ©e, non sans un lĂ©ger flottement, que cette prĂ©cision toute relative est prĂ©sentĂ©e comme nĂ©gligeable. Signe que le scĂ©nariste ne prĂ©tend pas proposer une reconstitution historique si l'on tente d'ailleurs de relever des repĂšres, on s'aperçoit que la chronologie rĂ©elle n'est pas rigoureusement respectĂ©e. Deburau est encore un inconnu quand il apparaĂźt. Nous sommes devant le théùtre des Funambules oĂč Anselme Deburau, son pĂšre, harangue la foule pour l'inviter Ă  entrer. Puis Anselme se moque publiquement du jeune homme, dĂ©verse sur lui nombre d'insultes et le frappe. Selon Jules Janin, premier biographe de Deburau, le pĂšre brutalisait bien son fils, maladroit faire-valoir de ses frĂšres Ă  ses dĂ©buts 4. Mais si nous Ă©tions en 1827-1828, Jean-Gaspard Deburau, dit Baptiste 5, serait dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbre et ne se ferait plus houspiller ainsi par son pĂšre... C'est Ă  se demander si 1827-1828 n'est pas une mauvaise lecture d'une dactylographe ou des Ă©diteurs et si PrĂ©vert n'avait pas en rĂ©alitĂ© indiquĂ© 1817-1818, ce qui correspondrait davantage Ă  la date oĂč commence cette premiĂšre partie 6. Quelque temps aprĂšs, on assiste Ă  une bagarre entre deux familles rivales de mimes les Deburau et les Barrigni en rĂ©alitĂ© les Chiarigny7. Cette bagarre, mĂ©morable, eut lieu au théùtre des Funambules en 1819. C'est Ă  ce moment-lĂ  que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, dans le scĂ©nario, y fait son entrĂ©e et demande Ă  y ĂȘtre engagĂ©. Le vrai FrĂ©dĂ©rick a dĂ©butĂ© sur les planches d'un petit théùtre, Les VariĂ©tĂ©s amusantes, ouvert en 1815 sur le boulevard du Temple, dans un rĂŽle de lion 8. Il fut engagĂ© aux Funambules l'annĂ©e suivante. Jules Janin ayant Ă©crit que FrĂ©dĂ©rick y avait commencĂ© », le scĂ©nariste imagine, lui, que c'est Ă  la faveur de la dĂ©mission des Barrigni en plein spectacle, en remplaçant au pied levĂ© l'un d'eux dans le rĂŽle du lion. Ce dĂ©part de la famille Barrigni est prĂ©sentĂ© Ă©galement comme l'occasion pour Baptiste de courir sa chance, en remplaçant de son cĂŽtĂ© le Pierrot. La deuxiĂšme Ă©poque est moins linĂ©aire temporellement. Sur le rideau de théùtre qui, comme celui de la premiĂšre partie, se lĂšve, on peut lire Des annĂ©es ont passĂ©... » ou, formule dĂ©finitive du film Quelques annĂ©es ont passĂ© ». Nathalie, qui a Ă©pousĂ© Baptiste, Ă©voquera, dans un dialogue absent des avant-textes, six annĂ©es » de vie commune. Nous pourrions donc bien ĂȘtre en 1823, date Ă  laquelle FrĂ©dĂ©rick commence Ă  rĂ©pĂ©ter L'Auberge des Adrets au théùtre de l'Ambigu. Mais peu de temps aprĂšs, nous nous retrouvons aux Funambules oĂč est jouĂ©e la pantomime du Marchand d'habits, créée, elle, en 1842 et saluĂ©e par l'article de ThĂ©ophile Gautier Shakespeare aux Funambules », dans La Revue de Paris, article auquel il est fait allusion dans le dialogue 9. Puis on assiste Ă  une reprĂ©sentation d'Othello, avec FrĂ©dĂ©rick dans le rĂŽle titre, que l'acteur a jouĂ© Ă  l'OdĂ©on en 1830. D'autre part, le scĂ©nario original s'achĂšve sur le meurtre par Deburau du marchand d'habits, inspirĂ© par un fait rĂ©el au cours d'une promenade avec sa femme, Deburau et sa compagne furent insultĂ©s par un jeune homme ; le mime rossa le voyou Ă  coups de canne et le tua. Cela se passait le 18 avril 1836 et ce serait l'idĂ©e de dĂ©part des Enfants du paradis 10 Jean-Louis Barrault, qui rĂȘvait d'incarner le mime, ayant racontĂ© Ă  PrĂ©vert et CarnĂ© le meurtre involontaire commis par Deburau, le procĂšs retentissant qui s'ensuivit, la curiositĂ© de l'entendre pour la premiĂšre fois, son acquittement. Ce fait-divers et ses consĂ©quences ne seront pourtant finalement pas reprĂ©sentĂ©s dans le film. Seul Lacenaire y commet un meurtre. AprĂšs une premiĂšre agression, inspirĂ©e des tentatives attestĂ©es de tuer des garçons de recette des banques au retour de leur tournĂ©e et qui Ă©chouĂšrent, il tue le comte de Montray et se laisse arrĂȘter ; en rĂ©alitĂ©, cette arrestation se situe en fĂ©vrier 1835 et sanctionne l'assassinat de la veuve Chardon. La seconde Ă©poque du film concentre donc des faits qui se sont produits entre 1823 et 1842. Somme toute, les sources auxquelles PrĂ©vert et CarnĂ© ont puisĂ© sont nombreuses. Pour Lacenaire, PrĂ©vert s'est servi des mĂ©moires du cĂ©lĂšbre assassin, ainsi que de divers documents publiĂ©s sur son procĂšs, ses conversations en prison et ses oeuvres 11. Le personnage semble l'avoir intĂ©ressĂ©, bien avant la rĂ©daction du scĂ©nario. Un texte, d'abord publiĂ© en 1937 puis repris dans Paroles, Le retour au pays » 12, en tĂ©moigne il prend pour point de dĂ©part la prĂ©diction funeste faite Ă  Lacenaire par son pĂšre – Tu pĂ©riras sur l'Ă©chafaud » – qui aurait, selon le criminel lui-mĂȘme, conditionnĂ© toute sa vie. L'intrusion de Lacenaire dans la loge de FrĂ©dĂ©rick est inspirĂ©e par une de ses conversations en prison rapportĂ©e dĂšs 1836. Lacenaire demande Ă  FrĂ©dĂ©rick de lui prĂȘter de l'argent, en lui disant que c'est une question de vie ou de mort ». L'acteur, endettĂ© mais prodigue, partage avec cet inconnu une somme qu'il a gagnĂ©e Ă  la loterie. FrĂ©dĂ©rick veut alors en savoir un peu plus sur l'Ă©trange personnage Ă  qui il vient de rendre ce service ... entre nous, lui demande-t-il, cette histoire d'argent, c'Ă©tait vraiment une question de vie ou de mort ! » Lacenaire rĂ©pond Oui, pour vous». Or, le vrai Lacenaire raconte ĂȘtre allĂ© trouver Scribe et lui avoir dit Je n'ai pas le sou, voulez-vous me prĂȘter un peu d'argent ? M. Scribe prĂȘta, commente Lacenaire [...] Si Monsieur Scribe m'avait refusĂ© Monsieur Scribe ne ferait plus aujourd'hui ni opĂ©ras ni comĂ©dies» 13. Les circonstances de l'assassinat du comte de Montray, inventĂ© par PrĂ©vert, sont, elles, puisĂ©es dans une dĂ©claration du criminel. InterrogĂ© par la police sur ce qu'il avait fait le jour de la tentative d'assassinat d'un caissier, le vrai Lacenaire avait dit avoir Ă©tĂ© aux Bains Turcs. C'est dans ce dĂ©cor pittoresque que le personnage du film trucide le comte. Marcel Herrand qui incarne le personnage dans le film, a bien fait passer la complexitĂ© de cet homme Ă©trange, qui soigne son apparence mais qui, malgrĂ© son allure posĂ©e, distinguĂ©e et polie, son air indiffĂ©rent Ă  tout, peut se jeter soudain sur sa proie et la tuer. Une jeune femme, Garance, est la seule Ă  ne pas avoir peur de lui et Ă  se moquer ouvertement de ses idĂ©es sinistres, de sa fatuitĂ©. L'orgueil du personnage est tout Ă  fait conforme Ă  ce qu'Ă©tait celui de l'homme rĂ©el. En prison, il dit Ă  un greffier prĂ©sent Monsieur Victor Hugo a fait un beau livre sur le dernier jour d'un condamnĂ©. Eh bien ! je suis sĂ»r que si on m'en laissait le temps, je l'enfoncerais... Et cependant quoi qu'on en dise, Monsieur Hugo a bien du talent! » 14 Peut-ĂȘtre a-t-on exagĂ©rĂ© la part d'identification de PrĂ©vert au personnage de Lacenaire 15. Mais on voit aisĂ©ment dans quelles manifestations de sa rĂ©volte il pouvait se retrouver. Les confidences du vrai Lacenaire – Je n'ai pas cru en Dieu, alors que mes professeurs, ma mĂšre, ma bonne nourrice et les prĂȘtres m'en parlaient tous les jours. À 12 ans j'avais dĂ©jĂ  beaucoup pensĂ© ; Ă  12 ans je me croyais un philosophe, un athĂ©e [...] ma mĂšre [...] me prĂ©fĂ©rait mon frĂšre » 16 – nourrissent les propos du personnage de PrĂ©vert Quand j'Ă©tais enfant, j'Ă©tais dĂ©jĂ  plus lucide, plus intelligent que les autres... "Ils" ne me l'ont pas pardonnĂ©, ils voulaient que je sois comme eux... Levez la tĂȘte Pierre-François... regardez-moi... baissez les yeux... Et ils m'ont meublĂ© l'esprit de force, avec des livres... de vieux livres haussant les Ă©paules... Pourquoi tant de poussiĂšre dans une tĂȘte d'enfant ? Quelle belle jeunesse, vraiment ! Mon pĂšre qui me dĂ©testait... ma mĂšre, ma digne mĂšre, qui prĂ©fĂ©rait mon imbĂ©cile de frĂšre et mon directeur de conscience qui me rĂ©pĂ©tait sans cesse "Vous ĂȘtes trop fier, Pierre François, il faut rentrer en vous-mĂȘme ! Avec un petit rire glacial Alors je suis rentrĂ© en moi-mĂȘme... mais je n'ai jamais pu en sortir ! Jolie souriciĂšre ! son rire redouble Les imprudents ! Ils m'ont laissĂ© tout seul avec moi-mĂȘme... et pourtant ils me dĂ©fendaient les mauvaises frĂ©quentations... ». PrĂ©vert se sert donc des dĂ©clarations rĂ©elles de Lacenaire, les dĂ©veloppe, les réécrit, les interprĂšte avec humour. Il fait passer par sa bouche une critique du bourrage de crĂąne et de la volontĂ© de faire entrer les enfants dans un moule, un rejet de la religion, une insoumission, une ironie qui sont les siens. Mais l'auto-satisfaction de Lacenaire, ce ridicule qu'il a de se prendre toujours au sĂ©rieux, son mĂ©pris et sa haine des autres, des femmes en particulier, sont autant de signes de la distance qui sĂ©pare PrĂ©vert du personnage. À trop identifier l'un Ă  l'autre on risquerait de se tromper ainsi, le dĂ©dain du drame, qu'affiche celui-ci, et son goĂ»t pour le vaudeville, conformes aux goĂ»ts exprimĂ©s par le vĂ©ritable Lacenaire, ne sont pas partagĂ©s par PrĂ©vert. Ses notes prĂ©paratoires sur le personnage en apportent la preuve Comme tous les assassins, il "retarde" ... son esthĂ©tique est pĂ©rimĂ©e ». Les auteurs du film ont d'abord pensĂ© opposer Lacenaire Ă  Deburau, en montrant leurs procĂšs parallĂšles. Mais c'est moins Lacenaire, finalement, qui est confrontĂ© au mime, que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre. IncarnĂ©s par eux, deux arts, en apparence trĂšs diffĂ©rents, se cĂŽtoient. Les deux acteurs sont Ă  la fois amis et rivaux, sur scĂšne comme dans la vie, avec un mĂȘme besoin d'Ă©chapper Ă  la rĂ©alitĂ©, chacun Ă  sa maniĂšre Baptiste rĂȘve et s'invente des bonheurs, FrĂ©dĂ©rick vit la vie de quantitĂ© de personnages. La sĂ©quence qui les met pour la premiĂšre fois en prĂ©sence montre leur amour commun du théùtre mais aussi la conception diffĂ©rente qu'ils en ont au long monologue de FrĂ©dĂ©rick, sĂ»r de son talent, rĂ©pondent les silences de Baptiste, et ses doutes. FrĂ©dĂ©rick incarnĂ© par Pierre Brasseur dans le film, joue tout le temps, mĂȘme quand il ne joue pas [...] rappelez-vous que ce soir vous avez trinquĂ© avec Jules CĂ©sar ! » dit-il Ă  Baptiste et Ă  quelques clochards invitĂ©s Ă  leur table. Jules CĂ©sar ou un autre... Charles le TĂ©mĂ©raire, Attila, Henri IV, la poule au pot ! [...] Tu ne crois tout de mĂȘme pas, dit-il Ă  Baptiste, que je vais finir mes jours aux Funambules, dans une peau de lion ! Un lion qui n'a mĂȘme pas le loisir de rugir... quel supplice quand on a comme moi, lĂ -dedans, grande claque sur le coeur tout un orchestre, toute une mĂ©nagerie, tout un monde ! » Baptiste paraĂźt plus modeste Je ne voudrais pas seulement les faire rire, je voudrais aussi les Ă©mouvoir, leur faire peur et les faire pleurer... Ce sont de pauvres gens et moi je suis comme eux, je les aime, je les connais, leur vie est toute petite mais ils ont de grands rĂȘves, et je voudrais raconter leurs rĂȘves, leur petite vie, leurs joies, leurs malheurs, leurs petits ennuis ! » PrĂ©vert a pu trouver chez Jules Janin cette idĂ©e d'une affinitĂ© de Deburau avec le peuple ... toujours pauvre comme est le peuple, c'est le peuple que Deburau reprĂ©sente dans tous ses drames ; il a surtout le sentiment du peuple... » 17. Dans ce dialogue, on le comprend, c'est paradoxalement Ă  travers les paroles de Baptiste, le silencieux, que PrĂ©vert, plutĂŽt bavard dans la vie, Ă  l'instar de FrĂ©dĂ©rick, fait entendre sa voix. Alors que FrĂ©dĂ©rick cherche d'abord, dans le mĂ©tier d'acteur, un plaisir narcissique, Baptiste veut traduire les Ă©motions des autres, atteindre un public populaire. L'attitude des deux acteurs Ă  l'Ă©gard de la femme qu'ils dĂ©sirent, Garance, est un peu Ă  l'image de leur maniĂšre de concevoir le théùtre. Baptiste la regarde, Ă©bloui, sans voix, FrĂ©dĂ©rick lui lance des tirades de son cru ; une fois de plus, la balance penchera du cĂŽtĂ© du premier, mĂȘme si la rĂ©ussite couronne d'abord le second ; Baptiste aime plus profondĂ©ment et c'est lui qui sera aimĂ©. Garance incarnĂ©e Ă  l'Ă©cran par l'inoubliable Arletty rĂ©unit en elle plusieurs types de femmes, rĂ©elles et imaginaires, du XIX° siĂšcle, ou inventĂ©es par des auteurs du XIX°. À 15 ans, Garance s'est retrouvĂ©e toute seule et a dĂ» survivre. On devine ce que cela peut signifier. Mais elle a plus d'un Gavroche fĂ©minin – du moins dans la PremiĂšre Ă©poque » du film – que de Fantine. Elle a aussi un cĂŽtĂ© Esmeralda, amie des truands les plus redoutables, Ă  l'aise dans la rue, dĂ©sirĂ©e par tous les hommes, hommes du peuple comme bourgeois et aristocrates. La scĂšne qui a lieu au Rouge-Gorge, taverne mal famĂ©e et repaire de Lacenaire et de ses amis, oĂč un aveugle » retrouve la vue, a d'ailleurs quelque ressemblance avec celles de la Cour des Miracles 18. Moins naĂŻve et farouche, cependant, que l'hĂ©roĂŻne de Notre-Dame de Paris, Garance hĂ©rite aussi de Carmen. La premiĂšre fois qu'elle aperçoit Baptiste, boulevard du Temple, elle lui jette une fleur. Et celui-ci garde prĂ©cieusement cette fleur, la serre sur son coeur, la respire, pareil Ă  JosĂ© qui s'enivre de l'odeur de la fleur jetĂ©e par Carmen. Or Deburau, l'amour de Garance, est enfant de BohĂšme, sans mĂ©taphore... Garance n'a pas, toutefois, la fĂ©rocitĂ© de l'hĂ©roĂŻne de Bizet, mais comme elle, elle entend bien vivre comme il lui plaĂźt. Le scĂ©nariste inverse les rĂŽles traditionnellement impartis Ă  l'homme et Ă  la femme, non seulement au XIX° siĂšcle mais au moment oĂč il Ă©crit son scĂ©nario en plein rĂ©gime de Vichy. Si la mĂšre de Garance semble avoir Ă©tĂ© une bonne mĂšre, la femme n'est ni rĂ©duite Ă  ce rĂŽle ni idĂ©alisĂ©e dans cette fonction. Nathalie, qui aura un petit garçon avec Baptiste, utilise Ă  plusieurs reprises son fils comme moyen de chantage. Garance s'offre Ă  Baptiste sans aucun sens de ce que l'on appellerait immoralitĂ© ou pĂ©chĂ©, sans hypocrisie, sans respect des conventions sociales. Et paradoxalement, c'est Baptiste, l'homme, qui est le plus paralysĂ© par ces conventions. DĂ©concertĂ© par les avances de Garance, il n'ose y rĂ©pondre et prend la fuite. Cette femme du peuple devient, dans la seconde Ă©poque, ce que l'on appelait au XIX° siĂšcle une demi-mondaine. Mais il ne s'agit pas pour PrĂ©vert d'en faire une Marguerite Gautier qui devra ou voudra expier ses fautes. Elle n'a pas choisi le luxe par intĂ©rĂȘt mais pour Ă©chapper Ă  une erreur judiciaire. Garance, comme PrĂ©vert, ne s'empĂȘtre pas dans des notions de faute ou de repentir et elle conserve, d'une certaine maniĂšre, sa libertĂ©, refusant de dire au comte qu'elle l'aime, s'offrant une nuit avec Baptiste. Garance est donc trĂšs en avance sur son temps. Elle est la femme telle que la rĂȘve PrĂ©vert elle lui ressemble d'ailleurs comme une soeur, avec sa maniĂšre de pratiquer l'ironie, de jouer avec les mots, de dĂ©fendre sa libertĂ©, d'aimer l'amour. Une reprĂ©sentation de la sociĂ©tĂ© de la Restauration et de la monarchie de Juillet ne saurait se passer d'un personnage d'aristocrate et c'est le comte Édouard de Montray incarnĂ© par Louis Salou dans le film qui en fait figure. L'auteur de Tentative de description d'un dĂźner de tĂȘtes Ă  Paris-France » 19, dont la conscience de classe n'est plus Ă  dĂ©montrer, concentre sur lui ses traits les plus acĂ©rĂ©s. Dans son scĂ©nario immĂ©diatement prĂ©cĂ©dent 20, il avait dĂ©jĂ  dressĂ© le portrait d'un moderne et pervers chĂątelain, emblĂ©matiquement prĂ©nommĂ© Patrice. Le comte assiste Ă  plusieurs des spectacles qui se donnent, avec quelques-uns de ses amis, parmi lesquels Georges, particuliĂšrement stupide et bornĂ©, ce qui permet Ă  PrĂ©vert, d'esquisser une symbolique lutte des classes entre les riches spectateurs des avant-scĂšnes et ceux du parterre et du paradis » et d'opposer l'ignorance distinguĂ©e des uns Ă  l'authentique et instinctif amour du théùtre des autres. Cette opposition a pu lui ĂȘtre inspirĂ©e par l'article de Gautier. Voici ce qu'Ă©crit Gautier ... quel théùtre et surtout quels spectateurs ! VoilĂ  un public ! et non pas tous ces ennuyĂ©s aux gants plus ou moins jaunes, tous ces feuilletonnistes usĂ©s, excĂ©dĂ©s, blasĂ©s, toutes ces marquises de la rue du Helder, occupĂ©es seulement de leurs toilettes et de leurs bouquets ; – un public en veste, en blouse, en chemise, sans chemise souvent, les bras nus, la casquette sur l'oreille... ». PrĂ©vert, lui, fait dire au directeur des Funambules ... quel public ! –il est pauvre bien sĂ»r mais il est en or mon public ! Tenez, regardez-les lĂ -haut au paradis. » Et le scĂ©nariste dĂ©crit ainsi ce public populaire EntassĂ©s les uns contre les autres, ils ont tombĂ© la veste, ils cassent la croĂ»te, ils boivent de la biĂšre, ils s'esclaffent la bouche pleine et se donnent de grandes claques sur l'Ă©paule, ils embrassent les filles... ». Enfin, Gautier trouve ce peuple naĂŻf comme un enfant », ce qui pourrait bien avoir suscitĂ© en partie le titre du film Les Enfants du paradis, le terme de paradis » pour dĂ©signer les spectateurs perchĂ©s tout en haut ayant Ă©tĂ©, selon Marcel CarnĂ©, empruntĂ© Ă  Jules Janin 21. L'opposition sociale se double d'une opposition esthĂ©tique. Le dĂ©but de cette deuxiĂšme partie montre donc FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre rĂ©pĂ©tant L'Auberge des Adrets, mĂ©lodrame de messieurs Anthieu en rĂ©alitĂ© Benjamin Antier, Saint-Amand et Polygathe en rĂ©alitĂ© Polyanthe, et se moquant ouvertement de la piĂšce face aux auteurs. On sait que le vrai FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre trouva l'oeuvre insipide et qu'il voulut la corser au lieu de faire de Macaire un personnage sinistre et terrifiant, il dĂ©cida de le rendre drĂŽle et cynique, de le faire plaisanter en commettant ses crimes, avec la complicitĂ© de Firmin devenu CĂ©lestin sous la plume de PrĂ©vert, qui devait jouer le rĂŽle de Bertrand, compĂšre de Robert Macaire. Ils rĂ©servĂšrent leurs principaux effets pour la premiĂšre, le 2 juillet, mais leur comportement pendant la rĂ©pĂ©tition inspira dĂ©jĂ , explique Robert Baldick, biographe de FrĂ©dĂ©rick, de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes aux auteurs et autres acteurs » 22. Au cours de la rĂ©pĂ©tition qui est montrĂ©e dans le film, l'acteur, tout en faisant des apartĂ©s, suit Ă  peu prĂšs le texte de la piĂšce, pestant cependant contre elle, ce qui provoque la colĂšre des trois auteurs. Leur fureur ne fait que s'amplifier le soir de la premiĂšre, oĂč FrĂ©dĂ©rick ne respecte plus du tout leur texte et les ridiculise en public. Ils iront jusqu'Ă  le provoquer en duel. En rĂ©alitĂ©, il semble qu'ils aient plutĂŽt bien acceptĂ© les modifications de FrĂ©dĂ©rick qui fit de leur oeuvre un immense succĂšs. Mais PrĂ©vert dĂ©verse sur ces malheureux auteurs quelques-unes des impertinences fameuses de l'acteur. Dans son livre sur FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, Silvain raconte, par exemple, que Victor SĂ©jour, mĂ©content de la maniĂšre dont FrĂ©dĂ©rick interprĂ©tait une de ses piĂšces s'Ă©tait Ă©criĂ© Vous marchez dans ma prose, monsieur ! », Ça porte-bonheur, monsieur ! » 23 aurait ripostĂ© l'acteur ; protestation des auteurs et rĂ©plique Ă  peu prĂšs identiques dans le scĂ©nario. La plupart des rĂ©parties canularesques de l'acteur sont cependant inventĂ©es par PrĂ©vert qui semble s'amuser tout autant que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre Ă  ce jeu de massacre. Dans le scĂ©nario, Lacenaire applaudit Ă  tout rompre quand FrĂ©dĂ©rick dĂ©clame Vraiment, tant d'histoires pour une trentaine d'escroqueries et cinq ou six malheureux assassinats... [...] DĂ©signant les spectateurs amusĂ©s Vous ne croyez pas qu'en cherchant bien, parmi tout ce monde-lĂ  », vous n'en trouveriez pas de plus coupables que nous ? » Cette question et les applaudissements enthousiastes de l'assassin disparaĂźtront du film oĂč il dit seulement Ă  FrĂ©dĂ©rick qu'il a trouvĂ© le spectacle intĂ©ressant ». Faut-il y voir l'effet d'une censure ou d'une autocensure qui aurait reculĂ©, pour un film tournĂ© pendant l'Occupation, devant l'humour noir et terriblement allusif de la rĂ©plique originale ? Les scĂšnes qui montrent la dĂ©sintĂ©gration du mĂ©lodrame, jusque-lĂ  trĂšs en vogue, et l'Ă©mergence du théùtre de Shakespeare reflĂštent les dĂ©bats esthĂ©tiques des annĂ©es 1820. Mais en dehors des reprĂ©sentations donnĂ©es par des troupes anglaises Ă  Paris, on jouait surtout Shakespeare dans la traduction de Ducis. C'est dans cette adaptation, selon toute vraisemblance, que FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre interprĂ©ta Othello, non pas sur le boulevard du Temple 24, mais Ă  l'OdĂ©on, en 1830. PrĂ©vert aime trop Shakespeare pour faire dire Ă  l'acteur un texte aussi infidĂšle que celui de Ducis, au langage chĂątiĂ©, montrer un Othello sans mouchoir ni oreiller pour Ă©touffer DesdĂ©mone et qui, dans l'ultime version de Ducis, se laisse mĂȘme convaincre de l'innocence de sa douce Ă©pouse. Il semble partir du principe que si FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre avait eu Ă  sa disposition une bonne traduction, c'est celle qu'il aurait jouĂ©e. Il lui fera donc interprĂ©ter Othello dans la traduction de François-Victor Hugo, revue par Christine et RenĂ© Lalou en 1939 ! AprĂšs la reprĂ©sentation, l'acteur et l'assassin ont une discussion trĂšs vive avec Édouard de Montray et ses amis qui dĂ©fendent la sobriĂ©tĂ© et le bon goĂ»t. FrĂ©dĂ©rick et Lacenaire vantent Shakespeare, le mĂ©lange des genres, et disent que le théùtre ne doit pas donner une vision Ă©dulcorĂ©e de la vie. Ce que suggĂšre aussi le scĂ©nariste, c'est que les partisans du classicisme, qui ne veulent pas voir de meurtre sur scĂšne, ne sont pas nĂ©cessairement les moins violents dans la rĂ©alitĂ©. Édouard de Montray rĂȘve de tuer Frederick parce qu'il croit que Garance en est Ă©prise, adore les combtas de coqs, provoque des gens en duel mĂȘme – et peut-ĂȘtre surtout – quand il se sait le plus fort. Le comte accuse Shakespeare d'avoir dĂ©butĂ© dans les lettres en dĂ©coupant de la viande sur l'Ă©tal d'un boucher ! [...] Ce qui expliquerait, ajoute-t-il, le cĂŽtĂ© bestial et forcenĂ© de son théùtre et pourquoi il obtint, de son vivant, tant de succĂšs auprĂšs des dĂ©bardeurs, des charretiers... » Or, dans Tentative de description d'un dĂźner de tĂȘtes Ă  Paris-France », PrĂ©vert avait fait intervenir, au cours d'un repas mondain, un homme, trĂšs Ă©videmment son porte-parole, qui venait troubler la rĂ©ception en parlant de la misĂšre du peuple et en annonçant une rĂ©volution. Et cet homme disait je parle ici pour les grabataires, je monologue pour les dĂ©bardeurs... » Ce public dĂ©daignĂ© par Édouard de Montray est donc le public que revendique PrĂ©vert. De mĂȘme, certains de ses scĂ©narios, tels ceux du Quai des brumes ou du Jour se lĂšve, ont Ă©tĂ© qualifiĂ©s de nausĂ©eux par une certaine critique. Parce qu'ils donnaient une vision sombre et crue de la rĂ©alitĂ© sociale. Il s'inscrit ici dans la lignĂ©e du combat menĂ© sous l'Ă©tendard de Shakespeare, par les romantiques, en particulier Hugo qui rapporte trĂšs symboliquement la rĂ©putation faite Ă  Shakespeare d'avoir Ă©tĂ© garçon boucher 25. La violence et la trivialitĂ© de Shakespeare, on les avait dĂ©jĂ  rencontrĂ©es quelques sĂ©quences auparavant, dans la pantomime Marchand d'habits, jouĂ©e par Baptiste, et comparĂ©e par Gautier Ă  du Shakespeare. Il semble qu'en rĂ©alitĂ© Deburau n'ait pas interprĂ©tĂ© cette oeuvre. Mais la lĂ©gende le soutint quelque temps et le scĂ©nariste choisit la lĂ©gende, car elle lui permet une fois encore de dĂ©fendre un théùtre oĂč les personnages sont en proie aux passions les plus exacerbĂ©es et qui transpose la rĂ©alitĂ© sociale dans toute sa cruautĂ©. Marchand d'habits interprĂ©tĂ© par Baptiste peut-ĂȘtre ainsi mis en parallĂšle avec Othello interprĂ©tĂ© par FrĂ©dĂ©rick, comme si, chacun des deux acteurs, Ă  sa maniĂšre, avait Ă©voluĂ© dans le mĂȘme sens. Par la voix de FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, et par celle de Lacenaire, qui semble, cette fois, avoir dĂ©passĂ© son goĂ»t pour le vaudeville, PrĂ©vert clame l'absurditĂ© des classifications par genres. Il ne rend pas seulement hommage Ă  Shakespeare, il poursuit aussi l'apologie, dĂ©jĂ  explicite Ă  travers les propos de Baptiste, d'un théùtre populaire, prenant comme personnages principaux des gens du peuple et pas systĂ©matiquement, comme dans les tragĂ©dies classiques, ceux qui dĂ©tiennent le pouvoir ; un théùtre non seulement Ă©crit pour le peuple mais par des hommes du peuple, comme ce nommĂ© Shakespeare Ă  qui l'aristocrate reproche implicitement d'avoir Ă©tĂ© garçon-boucher. Bien sĂ»r, expliquer la bestialitĂ© et la fureur qui rĂšgnent dans les drames de Shakespeare par ses origines sociales est dĂ©risoire car il n'est pas besoin d'aller chercher dans les abattoirs le modĂšle des sanglantes boucheries humaines auxquelles se livrent les tyrans. Mais si Shakespeare a Ă©tĂ© boucher, c'est une preuve que les bouchers peuvent ĂȘtre gĂ©niaux. Tout en faisant Ă©cho si nous sommes en 1830, Ă  travers la joute verbale entre FrĂ©dĂ©rick et Lacenaire, d'un cĂŽtĂ©, Édouard de Montray et ses amis, de l'autre, au combat qui oppose romantiques et classiques, dans la bataille d' Hernani, par exemple, le scĂ©nariste Ă©voque sa propre expĂ©rience. Rappelons que de 1932 Ă  1936, il a Ă©crit des piĂšces, sketches et choeurs parlĂ©s pour le groupe Octobre, troupe d'acteurs amateurs qui allait sur les lieux de travail des ouvriers, dans leurs fĂȘtes et jusque dans les rues, pour encourager les revendications, mettre en scĂšne et ridiculiser les exploiteurs et leurs complices. Ce combat, il n'y a pas renoncĂ© dans les annĂ©es 1940 mais il le transpose autant que possible sur les Ă©crans de cinĂ©ma. Le projet d'un art pour le peuple et miroir du peuple reste le sien, que ce soit dans LumiĂšre d'Ă©tĂ© ou Les Enfants du paradis et toujours ce peuple trouve en face de lui une caste ou une classe, imbue de ses prĂ©jugĂ©s comme de ses privilĂšges. Le scĂ©nariste montre donc le XIX° siĂšcle, qu'Ă  l'Ă©vidence, il aime, comme un moment d'intense bouillonnement esthĂ©tique, oĂč l'art se libĂšre des carcans du passĂ© et ne s'adresse plus seulement Ă  une Ă©lite mais aussi – et mĂȘme surtout – Ă  un public populaire. Que la fiction l'emporte totalement sur l'Histoire ou qu'elle emprunte Ă  l'histoire sans vraiment s'y soumettre, le scĂ©nario des Enfants du Paradis porte la trace du temps de son Ă©criture. Une des preuves de ce que j'avance n'a jamais, Ă  ma connaissance, Ă©tĂ© remarquĂ©e. Dans un passage disparu du film, mais connu depuis sa publication dans le numĂ©ro de L'Avant-ScĂšne consacrĂ© en 1967 aux Enfants du paradis, Lacenaire dĂ©clare avoir entendu en rĂȘve au lieu de Marchand d'habits... avez-vous des habits Ă  vend'? », Marchand d'amis... avez-vous des amis Ă  vendre ? » et il demande Ă  l'intĂ©ressĂ© s'il est vrai qu'il a ses petites entrĂ©es rue de JĂ©rusalem », autrement dit Ă  la prĂ©fecture de police ; calomnie », rĂ©pond le marchand d'habits, aussi vrai qu'on m'appelle... » et Lacenaire de complĂ©ter qu'on t'appelle Mouton-blanc, dit le FrisĂ©, dit Vend-la-mĂšche, dit Treize-Ă -table ». L'allusion Ă©tait transparente et se doublait d'une troublante mise en cause, si l'on prend conscience que ce rĂŽle d'indicateur prĂ©sumĂ© Ă©tait destinĂ© Ă  Robert Le Vigan, qui abandonna le tournage pour suivre CĂ©line Ă  Sigmaringen... Et quand le paisible Baptiste, jetĂ© Ă  travers le vitrage d'un bistrot par Avril, complice et ami de Lacenaire, se relĂšve et dĂ©coche un coup de talon dans le ventre Ă  son agresseur, peut-ĂȘtre reprĂ©sente-t-il allĂ©goriquement le coup de poing qu'il est arrivĂ© Ă  PrĂ©vert, pacifiste, de donner aux plus arrogants des collaborationnistes sans parler des coups de main qu'il donna Ă  ses amis rĂ©sistants 26. Quant Ă  Garance, nous avons vu Ă  quel point elle est Ă  la fois de son siĂšcle et en avance sur lui. Dans ce XIX° siĂšcle mythique, qui s'est forgĂ© Ă  la lecture des romans de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas et d'EugĂšne Sue, la pantomime prĂ©figure le cinĂ©ma muet ; le mĂ©lodrame subverti et le drame de Shakespeare, le cinĂ©ma parlant et ses potentialitĂ©s. PrĂ©vert rend en mĂȘme temps hommage aux grands interprĂštes que sont Deburau – ses silences et sa gestuelle –, FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre – son goĂ»t des mots et sa verve – et aux acteurs de cinĂ©ma dont ils sont les modĂšles, comme Chaplin, Barrault, Gabin ou Pierre Brasseur. De mĂȘme que la scĂšne se fait miroir de la vie et que la vie imite la scĂšne, le XIX° siĂšcle des Enfants du Paradis se reflĂšte au miroir du XX°, et inversement. DaniĂšle GASIGLIA-LASTER 1 Par les Ă©ditions Jean-Pierre de Monza avec des prĂ©sentations et analyses de Bernard ChardĂšre, 1999. 2 PrĂ©vert ayant signĂ© le scĂ©nario et les dialogues du film tournĂ©, on peut considĂ©rer ceux-ci comme le dernier Ă©tat du texte. 3 Les Enfants du paradis, Ă©ditions Jean-Pierre de Monza, 2000, p. 53 4 Jules Janin, Deburau, Histoire du Théùtre Ă  quatre sous pour faire suite Ă  l'Histoire du Théùtre français, Librairie des bibliophiles, 1881, p. 22-24. 5 Il fut probablement surnommĂ© ainsi Ă  cause des rĂŽles de brigands qu'il jouait Ă  ses dĂ©buts sous le nom de Baptiste avant d'incarner Pierrot. 6 Mais seules deux pages manuscrites du scĂ©nario sont reproduites par les Ă©ditions Jean-Pierre de Monza. Il nous est donc impossible de vĂ©rifier cette hypothĂšse. Le scĂ©nario publiĂ© en 1967 par L'Avant-scĂšne cinĂ©ma n° 72-73, donnait aussi les dates 1827-1828 », Ă  partir d'un dĂ©coupage technique » dactylographiĂ©. 7 Au dĂ©part, PrĂ©vert avait donnĂ© Ă  Deburau, LemaĂźtre et Lacenaire des noms fictifs Taburau, Leprince et MĂ©cenaire. Cette dĂ©formation de Chiarigny en Barrigni est sans doute un reliquat. 8 RĂŽle qui figurait dans une pantomime Ă  trois personnages, Pyrame et ThisbĂ©. 9 La Revue de Paris, Nouvelle SĂ©rie, annĂ©e 1842, Bruxelles. Cette pantomime de Cot d'Ordan, selon toute probabilitĂ©, n'a pas, en rĂ©alitĂ©, Ă©tĂ© jouĂ©e par Deburau voir Tristan RĂ©my, Jean-Gaspard Deburau, Paris, 1954, Elle eut un tel succĂšs qu'elle fut adaptĂ©e par Catulle MendĂšs Ă  la fin du siĂšcle. 10 À Nice, en janvier 1943. 11 Entre autres Lacenaire aprĂšs sa condamnation. Ses conversations intimes. Ses poĂ©sies. Sa correspondance. Un drame en 3 actes, Marchant Ă©diteur, 1836, et Lacenaire, ses crime, son procĂšs et sa mort, suivis de ses poĂ©sies et chansons et de documents authentiques et inĂ©dit, recueillis par Victor Cochinat, Paris, Jules LaisnĂ©, 1857. 12 Voir Jacques PrĂ©vert, Oeuvres complĂštes, Gallimard, la PlĂ©iade », 1992, Edition prĂ©sentĂ©e, Ă©tablie et annotĂ©e par DaniĂšle Gasiglia-Laster et Arnaud Laster. 13 Lacenaire aprĂšs sa condamnation, 14 Lacenaire, ses crimes, 15 J'ai dit moi-mĂȘme qu'il Ă©tait une sorte de nĂ©gatif de PrĂ©vert voir DaniĂšle Gasiglia Laster, Jacques PrĂ©vert, celui qui rouge de coeur », SĂ©guier, 1994, 16 Lacenaire aprĂšs sa condamnation, 17 Jules Janin, Deburau, 18 Jacques PrĂ©vert adaptera en 1956 Notre-Dame de Paris de Victor Hugo pour Jean Delannoy. 19 Voir Jacques PrĂ©vert, Paroles, dans Oeuvres complĂštes, Ă©dition Ă©tablie, prĂ©sentĂ©e et annotĂ©e par DaniĂšle Gasiglia-Laster et Arnaud Laster, 20 lumiĂšre d'Ă©tĂ©, rĂ©alisation de Jean GrĂ©millon, tournĂ© d'aoĂ»t 1942 Ă  janvier 1943. 21 Janin indique en effet vous n'aurez Ă  payer que [...] 1 franc aux avant-scĂšnes, si vous ĂȘtes riche ; / Et 4 sous au paradis, si vous ĂȘtes avare ou pauvre » Deburau, ; et le Cassandre de PrĂ©vert Un franc aux avant-scĂšnes si vous ĂȘtes fortunĂ© et quatre sous au Paradis si vous ĂȘtes pauvre ou momentanĂ©ment gĂȘnĂ© » Les Enfants du paradis, 22 Robert Baldick, la Vie de FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, DenoĂ«l, 1961, 23 Voir Silvain, FrĂ©dĂ©rick LemaĂźtre, Librairie FĂ©lix Alcan, 1930, p. 153. 24 Dans son Ă©tude critique » — si souvent contestable — des Enfants du paradis Nathan, 1992, GeneviĂšve Sellier pense que cette transposition de lieu par PrĂ©vert et CarnĂ© leur permet d'accrĂ©diter l'idĂ©e que la vraie culture s'Ă©tait tout entiĂšre rĂ©fugiĂ©e dans ce lieu synonyme de culture populaire ». 25 Victor Hugo, William Shakespeare, PremiĂšre partie, livre I, III, dans Oeuvres ComplĂštes, critique, coll. Bouquins », Laffont, 2002, 26 Peut-ĂȘtre aussi la scĂšne transpose-t-elle un Ă©nigmatique radio-dĂ©fenestrage », que PrĂ©vert situe en 1942 et ce qui s'ensuivit voir Oeuvres ComplĂštes, LIENS La page du site Presses de la Sorbonne Nouvelle Une critique de l'ouvrage sur le site La Revue d’histoire du XIXe siĂšcle. JacquesPrĂ©vert - extraits. mardi 18 octobre 2011, par Frederic Praud. PATER NOSTEF. Notre PĂšre qui ĂȘtes aux cieux, Restez-y ! Et nous nous resterons sur la terre. Qui est quelquefois si jolie. Avec ses mystĂšres de New York. Et puis ses mystĂšres de Paris. Il Ă©tait moins une ! J'allais oublier le jeudi poĂ©sies des CROQUEURS DE MOTS pour le dĂ©fi n°234 que nous propose Durgalola Participons avec joie, au printemps des poĂštes. Le 1er jeudi poĂ©sie 26 mars avec le mot ou thĂšme COURAGE Je sais que normalement je devrais demander l'autorisation Ă  qui d'ailleurs ? mais en ces temps tourneboulĂ©, et pour ce texte de circonstance, il me semble qu'on peut faire exception ... Trois remarques 1 j'ai programmĂ© ce billet vers 19h40, sans mĂȘme savoir que le chef de l'Etat français prendrait la paroles quelques minutes plus tard. 2 sur wikipedia, je n'ai pas retrouvĂ© ce poĂšme dans la liste des textes de Paroles. Je n'ai pas pu sourcer ce texte. Soit il n'est rien prĂ©cisĂ©, soit il est supposĂ© faire partie du recueil Paroles. J'aimerais ĂȘtre Ă©clairĂ©e Quichottine m'a apportĂ© une partie de la rĂ©ponse en indiquant que ce poĂšme a Ă©tĂ© publiĂ© dans Fatras voir son commentaire ci-dessous. L'histoire des parutions et remaniements de Fatras Ă©tant complexe, la date que j'ai indiquĂ©e n'est pas certaine quant Ă  l'insertion de Complainte du fusillĂ©. 3 ce matin vers 6h, j'ai saluĂ© mentalement les Ă©boueurs passant comme chaque semaine ramasser le contenu des poubelles. Complainte du fusillĂ© Ils m'ont tirĂ© au mauvais sort par pitiĂ© J'Ă©tais mauvaise cible le ciel Ă©tait si bleu Ils ont levĂ© les yeux en invoquant leur dieu Et celui qui s'est approchĂ© seul sans se hĂąter tout comme eux un petit peu a tirĂ© Ă  cĂŽtĂ© Ă  cĂŽtĂ© du dernier ressort Ă  la grĂące des morts Ă  la grĂące de dieu. Ils m'ont tirĂ© au mauvais sort par les pieds et m'ont jetĂ© dans la charrette des morts des morts tirĂ©s des rangs des rangs de leur vivant numĂ©rotĂ© leur vivant hostile Ă  la mort Et je suis lĂ  prĂšs d'eux vivant encore un peu tuant le temps de mon mal tuant le temps de mon mieux. La guerre dĂ©clarĂ©e j'ai pris mon courage Ă  deux mains et je l'ai Ă©tranglĂ©. Le Ministre de la guerre Je poursuis. Un hĂŽpital dĂ©truit dix, cent - et je suis modeste - peuvent ĂȘtre reconstruits Et, le projet adoptĂ© Ă  l'unanimitĂ©, la nuit est tombĂ©e, l'hĂŽpital a sautĂ© avec aux alentours quelques bribes du quartier. Le jour se lĂšve sur la ville oĂč le rire s'amenuise, se dissipe et disparaĂźt. Tout redevient sĂ©rieux. La vie, comme la Bourse, reprend son cours et la mobilisation gĂ©nĂ©rale se poursuit de façon normale. Jacques PrĂ©vert, recueil Paroles, 1946 Fatras 1966* Avec un immense merci pour tous ces gens qui font un immense et magnifique travail pour que ne sombre pas ne navire HĂŽpital sans oublier tous ceux qui vaquent aux tĂąches indispensables Ă  notre survie individuelle et collective. Du coup je n'ai pas le temps de chercher une illustration qui serait pertinente, Ă  moins que vous n'en ayez Ă  me proposer
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CĂ©lĂšbre par quelques chansons, Jacques PrĂ©vert est poĂšte, homme de théùtre et de cinĂ©ma, plasticien. Son imagination pourrait se rĂ©sumer par l’esprit de l’enfance ». NĂ© en 1900 Ă  Neuilly-sur-Seine, Jacques PrĂ©vert est le deuxiĂšme d’une fratrie de trois garçons. Il passe toute son enfance Ă  Paris, hormis un sĂ©jour de quelques mois Ă  Toulon, oĂč son pĂšre, AndrĂ©, espĂ©rait trouver du travail. La plupart des adresses familiales sont situĂ©es dans le 6e arrondissement, qui, Ă  l’époque, ne s’est pas encore gentrifiĂ©. Le pĂšre est employĂ© dans les assurances, mais sans enthousiasme ; c’est un amoureux du théùtre, il s’adonne Ă  la critique et conduit volontiers son fils dans les salles de spectacle. La mĂšre, Suzanne, donne Ă  Jacques le goĂ»t de la lecture et des livres ; l’enfant se passionne pour les Mille et Une Nuits et les aventures de Sherlock Holmes, et Ă©prouve une vraie fascination pour les illustrations de la presse Ă  sensation. En revanche, il manifeste assez vite une aversion pour l’école et pour le catĂ©chisme. Il aura toujours Ă  cƓur de conserver les qualitĂ©s qu’il attribue Ă  l’enfance simplicitĂ©, fantaisie et souci de ne pas ĂȘtre raisonnable » – ce qu’il rĂ©sume par un adage personnel PassĂ© 7 ans, on est un vieux con. »Jacques PrĂ©vert Ă  Paris dans les annĂ©es 1960. OZKOK/SIPA. À l’école du surrĂ©alisme AprĂšs avoir quittĂ© l’école Ă  14 ans, muni de son certificat d’études, PrĂ©vert exerce divers petits mĂ©tiers, notamment celui d’employĂ© dans un bazar de la rue de Rennes. Le service militaire mars 1920-mars 1922, qu’il effectue en grande partie Ă  Istanbul, est l’occasion de nouer deux grandes amitiĂ©s, avec le futur peintre Yves Tanguy et le futur Ă©diteur Marcel Duhamel qui sera le crĂ©ateur, en 1945, de la collection SĂ©rie noire » chez Gallimard. En 1924, les trois compĂšres s’installent au 54, rue du ChĂąteau, prĂšs de la gare Montparnasse, dans l’ancienne boutique d’un marchand de peaux de lapin. Adresse historique ! Elle va rapidement devenir un des hauts lieux du surrĂ©alisme, mouvement esthĂ©tique radical de l’immĂ©diat aprĂšs-guerre. En 1925, PrĂ©vert et Tanguy s’enthousiasment pour la virulence de La RĂ©volution surrĂ©aliste, revue qui paraĂźt de 1924 Ă  1929. PrĂ©vert, qui prend son temps pour entrer en littĂ©rature », se forme au contact de l’avant-garde artistique qui se retrouve, dans le quartier de Montparnasse, au cafĂ© Cyrano ou rue du ChĂąteau, et qui rassemble des personnalitĂ©s fortes et originales comme Robert Desnos, Louis Aragon, Raymond Queneau, Benjamin PĂ©ret, Antonin Artaud, Michel Leiris, sous la houlette intransigeante d’AndrĂ© Breton. Les surrĂ©alistes organisent des scandales ainsi, en janvier 1928, PrĂ©vert monte sur la scĂšne du théùtre du Vieux-Colombier pour gifler l’acteur qui dit des textes de Jean Cocteau. Ils se livrent aussi Ă  des expĂ©riences de crĂ©ation collective comme celle du cadavre exquis », qui consiste Ă  complĂ©ter de façon alĂ©atoire un mot proposĂ© comme point de dĂ©part ; la premiĂšre de ces expĂ©riences d’écriture donnera la phrase Le cadavre exquis boira le vin nouveau », d’oĂč le titre choisi par la suite pour ce type de jeu. Pour PrĂ©vert, c’est une pĂ©riode intense d’apprentissage de l’expression libre. En 1930, lassĂ©s de l’autoritarisme de Breton, lui et quelques-uns de ses camarades prennent leurs distances avec le mouvement surrĂ©aliste. Mais l’impertinence et le non-conformisme de ce courant novateur marquent d’une empreinte dĂ©finitive la maniĂšre qu’a l’artiste de crĂ©er, de vivre et de se faire sa place dans la théùtre au service du peuple En 1932, un groupe de la FĂ©dĂ©ration du théùtre ouvrier de France, en quĂȘte d’auteur, contacte PrĂ©vert, qui propose un texte, Vive la presse, dĂ©nonçant la malhonnĂȘtetĂ© des journaux au service des puissances d’argent. La piĂšce est reprĂ©sentĂ©e en mai. DĂšs lors, PrĂ©vert se lance dans une forme de lutte politique qui passe par le travail artistique. Il Ă©crit rapidement et sur mesure, fournissant au groupe – qui prend le nom d’Octobre, en hommage Ă  la rĂ©volution bolchevique de 1917 voir p. 134 – des piĂšces de théùtre et des chƓurs parlĂ©s qui prennent la dĂ©fense des plus faibles dans la sociĂ©tĂ© et sont en prise directe avec l’actualitĂ© nationale ou internationale des textes comme La Bataille de Fontenoy, FantĂŽmes, La Famille Tuyau de poĂȘle 1933, Le Palais des mirages 1934, d’aprĂšs Don Quichotte de CervantĂšs ou Suivez le druide 1935 dĂ©noncent la guerre, les industriels avides, les politiciens cyniques, tournent en dĂ©rision la famille et l’ordre bourgeois. Ils sont jouĂ©s en plein air, lors de meetings, dans des usines en grĂšve
 En 1933, le groupe théùtral voyage en URSS pour se produire dans le cadre de l’Olympiade du théùtre ouvrier de Moscou. Mais, au retour, PrĂ©vert refuse de signer l’éloge pour la politique de Staline que des officiels soviĂ©tiques lui Ă©crit des piĂšces de théùtre qui prennent la dĂ©fense des plus faibles dans la sociĂ©tĂ©, en prise directe avec l'actualitĂ© nationale ou internationale. En 1936, l’annĂ©e du Front populaire, Octobre se disloque pour des raisons politiques et financiĂšres. Un ultime projet, Bonne nuit, capitaine, n’est donc pas reprĂ©sentĂ©. Quelles que soient les diffĂ©rences politiques entre PrĂ©vert, plutĂŽt libertaire et anarchiste, et les membres du groupe, communistes pour la plupart, les cibles visĂ©es par ces textes dramatiques d’agit-prop théùtre d’agitation-propagande sont les mĂȘmes que celles Ă©pinglĂ©es dans nombre de poĂšmes de PrĂ©vert. Par ailleurs, l’esprit des textes imaginĂ©s pour Octobre soufflera trĂšs largement dans Spectacle, publiĂ© en talent aux multiples facettes Photomontage par RenĂ© Magritte, paru dans la revue La RĂ©volution surrĂ©aliste de dĂ©cembre 1929, avec les grands reprĂ©sentants du courant artistique surrĂ©aliste. SIPA Les premiers poĂšmes datent des annĂ©es 19
texte de jacques prévert sur le temps qui passe
Leçon"Comprendre une poĂ©sie de Jacques PrĂ©vert". "DĂ©jeuner du matin" de Jacques PrĂ©vert est un texte incontournable dans les premiers niveaux d'Ă©tude du français. Il s'agit d'une poĂ©sie oĂč l'auteur raconte une histoire du point de vue d'un personnage qui fait le rĂ©cit des actions exĂ©cutĂ©es par un autre. Le temps verbal employĂ©, c CrĂ©ation 17-18 des comĂ©diens de l'Atelier du Théùtre national de Toulouse Il y a le Prévert des bancs de l’école, celui du Cancre et des Feuilles mortes, et il y a l’autre, le libertaire, subversif, antimilitariste et anticlérical. C’est cet homme-là et son Ɠuvre, moins populaire, que Laurent Pelly, les comédiens de L’ATELIER et le pianiste Thierry Gonzalez ont envie d’explorer dans cette virée prévertébrale ». A travers son Ɠuvre et notamment ses poèmes en prose, Prévert dénonce les injustices du monde sans se départir de ses facéties syntaxiques et de son humour noir. Déconstructeur d’un langage figé, il s’attaque joyeusement aux expressions toutes faites qui alimentent les travers de nos sociétés. Liberté de ton, liberté d’esprit, l’illustre inventeur du cadavre exquis ne se lasse pas de parcourir et de tordre le langage pour en faire jaillir toute sa force. L’ATELIER Structure d’insertion professionnelle du TNT Tous les deux ans, le TNT recrute une troupe éphémère de sept jeunes acteurs et les invite à partager pendant plus d’un an la vie du théâtre pour leur permettre - à la sortie de leur formation professionnelle - de faire leur entrée dans le métier. Durant leur résidence, ils éprouvent pleinement tous les aspects du métier auquel ils se destinent en participant à des ateliers de création dirigés par des artistes reconnus qui donnent tous lieu à des présentations publiques, mais aussi en proposant des lectures publiques ou en collaborant à des projets de médiation culturelle. Au-delà du fait qu'ils se constituent un réseau » d'artistes avec qui ils pourront travailler par la suite, ces jeunes comédiens sont en lien permanent avec les personnels artistique, administratif et technique du théâtre qui les accompagnent dans leurs questionnements et leurs projets. Leur parcours au TNT se clôt par la présentation de solos carte blanche donnée à chacun d’entre eux et par la création d’un spectacle qui leur permet de vivre l’expérience d’une exploitation complète répétitions, représentations et tournées. Cette création a ceci de particulier qu’elle est conçue tout particulièrement pour la troupe ; Laurent Pelly, en s’appuyant sur l’Ɠuvre d’un auteur, invente un spectacle sur mesure qui se fabrique au fil des répétitions en étroite collaboration avec les comédiens. Permettre à de jeunes acteurs de mieux comprendre les réalités des métiers du spectacle vivant et d’explorer sereinement leurs désirs d’artistes en devenir, telle est l’ambition de L’ATELIER. A la découverte de Prévert Le poète le plus populaire de son siècle serait-il méconnu ? La question n’est pas posée pour cultiver le paradoxe, mais pour inviter à la découverte d’une Ɠuvre dont on ne mesure pas toujours l’étendue et la portée. Ainsi Prévert passe-t-il souvent, peut-être parce qu’on l’identifie trop exclusivement à ses grands succès, pour un poète des années 1945-1947, celles des Enfants du paradis, de Paroles et des Feuilles mortes. Il arrive même qu’on en fasse le poète du Front populaire, dont il est vrai, ses textes des années 30 et des scénarios comme celui du Crime de M. Lange paraissent préparer l’avènement. Mais, plus de trente ans après, on a pu se demander tout aussi légitimement si l’esprit de mai 68, dans ce qu’il avait de plus profond », n’était pas tout entier ... dans son inspiration libertaire et ludique, poétique et révoltée », et on oublie parfois que le dernier recueil paru de son vivant, Choses et autres, date de 1972, et qu’il a écrit jusqu’à sa mort en 1977. Son refus des mystifications religieuses et politiques s’affermit encore au cours des années et il ne cesse de défendre exploités et humiliés. Alors, poète de 1936 ? de la Libération ? de mai 68 ? d’aujourd’hui ? De toutes ces époques, mais sans jamais se laisser enfermer dans aucune, sans nostalgie, toujours plus loin ou ailleurs, hors-la-loi du temps ». Danièle Gasiglia-Laster, extrait de Jacques Prévert ƒuvres complètes I – Bibliothèque de la Pléiade Distribution Mise en scĂšne, dĂ©cors et costumes Laurent Pelly Avec Sonia Belskaya Romain Busson RaphaĂ«l Caire Anne Duverneuil Nicolas LainĂ© Nick Newth Malou Rivoallan Assistanat Ă  la mise en scĂšne Caroline Chausson Piano Thierry Gonzales LumiĂšres Paul Boggio Son Joan Cambon RĂ©alisation des costumes et des dĂ©cors Ateliers du TNT Production TNT - Théùtre national de Toulouse pqA0e0.
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