Affreux sales et méchamment mélancoliques Les nouveaux mùles de la chanson française imposent leurs styles Les nouveaux mùles de la chanson française imposent leurs styles HIP-HOP Eddy
Texte intĂ©gral 1 Extrait p. 108 du livre tirĂ© en 1897 de la meilleure des deux seules rĂ©ponses au concours lancĂ© p ... [Il faut] lire les anciens procĂšs et particuliĂšrement les procĂšs criminels [
] comme les rĂ©ceptacles exceptionnels des hontes sociales [
] et non comme l’expression et les tĂ©moins de l’immoralitĂ© gĂ©nĂ©rale. Conclure d’une telle exception Ă  une rĂšgle universelle serait s’arrĂȘter Ă  une injuste et fausse apprĂ©ciation. »AmĂ©dĂ©e Combier, Les Justices seigneuriales
 18971. 2 On pourrait d’ailleurs opposer Ă  la Saint-BarthĂ©lemy divers Ă©vĂšnements contemporains, comme le mass ... 1Les hommes des siĂšcles passĂ©s Ă©taient-ils plus violents que nous ? La cause est entendue, et la scĂšne peut s’ouvrir sur un massacre les exemples abondent. Choisira-t-on le dĂ©chaĂźnement de violence de la Saint-BarthĂ©lemy2, l’atroce exĂ©cution de Ravaillac ou plus tard celle de Damiens, l’ñcre odeur des bĂ»chers de sorcellerie ? 3 Titre repris pour la deuxiĂšme partie du prĂ©sent livre Brutti, sporchi e cattivi titre original ... 2Il n’est pas besoin d’en discuter les xvie et xviie siĂšcles, en ce sens encore les hĂ©ritiers de la supposĂ©e noirceur mĂ©diĂ©vale, furent des siĂšcles de fer au cours desquels des hommes encore violents, sales et mĂ©chants »3 purent se livrer Ă  des comportements sauvages avant, lentement, d’apprendre Ă  se tenir, Ă  se contenir, Ă  rĂ©primer leur instincts et leurs pulsions, Ă  se civiliser – car il faut dire le mot – et que puisse Ă©clore l’aimable xviiie siĂšcle, aux mƓurs enfin dignes, sinon apaisĂ©es. 3ClichĂ© dira-t-on, et avec raison ! Mais clichĂ© encore largement prĂ©sent, dans le grand public et aussi, sous une forme heureusement plus rĂ©flĂ©chie et nuancĂ©e, parmi les historiens. Pour ceux-ci, l’étude des sources judiciaires a semblĂ© conforter cette vision, ancrĂ©e dans une implicite perspective traditionnelle Ă©volutionniste. 4 Chaunu, Pierre, avant-propos Ă  l’article de Boutelet, Bernadette, Étude par sondage de la crimina ... 5 Elias, Norbert, La Civilisation des mƓurs, Paris, Calmann-LĂ©vy, 1973, 342 p. 6 Weber, Max, Le Savant et le Politique 1919, prĂ©face de R. Aron et traduction par J. Freund, Paris ... 4Alors que l’étude de la justice mĂ©diĂ©vale souffre, globalement, du manque de sources de la pratique, celles-ci se multiplient avec l’ùre moderne, permettant d’apprĂ©hender, notamment sur des bases statistiques, la rĂ©alitĂ© de l’action de la justice institutionnelle. Or, les historiens qui se sont lancĂ©s dans l’étude des sĂ©ries B et qui ont comptĂ© les actes – car comment en venir Ă  bout autrement ? – ont presque tous constatĂ© une transformation majeure au cours de la pĂ©riode. Pour le xvie siĂšcle, et quelles qu’aient Ă©tĂ© leurs sources, ils ont tous Ă©tĂ© frappĂ©s par l’omniprĂ©sence des procĂ©dures judiciaires pour faits de violence, qui devait rĂ©vĂ©ler un monde sans pitiĂ© oĂč l’agression tenait lieu bien souvent d’état normal des relations interindividuelles. Le tableau bien diffĂ©rent dressĂ© pour le xviiie siĂšcle, dans lequel les procĂ©dures pour violences semblent remplacĂ©es par la criminalitĂ© de type Ă©conomique, implique alors, par comparaison, l’existence d’une Ă©volution. C’est le fameux passage de la violence au vol », formulĂ© par Pierre Chaunu4. Si cette thĂ©orie, plus descriptive qu’explicative, a eu du succĂšs, c’est aussi parce qu’elle apparaissait cohĂ©rente avec d’autres celle de Norbert Elias sur la civilisation des mƓurs »5, celle de Max Weber sur le monopole Ă©tatique de la violence »6 et celle de Chaunu lui-mĂȘme sur l’Église tridentine. 5Ces idĂ©es ont depuis longtemps Ă©tĂ© discutĂ©es et parfois mises Ă  mal. On a soulignĂ© les faiblesses mĂ©thodologiques et thĂ©oriques sur lesquelles reposait cette vision linĂ©aire et un rien simpliste de la justice d’Ancien RĂ©gime. On a montrĂ© les piĂšges de sources judiciaires que l’on ne peut ni additionner comme des actes de registres paroissiaux, ni lire comme des procĂšs-verbaux de gendarmerie actuels. 6C’est Ă  ce travail critique que les Ă©tudes rassemblĂ©es par Antoine Follain entendent contribuer. Aux interrogations sur les mĂ©thodes – Compter ou ne pas compter ? Compter comment et quoi ? – succĂšdent des exemples d’utilisation de sources – lettres de rĂ©mission, archives des tribunaux ordinaires, seigneuriaux, princiers ou royaux mais aussi sources imprimĂ©es, traitĂ©s judiciaires et iconographie – prises dans divers espaces gĂ©ographiques europĂ©ens. Enfin une Ă©tude de cas – le procĂšs Petermann – permet d’approfondir les analyses. L’originalitĂ© provient notamment de l’importance des travaux, rĂ©alisĂ©s par Antoine Follain et ses Ă©tudiants de l’UniversitĂ© de Strasbourg constituĂ©s en Ă©quipe de recherche pour trouver des sources, en Ă©diter une partie et les analyser. Ces travaux portent sur le dĂ©but de l’époque moderne xvie siĂšcle et dĂ©but du suivant. Cette premiĂšre modernitĂ© » a longtemps Ă©tĂ© le parent pauvre des Ă©tudes sur la justice d’Ancien RĂ©gime, notamment parce que ces sources sont plus difficiles d’accĂšs palĂ©ographie complexe, droit encore mal fixĂ©, sĂ©ries souvent lacunaires, entraĂźnant ainsi, Ă  la fois, une surreprĂ©sentation pratique et symbolique du xviiie siĂšcle et, en consĂ©quence, une mĂ©connaissance prĂ©judiciable des pĂ©riodes prĂ©cĂ©dentes, alors que le schĂ©ma de l’évolution des mƓurs prĂ©suppose de connaĂźtre le point de dĂ©part autant que celui d’arrivĂ©e. 7Partant de la nĂ©cessaire critique historiographique des postulats sur lesquels reposent notre connaissance de la justice d’Ancien RĂ©gime, les Ă©tudes rĂ©unies s’attellent ensuite Ă  montrer l’extrĂȘme variĂ©tĂ© des situations de violence contenues dans les archives qui, patiemment dĂ©couvertes et correctement interrogĂ©es, ne correspondent guĂšre Ă  l’image rĂ©pandue d’un passĂ© violent et sauvage. Elles contribuent ainsi Ă  chasser les clichĂ©s Ă  la peau dure, et Ă  les remplacer par une meilleure comprĂ©hension de l’activitĂ© judiciaire et, par-lĂ , des sociĂ©tĂ©s humaines. 8Les hommes du passĂ© n’étaient certes pas les habitants de l’üle d’Utopie de Thomas More, mais loin d’ĂȘtre les sauvages mal dĂ©grossis que l’on dĂ©crit parfois, ils apparaissent comme nos proches parents, soucieux, dans un contexte culturel diffĂ©rent, de vivre avec des besoins, des pulsions, des dĂ©sirs, des pensĂ©es et des volontĂ©s contradictoires. Historiographie 9Depuis cinquante ans, les historiens qui se sont interrogĂ©s sur la violence ont postulĂ© une comparaison. Personne ne doute qu’il y ait eu des actes de violence commis entre le xvie et le xviiie siĂšcle. L’interrogation majeure a donc Ă©tĂ© y en avait-il plus, autant ou moins qu’à d’autres Ă©poques ? 7 Billacois, François, Pour une enquĂȘte sur la criminalitĂ© dans la France d’Ancien RĂ©gime », Annale ... 8 Voir, pour un remarquable exemple de cette mĂ©thode exigeante, l’analyse du procĂšs Petermann dans le ... 9 Dickinson, John A., L’activitĂ© judiciaire d’aprĂšs la procĂ©dure civile. Le bailliage de Falaise, 1 ... 10Il faut voir lĂ  les consĂ©quences de plusieurs phĂ©nomĂšnes l’obsession Ă©pistĂ©mologique historienne pour le changement et l’évolution, une vision positiviste implicite supposant les sociĂ©tĂ©s du passĂ© forcĂ©ment plus sauvages que la nĂŽtre et l’application aux sources judiciaires des mĂ©thodes quantitatives. AprĂšs avoir appliquĂ© avec succĂšs ces derniĂšres Ă  l’histoire dĂ©mographique et Ă©conomique, des historiens se sont tournĂ©s, Ă  partir des annĂ©es 1960, vers les archives judiciaires dont les masses considĂ©rables sommeillaient, sans ĂȘtre trop dĂ©rangĂ©es, dans les fonds dĂ©partementaux. Pierre Chaunu, dĂšs 1962, dans son cĂ©lĂšbre article oĂč il formule la thĂ©orie de la violence au vol », dĂ©jĂ  citĂ©, puis François Billacois7, dans un article de 1967, appelaient tous deux Ă  une enquĂȘte, menĂ©e selon les mĂ©thodes sĂ©rielles, sur la criminalitĂ© d’Ancien RĂ©gime. Ces mĂ©thodes quantitatives, qui s’appuieront sur des moyens mĂ©canographiques puis informatiques, semblaient les plus Ă  mĂȘme de traiter des sources plĂ©thoriques mais souvent complexes Ă  apprĂ©hender. Si, pour Ă©tudier un procĂšs prĂ©cis, il est indispensable de connaĂźtre l’état du droit ou les contextes politiques, sociaux, Ă©conomiques ou culturels dans lesquels il se dĂ©ploie8, cela n’est pas nĂ©cessaire dans une perspective quantitative oĂč l’affaire individuelle n’a guĂšre de valeur, au profit du nombre. On peut, en fait, nettement dire que l’on a essayĂ© d’étendre aux sources judiciaires le traitement qui avait donnĂ© de si bons rĂ©sultats en histoire dĂ©mographique ou Ă©conomique. John A. Dickinson, le disait avec optimisme en 1976 les mĂ©thodes quantitatives permettent un Ă©largissement considĂ©rable du savoir historique » grĂące Ă  une rigueur et une efficacitĂ© supĂ©rieures aux procĂ©dĂ©s traditionnels »9. Les appels de François Billacois et Pierre Chaunu furent entendus et thĂšses, mĂ©moires, articles se multipliĂšrent, dans lesquels on compta plaintes, sentences ou exĂ©cutions, selon des procĂ©dĂ©s divers monographie locale, Ă©tude par type de dĂ©lit, sondage chronologique, etc. qui tous, plus ou moins, aboutirent Ă  la confirmation de la thĂ©orie du passage de la violence au vol ». 10 Garnot, BenoĂźt, Une illusion historiographique justice et criminalitĂ© au xviiie siĂšcle », Revue ... 11 Voir dans le prĂ©sent livre Farcy, Jean-Claude, Statistique et histoire de la criminalitĂ© l’ex ... 11Puis, dans les annĂ©es 1980 et suivantes, des doutes s’installĂšrent, principalement mĂ©thodologiques. En langue française, l’article de BenoĂźt Garnot, dĂ©nonçant en 1989 une illusion historiographique »10 fit son effet. L’auteur, s’appuyant sur une connaissance fine du droit et de la rĂ©alitĂ© des archives, notamment de premiĂšre instance, montrait bien que seule une partie des actes dĂ©linquants Ă©tait portĂ©e en justice et que, parmi ceux-ci, seule une minoritĂ© aboutissait Ă  une sentence dĂ©finitive auprĂšs d’un de ces tribunaux d’appel bailliages, parlements qui avaient Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©s dans les Ă©tudes quantitatives. Il s’agissait de bien faire comprendre que les seules choses que l’on pouvait mesurer en comptant les procĂšs, c’était l’activitĂ© des tribunaux elle-mĂȘme dĂ©pendante de nombreux facteurs Ă©tat du droit, politique pĂ©nale, dynamique propre de la juridiction et de ses relations avec les justiciables, conjoncture globale et pas du tout la rĂ©alitĂ© des comportements. En consĂ©quence, les conclusions des Ă©tudes quantitatives Ă©taient pour le moins sujettes Ă  caution compter les actes judiciaires n’équivalait en rien Ă  Ă©valuer la rĂ©alitĂ© de l’évolution des actes violents. Poursuivant sa rĂ©flexion, Garnot en arrivera Ă  l’idĂ©e qu’il est urgent de ne plus compter » simplement parce que l’on ne sait jamais vraiment ce que l’on compte. Retraçant, dans le prĂ©sent volume, l’état de l’historiographie pour la pĂ©riode contemporaine, Jean-Claude Farcy rappelle que, dans la mĂȘme lignĂ©e, un historien aussi important que FrĂ©dĂ©ric Chauvaud rĂ©cuse avec force toute tentative de mesurer la violence »11. 12FrĂ©dĂ©ric Chauvaud et BenoĂźt Garnot proposent donc ce que l’on pourrait appeler une histoire comprĂ©hensive de la criminalitĂ©, visant Ă  redonner chair aux victimes, aux dĂ©linquants, Ă  leurs concitoyens et Ă  leurs juges, les individus, dans leurs spĂ©cificitĂ©, leurs singularitĂ©s et leur dignitĂ©, ne pouvant ĂȘtre rĂ©duits Ă  des dixiĂšmes de pourcentage. 12 Eisner, Manuel, Long-term historical trends in violent crime », Crime and Justice. A Review of re ... 13 Muchembled, Robert, Une histoire de la violence, Paris, Seuil, 2008, 498 p., spĂ©cialement le chapit ... 14 Robert Muchembled op. cit., p. 33-34 n’hĂ©site pas Ă  estimer que le taux d’homicide a Ă©tĂ© divisĂ© p ... 15 Puisque l’on peut en conclure que les donnĂ©es des siĂšcles mĂ©diĂ©vaux sont des minima, dĂ©jĂ  trĂšs supĂ© ... 13Ces critiques ont Ă©tĂ© reçues de façons fort diverses. Certains historiens, les ont finalement balayĂ©es, aprĂšs des dĂ©clarations liminaires de prĂ©cautions mĂ©thodologiques. Estimant que les diffĂ©rents biais mĂ©thodologiques enregistrement inĂ©gal dans le temps et dans l’espace, variabilitĂ© du droit appliquĂ© se compensaient, ou n’entraĂźnaient pas des distorsions susceptibles de fausser les Ă©volutions discernables, Manuel Eisner12 dans la lignĂ©e de T. R. Gurr, ou, en langue française, Robert Muchembled13, recourent massivement Ă  la quantification, s’appuyant particuliĂšrement sur le calcul de taux d’homicide pour proposer des synthĂšses montrant l’évolution de la violence sur le long-terme et dans l’ensemble de l’espace europĂ©en. Tous relĂšvent une diminution spectaculaire, mais gĂ©ographiquement hĂ©tĂ©rogĂšne, de l’homicide et donc, de leur point de vue, de la violence entre le Moyen Ăąge et l’époque actuelle14. La gĂ©nĂ©ralitĂ© de cette constatation, faite Ă  partir d’un grand nombre d’études, gĂ©ographiquement et chronologiquement variĂ©es, mais aussi le constat que les biais mĂ©thodologiques, portant essentiellement sur le sous-enregistrement des crimes commis aux pĂ©riodes les plus reculĂ©es, n’ont pas d’importance sur la tendance globale15 sont deux Ă©lĂ©ments majeurs qui lĂ©gitiment, aux yeux de leurs auteurs, leurs travaux et leur permettent de passer outre les critiques qu’ils ont soulevĂ©, en France particuliĂšrement. 16 Voir au contraire le protocole de recherche utilisĂ© par Antoine Follain pour son sĂ©minaire Brutes ... 17 Sur ce sujet voir Revel, Jacques, L’histoire au ras du sol », prĂ©face Ă  l’ouvrage de Levi, Giovan ... 18 Bel exemple Ă©galement dans Garnot, BenoĂźt, Intime Conviction et erreur judiciaire ? Un magistrat as ... 14D’autres historiens se sont, au contraire, conformĂ©s au mot d’ordre de BenoĂźt Garnot et ont renoncĂ© aux approches quantitatives. FascinĂ©s souvent par les rĂ©cits de vie poignants rĂ©vĂ©lĂ©s par les archives judiciaires, ils ont multipliĂ© les Ă©tudes de cas, examinant des procĂšs individuels, cĂ©lĂšbres ou non. La remarquable analyse menĂ©e par Antoine Follain et ses Ă©tudiants d’une affaire criminelle se dĂ©roulant dans la montagne vosgienne au dĂ©but du xviie siĂšcle, le procĂšs Petermann », en est un bon exemple. Cette approche peut donner, comme dans ce cas, de remarquables rĂ©sultats, mais elle pose Ă©galement des questions Ă©pistĂ©mologiques. L’un des problĂšmes majeurs, soulignĂ© par Jean-Claude Farcy est celui de la reprĂ©sentativitĂ© de l’affaire explorĂ©e » bien souvent, l’affaire Ă©tudiĂ©e est un procĂšs cĂ©lĂšbre, ou particuliĂšrement frappant, par la personnalitĂ© de la victime ou du criminel ou par les circonstances du crime. L’aspect exceptionnel du crime est alors considĂ©rĂ© comme rĂ©vĂ©lateur parce que c’est dans les marges [
] que l’on perçoit le mieux les Ă©lĂ©ments anthropologiques fondamentaux d’une sociĂ©tĂ© »16. On retrouve lĂ  les postulats de l’école de la microstoria et la thĂ©orie de l’exceptionnel normal »17. MĂȘme lorsque l’étude s’attache moins Ă  ces aspects anthropologiques et se tourne vers une vision plus sociologique, dans laquelle le cas examinĂ© sert Ă  retracer une sociĂ©tĂ© donnĂ©e par la connaissance prĂ©cise de contextes et des enjeux locaux, comme le fait Antoine Follain dans l’affaire Petermann18, le problĂšme de la reprĂ©sentativitĂ© demeure. L’historien a besoin de sources suffisamment prolixes et toutes les affaires n’en disposent pas. On peut mĂȘme dire que la plupart des actes de violence ne donnent pas lieu Ă  un dossier judiciaire Ă©pais soit qu’ils ne soient pas portĂ©s Ă  la connaissance du juge, soit que les procĂšs se sont arrĂȘtĂ©s Ă  un stade prĂ©coce de la procĂ©dure, soit que les faits ne nĂ©cessitaient pas un traitement long et dĂ©taillĂ©, soit que les archives aient disparu. À Ă©numĂ©rer ainsi les cas qui aboutissent Ă  des absences ou lacunes, on voit bien que le beau procĂšs », celui qui permet une Ă©tude de cas dĂ©taillĂ©e, est une exception qui ne tĂ©moigne, peut-ĂȘtre, que de lui-mĂȘme. 19 Dans ce livre Roussel, Diane, Force meurtres et assassinats » ? Mesures et formes de la viole ... 15Reste, pour beaucoup d’historiens, Ă  naviguer Ă  vue », entre ces deux Ă©cueils compter au risque d’additionner n’importe quoi et n’importe comment ou ne pas compter et risquer de se perdre dans des cas particuliers. Compter de façon raisonnable, en s’interrogeant sur ce que l’on compte et pourquoi on le fait, c’est le parti-pris de la plupart des Ă©tudes de ce recueil. Diane Roussel l’exprime clairement refusant d’opposer l’objectivitĂ© des faits Ă  leur reprĂ©sentation nĂ©cessairement biaisĂ©e », elle dĂ©crit sa dĂ©marche comme un entre-deux critique qui vise Ă  comprendre Ă  quelles conditions les traces laissĂ©es dans les archives sont un moyen d’accĂšs aux phĂ©nomĂšnes passĂ©s »19. Sources et mĂ©thodes 16Cela passe d’abord par une analyse serrĂ©e des sources. L’un des problĂšmes majeurs posĂ© par les grandes Ă©tudes statistiques est qu’elles reposent frĂ©quemment sur la compilation de donnĂ©es Ă©parpillĂ©es, souvent hĂ©tĂ©rogĂšnes qui sont ensuite agrĂ©gĂ©es pour fabriquer un indicateur, gĂ©nĂ©ralement le taux d’homicide. De ce point de vue, l’article de Jean-Claude Farcy, dans le prĂ©sent volume, fournit, en contrepoint, un Ă©clairage pertinent. 20 Les jurisconsultes de l’époque moderne disent les deux aussi graves. Voir un exemple d’apprĂ©ciation ... 17Les historiens de l’époque contemporaine disposent en effet d’une source, le Compte gĂ©nĂ©ral », qui compile l’activitĂ© des diffĂ©rents tribunaux et a toutes les apparences de la soliditĂ© et de la cohĂ©rence. Tout en montrant que les Ă©volutions qui apparaissent infirment les thĂ©ories de la dĂ©croissance du crime » et du passage de la violence au vol », Jean-Claude Farcy souligne les limites de cette source, tributaire de choix aussi nombreux qu’arbitraires et changeants. Ainsi, montre-t-il de façon frappante que les tentatives d’homicide ont parfois Ă©tĂ© comptabilisĂ©es avec les homicides rĂ©els, ce qui pour le moins, rend difficiles les comparaisons20. 21 Leromain, Emilie, Les â€œĂ©tats des crimes dignes de mort ou de peines afflictives” une source sur ... 22 Je ne me lancerai pas ici dans une discussion sur les difficultĂ©s mĂ©thodologiques de la dĂ©mographie ... 23 Sur ces questions mĂ©thodologiques, voir le dĂ©bat entre Monkonnen, Éric, New Standards for Histori ... 18Le Compte gĂ©nĂ©ral n’existe pas pour l’Ancien RĂ©gime. Non d’ailleurs que l’idĂ©e n’ait pas germĂ© dans l’esprit de certains hommes de la monarchie absolue, au premier rang desquels figure le chancelier d’Aguesseau, mais la centralisation effective des rĂ©sultats chiffrĂ©s de l’activitĂ© de l’ensemble des juridictions Ă©tait probablement trop difficile Ă  rĂ©aliser pour l’époque. Dans un bel article de ce volume, Emilie Leromain montre bien, Ă  la fois, les limites et l’intĂ©rĂȘt de la compilation des Etats des crimes » rĂ©clamĂ©s par la Chancellerie au xviiie siĂšcle, et qui semble constituer une belle sĂ©rie. En attendant les rĂ©sultats que pourra peut-ĂȘtre apporter cette nouvelle » source21, il faut ĂȘtre conscient que les tentatives de dresser des taux d’homicide rĂ©gionaux, voire nationaux, pour permettre des comparaisons europĂ©ennes posent problĂšme. Peu de zones gĂ©ographiques ou administratives disposent, sur une longue pĂ©riode, de sources correctement enregistrĂ©es et conservĂ©es, rendant compte de l’application d’un droit suffisamment homogĂšne. En d’autres termes, il est difficile de comparer les nombres d’homicides obtenus en comptant, par exemple, des lettres de rĂ©mission du parlement de Paris au xvie siĂšcle et des jugements rendus par une cour locale dans une ville anglaise au xixe siĂšcle. L’homicide n’est pas l’équivalent de la mort, phĂ©nomĂšne naturel que les dĂ©mographes peuvent comptabiliser de façon Ă  peu prĂšs fiable22, c’est une construction sociale qui relĂšve d’un contexte chronologique, social, juridique singulier. Pourtant, les synthĂšses gĂ©nĂ©rales reposent pour la plupart sur des Ă©tudes locales qui sont ensuite compilĂ©es et extrapolĂ©es. Mais, pour reprendre un exemple dĂ©veloppĂ© par Bruno Aubusson de Cavarlay, supposer que 3 meurtres en 23 ans dans une ville de 6 000 habitants Ă©quivalent Ă  3 meurtres par an dans une ville de 138 000 pose des problĂšmes mĂ©thodologiques du point de vue de la science statistique et Ă©pistĂ©mologiques du point de vue du sens historique pour le moins ardus23. Ce spĂ©cialiste de la statistique criminelle a ainsi soulignĂ© la difficultĂ© Ă  utiliser la mĂ©thode du taux d’homicide y compris pour mesurer la criminalitĂ© actuelle dont la fiabilitĂ© dĂ©pend beaucoup de l’échantillon car plus l’échantillon est restreint, plus les variations annuelles sont amples et qui est tributaire de critĂšres que les historiens, dans la plupart des cas, ne peuvent maĂźtriser par exemple effectifs et structures de la population de rĂ©fĂ©rence. 24 Lignereux, AurĂ©lien, La France rĂ©bellionnaire. Les rĂ©sistances contre la gendarmerie. 1800-1859, Re ... 25 Mauclair, Fabrice, Mesurer la violence interpersonnelle dans la France moderne xve-xviiie siĂšcle ... 26 Larguier, Gilbert, Violence meurtriĂšre et turbulence juvĂ©nile dans le Midi de la France faut-il ... 19Plus sagement, les auteurs des Ă©tudes du recueil se concentrent sur des sources uniques, prises prioritairement dans les tribunaux de premiĂšre instance. Se mĂ©fiant des grands indicateurs, Jean-Claude Farcy estime ainsi qu’il faut remonter aux dossiers de procĂ©dure plutĂŽt qu’aux collections de jugements, car ils fournissent davantage de renseignements sur les individus et les circonstances. L’historien peut alors construire son propre corpus, thĂ©matique, chronologique, gĂ©ographique, puis utiliser les mĂ©thodes quantitatives pour interroger ces documents et croiser les donnĂ©es avec celles tirĂ©es de la connaissance du contexte local ou national. Ce discours de la mĂ©thode, que l’on retrouve dans des thĂšses rĂ©centes dont Jean-Claude Farcy souligne la qualitĂ©24, est Ă©galement appliquĂ© dans les articles de Diane Roussel, Fabrice Mauclair25 et Gilbert Larguier26 dans le prĂ©sent volume. En se focalisant sur un thĂšme la violence ordinaire Ă  Paris au xve siĂšcle, la violence des jeunes sous l’Ancien RĂ©gime ou une source les archives des tribunaux seigneuriaux ces auteurs participent ainsi Ă  la construction de ce que, en reprenant Jean-Claude Farcy, on peut appeler une histoire sociale de la violence dans laquelle la statistique reprend toute sa place et permet une mise en perspective, sans que soit nĂ©gligĂ©e pour autant la contextualisation, l’usage d’autres sources et l’épaisseur humaine » des destins et des sociĂ©tĂ©s ainsi retracĂ©s. 27 Delsalle, Paul, Il n’avoit point l’intention de l’occire les femmes et la violence Ă  travers le ... 28 Follain, Antoine, et GĂ©rardin, Emmanuel, Fiction et rĂ©alitĂ©s dans les lettres de rĂ©mission du duc ... 29 La sĂ©rie centralisĂ©e s’arrĂȘte en 1568 pour le royaume de France mais se poursuit plus longtemps par ... 20Parmi les sources disponibles, les lettres de rĂ©mission ou leurs variantes sont au centre d’un dĂ©bat historiographique depuis les travaux pionniers de Robert Muchembled, Nathalie Zemon ou Claude Gauvard. Dans le prĂ©sent recueil, plusieurs articles, de Diane Roussel, Paul Delsalle27 ou de Antoine Follain et Emmanuel GĂ©rardin28 les utilisent et/ou rĂ©flĂ©chissent Ă  leur usage. Ce succĂšs, mais aussi les discussions qu’il a suscitĂ©es, s’explique par les caractĂ©ristiques particuliĂšres de ces documents. Rappelons d’abord qu’il s’agit des lettres par lesquelles une autoritĂ© royale ou princiĂšre accorde la rĂ©mission le pardon d’un crime, souvent mais pas toujours un homicide. Ces documents semblent ĂȘtre idĂ©aux pour les historiens. Ils contiennent toujours un rĂ©cit circonstanciĂ© des faits ayant conduit au crime, rĂ©cit vivant, riche d’élĂ©ments de vie quotidienne et souvent fascinant par l’effet de rĂ©el qu’il crĂ©e. En complĂ©ment de ces aspects qualitatifs, les lettres abondent par milliers, fournissant ainsi, pour les pĂ©riodes oĂč elles existent29, des sĂ©ries quantitativement intĂ©ressantes, permettant d’élaborer des statistiques. Elles possĂšdent donc en quelque sorte les avantages quantitatifs des jugements d’appel – permettre une mise en sĂ©rie – et ceux, qualitatifs, des sources primaires. 30 D’oĂč les discussions pour connaĂźtre la rĂ©alitĂ© des moyens de vĂ©rification ou de contrĂŽle, par le pa ... 31 Mais ces instances de contrĂŽle attendaient-elles la vĂ©ritĂ© ou une vraisemblance qui justifie l’octr ... 32 L’espoir d’obtenir, par le croisement des sources, un Ă©tat complet des homicides dans l’Etat lorrai ... 21Pourtant, la source est discutĂ©e. Le dĂ©bat s’est souvent focalisĂ© sur la question de la rĂ©alitĂ© des faits relatĂ©s, entre les historiens qui voyaient, tel Natalie Zemon, les lettres de rĂ©mission comme des rĂ©cits, dont le but premier n’est pas de dire la vĂ©ritĂ© » mais de tenir un discours attendu, c’est-Ă -dire celui qui justifiera la rĂ©mission30 et ceux qui estiment que ce rĂ©cit ne pouvait guĂšre s’éloigner de la rĂ©alitĂ©, ne serait-ce que parce qu’il existait des garde-fous, des procĂ©dures de contrĂŽle nĂ©cessaire dĂ©dommagement de la partie civile, vĂ©rification par la cour ordinaire compĂ©tente qui laissaient planer le risque d’un rejet de la lettre31. Dans le mĂȘme temps, l’aspect quantitatif n’est pas non plus sans poser des questions. Le caractĂšre massif de la source prise dans son ensemble ne peut faire oublier que les sĂ©ries sont souvent lacunaires, que le droit appliquĂ© a Ă©voluĂ© type de crime rĂ©missible et que, de toute façon, Ă  un moment donnĂ© les crimes remis par lettres ne sont qu’une partie, probablement minoritaire, de l’ensemble de la criminalitĂ©, mĂȘme rĂ©duite aux homicides32. 33 Nassiet, Michel, La Violence, une histoire sociale, France xvie-xviiie siĂšcle, Seyssel, Champ-Val ... 22C’est, en fait, s’interroger une nouvelle fois sur la reprĂ©sentativitĂ© d’une source pour connaĂźtre la violence en gĂ©nĂ©ral pour certains historiens, les actes pour lesquels rĂ©mission a Ă©tĂ© obtenue ne sont finalement que des actes ordinaires » qui ont mal tournĂ©, ils sont donc de mĂȘme nature que la liste beaucoup plus longue des violences non-homicidaires et surtout ils Ă©voluent de maniĂšre similaire. Si beaucoup de crimes remis ont lieu Ă  une Ă©poque, dans un lieu ou dans une circonstance donnĂ©e, c’est que cette Ă©poque, ce lieu, cette circonstance sont fortement criminogĂšnes. D’autres historiens, qui reconnaissent le problĂšme quantitatif, le contournent en Ă©voquant une forme de reprĂ©sentativitĂ© dans les discours. Dans le recueil, c’est le postulat choisi par Paul Delsalle qui ignore toute quantification. Pour Michel Nassiet, dans un livre rĂ©cent33, les lettres de rĂ©mission ne permettent pas une quantification solide de la violence rĂ©elle, mais lĂ  n’est pas l’essentiel. Ainsi, pour lui, la raretĂ© des rĂ©missions pour crime passionnel n’empĂȘche pas d’y voir la trace d’une injonction puissante faite aux hommes et par ricochet aux femmes de l’Ancien RĂ©gime. En effet, le pardon d’un tel crime produit un discours par lequel le pouvoir royal lĂ©gitime, voire approuve, le recours Ă  la violence pour dĂ©fendre l’honneur conjugal. Il me semble nĂ©anmoins qu’on ne peut pas aussi simplement laisser de cĂŽtĂ© le problĂšme de la reprĂ©sentativitĂ© quantitative. D’abord, la corrĂ©lation entre l’homicide pardonnĂ© et les comportements rĂ©els doit ĂȘtre mieux prouvĂ©e. Que beaucoup de crimes remis aient Ă©tĂ© commis dans des tavernes, par exemple, n’empĂȘche pas que l’immense majoritĂ© des clients de cabaret ne tuent personne, mĂȘme lorsque, Ă©ventuellement, ils se disputent. Peut-on en dĂ©duire que les tavernes sont des lieux de violence ? Quant Ă  l’idĂ©e d’une sorte de reprĂ©sentativitĂ© qualitative, illustrĂ© par l’exemple des crimes passionnels remis Ă©tudiĂ©s par Michel Nassiet, il faudrait, pour suivre l’auteur, ĂȘtre certain d’abord que le pardon est effectivement accordĂ© Ă  la plupart des crimes de ce type ce qui permettrait de conclure sur l’attitude des autoritĂ©s mais est impossible Ă  faire et ensuite que les maris trompĂ©s obĂ©issent Ă  la supposĂ©e injonction qui leur est faite de dĂ©fendre leur honneur Ă  tout prix et ont effectivement tous recours aux armes. Les maris complaisants, ou qui rĂšglent leurs diffĂ©rends matrimoniaux par d’autres voies, laissent peu de traces. Au vrai, le raisonnement circulaire n’est pas loin peut-on vraiment considĂ©rer que la raretĂ© d’un fait prouve son importance auquel cas, que prouverait l’inverse le fait que beaucoup de crimes soient pardonnĂ©s ? autrement que parce qu’on a dĂ©cidĂ© a priori qu’il l’était ? 23Enfin, Antoine Follain et Carole-Anne Papillard, dans l’article qu’ils consacrent au livre du juriste Josse de DamhoudĂšre, montrent que l’apprĂ©hension de la violence peut se faire par d’autres voies qu’en comptant les meurtres dans les archives. L’ouvrage de cet important jurisconsulte flamand du xvie siĂšcle est en effet illustrĂ© de nombreuses planches dont certaines dĂ©crivent des faits de violence, caractĂ©ristique Ă©ditoriale qui semble unique. En gĂ©nĂ©ral, disent les auteurs, les ouvrages de droit sont peu illustrĂ©s ou par des reprĂ©sentations stĂ©rĂ©otypĂ©es, faisant la part belle Ă  l’allĂ©gorie ou aux exemples historiques, bibliques ou mythologiques. LĂ , DamhoudĂšre et ses illustrateurs ont conçu un ensemble cohĂ©rent, parfois trĂšs original, oĂč textes et dessins se rĂ©pondent. Ces gravures ne peuvent Ă©videmment avoir valeur quantitative mais intĂ©ressent Ă  la fois l’histoire des reprĂ©sentations le dessinateur fait des choix, respecte certains tabous comme la reprĂ©sentation du sang ou des actes sexuels, choisit souvent des figures de criminels soldats et celle de la civilisation matĂ©rielle avec la reproduction d’armes, de costumes mais aussi d’attitudes dont certaines sont des stĂ©rĂ©otypes et d’autres semblent prises sur le vif. Notes 1 Extrait p. 108 du livre tirĂ© en 1897 de la meilleure des deux seules rĂ©ponses au concours lancĂ© par la SociĂ©tĂ© des Études historiques sur le fonctionnement des justices seigneuriales d’aprĂšs les documents d’archives » Combier, AmĂ©dĂ©e, Les Justices seigneuriales du bailliage de Vermandois sous l’Ancien RĂ©gime d’aprĂšs les documents inĂ©dits conservĂ©s au greffe du Tribunal civil de Laon et aux Archives dĂ©partementales de l’Aisne, Paris, A. Fontemoing, 1897, XV-160 p. Voir l’analyse de ce livre dans Cornu, Laetitia, et Follain, Antoine, Guide bibliographique. Justice seigneuriale et justice de proximitĂ© en France de la fin du Moyen Âge au dĂ©but du xixe siĂšcle », p. 393-427 dans Follain, Antoine dir., Les Justices de village. Administration et justice locales de la fin du Moyen Âge Ă  la RĂ©volution, Rennes, PUR, 2002, 430 p. 2 On pourrait d’ailleurs opposer Ă  la Saint-BarthĂ©lemy divers Ă©vĂšnements contemporains, comme le massacre des Italiens d’Aigues-Mortes 1893 ou les massacres de SĂ©tif 1945 et dans le registre judiciaire ordinaire la tuerie du Landreau 1913, l’affaire du curĂ© d’Uruffe 1956, les disparues de l’Yonne 1975-2000 ou cent autres cas, face auxquels il faut mĂ©diter l’avertissement dĂ©jĂ  donnĂ© par Combier en 1897 sur les cas exceptionnels » et l’hypothĂšse risquĂ©e d’une immoralitĂ© gĂ©nĂ©rale » cf. le texte mis en exergue. 3 Titre repris pour la deuxiĂšme partie du prĂ©sent livre Brutti, sporchi e cattivi titre original ou en français Affreux, sales et mĂ©chants, film italien rĂ©alisĂ© par Ettore Scola 1976. Il est malicieusement utilisĂ© sous cette forme Violents, sales et mĂ©chants » comme titre de la premiĂšre partie de Muchembled, Robert, L’invention de l’homme moderne. SensibilitĂ©s, mƓurs et comportements collectifs sous l’Ancien RĂ©gime, Paris, Fayard, 1988, 514 p. 4 Chaunu, Pierre, avant-propos Ă  l’article de Boutelet, Bernadette, Étude par sondage de la criminalitĂ© dans le bailliage de Pont-de-l’Arche xviie-xviiie siĂšcle. De la violence au vol. En marche vers l’escroquerie », Annales de Normandie, 1962, p. 235-262. 5 Elias, Norbert, La Civilisation des mƓurs, Paris, Calmann-LĂ©vy, 1973, 342 p. 6 Weber, Max, Le Savant et le Politique 1919, prĂ©face de R. Aron et traduction par J. Freund, Paris, Plon, 1959, 230 p. 7 Billacois, François, Pour une enquĂȘte sur la criminalitĂ© dans la France d’Ancien RĂ©gime », Annales ESC, mars-avril 1967, p. 340-349. 8 Voir, pour un remarquable exemple de cette mĂ©thode exigeante, l’analyse du procĂšs Petermann dans le prĂ©sent livre Follain, Antoine, et alii, Étude du procĂšs fait Ă  Anthoine Petermann prĂ©venu d’homicide sur sa belle-fille en 1617 Ă  Sainte-Croix dans le val de LiĂšpvre ». 9 Dickinson, John A., L’activitĂ© judiciaire d’aprĂšs la procĂ©dure civile. Le bailliage de Falaise, 1668-1790 », Revue d’Histoire Ă©conomique et sociale, volume 54, 1976, p. 145-168, p. 145 pour la citation. 10 Garnot, BenoĂźt, Une illusion historiographique justice et criminalitĂ© au xviiie siĂšcle », Revue historique, no 570, avril-juin 1989, p. 361-379. 11 Voir dans le prĂ©sent livre Farcy, Jean-Claude, Statistique et histoire de la criminalitĂ© l’exemple de la violence dans la France du xixe siĂšcle ». Une Ă©valuation des sources et de la faisabilitĂ© de nouvelles statistiques est Ă  lire dans Follain, Antoine, et alii, Des amendes communes et arbitraires aux lettres de grĂące la violence dans le corpus lorrain aux xvie et xviie siĂšcles », avec la collaboration de Jean-Claude Diedler. 12 Eisner, Manuel, Long-term historical trends in violent crime », Crime and Justice. A Review of research, vol. XXX, 2003, p. 83-142. 13 Muchembled, Robert, Une histoire de la violence, Paris, Seuil, 2008, 498 p., spĂ©cialement le chapitre II Le spectaculaire dĂ©clin de la violence depuis sept siĂšcles », p. 55-76. 14 Robert Muchembled op. cit., p. 33-34 n’hĂ©site pas Ă  estimer que le taux d’homicide a Ă©tĂ© divisĂ© par 100, entre le xiiie siĂšcle et aujourd’hui. 15 Puisque l’on peut en conclure que les donnĂ©es des siĂšcles mĂ©diĂ©vaux sont des minima, dĂ©jĂ  trĂšs supĂ©rieurs aux donnĂ©es obtenues pour l’époque contemporaine oĂč l’emprise policiĂšre et judiciaire permet de penser que la non-connaissance d’un homicide est rare. 16 Voir au contraire le protocole de recherche utilisĂ© par Antoine Follain pour son sĂ©minaire Brutes impulsives ou paisibles bonshommes, les gens de l’époque moderne Ă©taient-ils violents ? » 2010-2011 qui a livrĂ© comme procĂšs pour homicide Ă  ses Ă©tudiants un cas qui les a d’abord embarrassĂ©s, car le coupable n’était conforme Ă  rien de ce qui Ă©tait attendu. 17 Sur ce sujet voir Revel, Jacques, L’histoire au ras du sol », prĂ©face Ă  l’ouvrage de Levi, Giovanni, Le Pouvoir au village, Histoire d’un exorciste dans le PiĂ©mont du xviie siĂšcle, Paris, Gallimard, 1989, XXXIII-230 p. 18 Bel exemple Ă©galement dans Garnot, BenoĂźt, Intime Conviction et erreur judiciaire ? Un magistrat assassin au xviie siĂšcle, Dijon, EUD, 2004, 160 p. 19 Dans ce livre Roussel, Diane, Force meurtres et assassinats » ? Mesures et formes de la violence ordinaire Ă  Paris au xvie siĂšcle ». 20 Les jurisconsultes de l’époque moderne disent les deux aussi graves. Voir un exemple d’apprĂ©ciation du crime dans Follain, Antoine, et Papillard, Carole-Anne, Figures du crime et de la violence au xvie siĂšcle les singuliĂšres gravures insĂ©rĂ©es dans la Praxis rerum criminalium de Josse de DamhoudĂšre ». 21 Leromain, Emilie, Les â€œĂ©tats des crimes dignes de mort ou de peines afflictives” une source sur la criminalitĂ© et l’activitĂ© des juridictions dans tout le royaume au xviiie siĂšcle ». Les rĂ©sultats statistiques sont conservĂ©s pour sa future thĂšse. 22 Je ne me lancerai pas ici dans une discussion sur les difficultĂ©s mĂ©thodologiques de la dĂ©mographie historique. 23 Sur ces questions mĂ©thodologiques, voir le dĂ©bat entre Monkonnen, Éric, New Standards for Historical Homicide Research », Crime, Histoire & et SociĂ©tĂ©s – Crime, History & Societies, 2001, no 2, p. 5-26, et Aubusson de Cavarlay, Bruno, Les limites intrinsĂšques du calcul de taux d’homicide. À propos des nouveaux standards proposĂ©s par E. Monkkonen », Crime, Histoire et SociĂ©tĂ©s/Crime, History, Societies, 2011, no 2, p. 27-32. 24 Lignereux, AurĂ©lien, La France rĂ©bellionnaire. Les rĂ©sistances contre la gendarmerie. 1800-1859, Rennes, PUR, 2008, 365 p. ; RĂ©gnard-Drouot, CĂ©line, Marseille la violente. CriminalitĂ©, industrialisation et sociĂ©tĂ©, 1851-1914, Rennes, PUR, 2009, 360 p. 25 Mauclair, Fabrice, Mesurer la violence interpersonnelle dans la France moderne xve-xviiie siĂšcle l’apport des archives des justices seigneuriales ». 26 Larguier, Gilbert, Violence meurtriĂšre et turbulence juvĂ©nile dans le Midi de la France faut-il rĂ©examiner le processus de civilisation des mƓurs ? ». 27 Delsalle, Paul, Il n’avoit point l’intention de l’occire les femmes et la violence Ă  travers les lettres de rĂ©mission dans le comtĂ© de Bourgogne Franche-ComtĂ© au dĂ©but du xviie siĂšcle ». 28 Follain, Antoine, et GĂ©rardin, Emmanuel, Fiction et rĂ©alitĂ©s dans les lettres de rĂ©mission du duc de Lorraine au dĂ©but du xviie siĂšcle ». 29 La sĂ©rie centralisĂ©e s’arrĂȘte en 1568 pour le royaume de France mais se poursuit plus longtemps par endroit. 30 D’oĂč les discussions pour connaĂźtre la rĂ©alitĂ© des moyens de vĂ©rification ou de contrĂŽle, par le parquet, les juridictions locales ou les victimes. 31 Mais ces instances de contrĂŽle attendaient-elles la vĂ©ritĂ© ou une vraisemblance qui justifie l’octroi de la lettre ? 32 L’espoir d’obtenir, par le croisement des sources, un Ă©tat complet des homicides dans l’Etat lorrain, formulĂ© par Antoine Follain dans ce volume, me semble quelque peu optimiste, mais on ne le saura qu’une fois l’expĂ©rimentation rĂ©alisĂ©e Follain, Antoine, et alii, Des amendes communes et arbitraires aux lettres de grĂące la violence dans le corpus lorrain aux xvie et xviie siĂšcles ». 33 Nassiet, Michel, La Violence, une histoire sociale, France xvie-xviiie siĂšcle, Seyssel, Champ-Vallon, 2011, 377 p. Affreux sales et mĂ©chants – Scola – Manfredi – RĂ©sumĂ© (1976) 8/10. 25 ans et pas une ride. En transposant aussi intelligemment les travers humains, dans leur plus profonde cruditĂ©, au sein d’un des pires bidonvilles de Rome, Ettore Scola a rĂ©alisĂ© une Ɠuvre intemporelle. (Brutti, sporchi e cattivi) EcranLargeFilms ComĂ©die dramatiqueAffreux, sales et mĂ©chantsBandes-annonces et vidĂ©osTeaser Carlotta - PremiĂšres sorties 2011 Trailers News et dossiers Photos Casting Bande Annonce Affreux, sales et mĂ©chants Teaser Carlotta - PremiĂšres sorties 2011 Avec Nino Manfredi , Maria Luisa Santella , Linda Moretti , Franco Merli , Maria Bosco , Giselda Castrini , Alfredo D'Ippolito , Giancarlo Fanelli , Marina Fasoli , Marco Marsili , Ettore Garofolo , Beryl Cunningham , Silvia Ferluga , Assunta Stacconi , Omero Capanna RĂ©alisĂ© par Ettore Scola ComĂ©die dramatique Autres VidĂ©os Affreux, sales et mĂ©chants Affreux sales et MĂ©chants Un film italien de 1976, rĂ©alisĂ© par Ettore Scola.
Spectacle Humour, France, 2016, 2h00VFHDJulie, une jeune parisienne dĂ©lurĂ©e, qui fait les 400 coups et le dĂ©sespoir de ses parents, est placĂ©e, pendant les grandes vacances, chez des cousins Ă©loignĂ©s, au cƓur de la France profonde la famille Bodin. La mĂšre Maria est une mamie ravageuse et autoritaire de 87 printemps, et le fils Christian est un grand benĂȘt de 50 ans et puceau incurable. Au milieu de leurs bestiaux, chez eux, dans leur ferme, les Bodin’s n’ont pas l’intention de se laisser marcher sur les presseEntre Affreux, sales et mĂ©chants» et les Deschiens, les Bodin's s'amusent de la France profonde avec tendresse. la navigation pour parcourir la derniĂšre catĂ©gorieContinuer la navigation pour parcourir la derniĂšre catĂ©gorie
samedi20 fĂ©vrier 2010Ce film est superbe, il montre une famille de ratĂ©s complets, pires que les "Groseille" dans "La vie est un long fleuve tranquille", qui habite dans un bidonville en banlieue de Rome. Tweets by @paperblog_fr. Magazine CinĂ©ma. Jeux; Les Auteurs; Les articles de votre blog ici ? Inscrivez votre blog ! ACCUEIL â€ș CULTURE. Affreux, sales et mĂ©chants Par

La 6Ăšme session de l’unipop d’étĂ©, traditionnel rendez-vous de prĂ©-rentrĂ©e organisĂ© au cinĂ©ma Jean Eustache Ă  la fin du mois d’aoĂ»t, s’est dĂ©roulĂ© les mercredi 26 et jeudi 27 aoĂ»t soixantaine de spectateurs ont suivi avec assiduitĂ© et curiositĂ© l’ensemble du programme proposĂ© pour ces deux journĂ©es de plaisir et culture sous le signe de la comĂ©die italienne des annĂ©es 60, moment de grĂące du cinĂ©ma transalpin ayant orchestrĂ© la rencontre d’acteurs, de rĂ©alisateurs et de scĂ©naristes de talent, et la naissance de chefs d’Ɠuvre intemporels, ce stage a Ă©tĂ© menĂ© d’une main de maĂźtre par l’historien du cinĂ©ma Jean Gili, rĂ©fĂ©rence de la critique française en matiĂšre de cinĂ©ma programme de ces deux jours fut riche et dense les prologues et commentaires de Jean Gili assortis de moments d’échanges avec le public ont accompagnĂ© la projection de 4 films des 2 auteurs emblĂ©matiques de ce genre, Mario Monicelli et Dino Risi, et de 2 documentaires co-rĂ©alisĂ©s par Jean coup d’envoi fut donnĂ© par la projection du film “Le Pigeon” de Mario Monicelli, film fondateur qui marque en 1958 un passage de relais entre l’immense comĂ©dien TotĂČ et une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’acteurs menĂ©e par Marcello Mastroianni et Vittorio Gassman. L’aprĂšs-midi de la premiĂšre journĂ©e fut consacrĂ©e au grand Dino Risi, Ă  travers la projection du film “Le Fanfaron” reposant sur le formidable duo formĂ© par Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant, avant un documentaire consacrĂ© au cinĂ©aste. Le lendemain matin, la projection du film Ă  sketches “Les Monstres” permit de poursuivre l’exploration du cinĂ©ma de Risi, avant un retour Ă  Monicelli l’aprĂšs-midi avec le film “Larmes de joie” qui marque la rencontre entre Anna Magnani, TotĂČ et Ben Gazzara. La journĂ©e et le stage furent clos par la projection d’un documentaire consacrĂ© Ă  Ettore Scola, autre grand nom de cette comĂ©die retours des spectateurs furent unanimement trĂšs positifs, saluant la qualitĂ© des films choisis et celle de la prestation de l’intervenant, dont l’érudition en matiĂšre de cinĂ©ma italien et l’habiletĂ© oratoire furent trĂšs conseils pour aller plus loin D’autres films Ă  voir pour continuer Ă  explorer la comĂ©die Ă  l’italienne Dino Risi Au nom du peuple italien, Une Vie difficile, Le Veuf, CarriĂšre d’une femme de chambre
Mario Monicelli La Grande guerre, Les Camarades, L’ArmĂ©e Brancaleone, Mes chers amis
Ettore Scola Affreux sales et mĂ©chants, Le Bal, La Nuit de Varennes, Nous nous sommes tant aimĂ©s, Une JournĂ©e particuliĂšre, Le Voyage du Capitaine Fracasse 
Luigi Comencini La Grande pagaille, L’argent de la vieille, Le Grand embouteillage
Pietro Germi SĂ©duite et abandonnĂ©e, Ces messieurs dames, Divorce Ă  l’italienne + Les Nouveaux monstres, films Ă  sketches de Monicelli, Risi et ScolaDes livres pour en savoir plus La ComĂ©die italienne, Jean A. Gili, Henri Veyrier, 1990Le CinĂ©ma italien, Jean A. Gili, La MartiniĂšre, 2011 prĂ©face d’Ettore ScolaMes monstres, mĂ©moires de Dino Risi, Ed. de Fallois, 2014La ComĂ©die italienne, Charles Beaud, Lettmotif, 2016L’Italie au miroir de son cinĂ©ma, 3 volumes, Coll. ss la dir. de Jean Gili, Editalie, 2015-2019

RegarderAffreux, Sales & MĂ©chants 1976 Film Complet en Ligne Gratuit ★★★★☆ Note de l'utilisateur: 8.5 / 10 (BasĂ© sur 3555 La Revue) Affreux, Sales & MĂ©chants 1976 Film Sommaire: Dans un bidonville Ă  Rome, Giacinto rĂšgne en tyran sur sa nombreuse famille. Tous acceptent son autoritĂ© et sa mauvaise humeur, car le patriarche possĂšde un
10Ăšme Ă©dition de l’activitĂ© projection-dĂ©bat organisĂ©e par Youness et Soukaina. Cette fois-ci, nos jeunes ont projetĂ© le film italien Affreux, sales et mĂ©chants rĂ©alisĂ© par Ettore Scola, sorti en 1976. À la fin du film, l’audience a eu du mal Ă  reprendre son souffle. RestĂ©s sous le choc pour quelques instants devant cette reprĂ©sentation crue de la misĂšre dans la banlieue de Rome durant les annĂ©es 70. Voici le texte de Youness “Brutti, sporchi e cattivi” ou “Affreux, sales et mĂ©chants” est un film italien rĂ©alisĂ© par Ettore Scola et sorti en 1976. Dans un bidonville Ă  Rome, Giacinto rĂšgne en tyran sur sa grande famille. Tous acceptent son autoritĂ© et sa mauvaise humeur, car le patriarche possĂšde une somme d’argent que chacun espĂšre lui voler. Chaque jour, il lui faut trouver de nouvelles cachettes et dĂ©fendre son trĂ©sor en utilisant un fusil. Le rĂ©alisateur Ettore Scola est un de ceux qui ont le mieux racontĂ© les histoires d’aprĂšs-guerre et le dĂ©veloppement Ă©conomique des annĂ©es 60 et 70. Avec “Affreux, sales et mĂ©chants”, le rĂ©alisateur aborde l’univers des bidonvilles, en faisant des populations marginalisĂ©es les hĂ©ros de son film. L’Ɠuvre dresse un portrait Ă  la fois drĂŽle, rĂ©pugnant, et tragique d’une population marginalisĂ©e au sein d’une Italie en dĂ©veloppement. Une reprĂ©sentation satirique de l’ĂȘtre humain et d’une partie de la sociĂ©tĂ© italienne de l’époque. Presque tous les acteurs Ă©taient issus des bidonvilles, Ă  part Nino Manfredi dans le rĂŽle principal. La musique, composĂ©e par le grand Armando Trovajoli, constitue un Ă©lĂ©ment important dans ce long mĂ©trage comme dans tout le cinĂ©ma italien, car le mĂ©lodrame fait partie de la culture italienne comme l’était l’opĂ©ra en tant qu’art populaire dans le 19Ăšme siĂšcle. Beaucoup de comĂ©dies populaires, dont la bande son est composĂ©e de chansons, sont considĂ©rĂ©es comme marqueurs de temps, d’époque et de sensibilitĂ©. La musique ici est narrative et non pas illustrative, c’est Ă  dire qu’elle a sa propre narration et musicalitĂ©. Elle accompagne le film dans sa violence, sa beautĂ© et mĂȘme dans sa laideur. DrĂŽle et mĂ©lancolique, la “ComĂ©die Ă  l’italienne” ou “Commedia all’italiana” a hĂ©ritĂ© de la “Commedia dell’arte”, un théùtre italien qui manie la satire sociale. Faisant suite au “Neorealismo” ou “NĂ©orĂ©alisme” apparu en Italie au cours de la Seconde Guerre mondiale, en se basant sur le mĂȘme constat dĂ©sabusĂ©, la “ComĂ©die Ă  l’italienne” propose une lecture humoristique de la rĂ©alitĂ© sociale. Les thĂšmes sont identiques Ă  ceux traitĂ©s prĂ©cĂ©demment par les cinĂ©astes nĂ©o-rĂ©alistes pauvretĂ© et aspirations populaires, avec comme hĂ©ros des personnages au chĂŽmage et sans abri. Le bidonville ressemble Ă  une scĂšne de théùtre. La rĂ©fĂ©rence Ă  Shakespeare est Ă©clatante. Giacinto, sorte de “Roi Lear “, nourrit une obsession quasi-shakespearienne pour son trĂ©sor, persuadĂ© que ses enfants veulent le lui voler. En voyant Giacinto, on ne peut s’empĂȘcher de penser aussi Ă  Harpagon, L’Avare de MoliĂšre. Les deux sont tyranniques et avares, les deux possĂšdent un trĂ©sor et les deux sont obsĂ©dĂ©s par la crainte d’ĂȘtre volĂ©s. Une comĂ©die grotesque‚ engagĂ©e, impitoyable et marrante. Une tragĂ©die satirique‚ miroir d’une sociĂ©tĂ© schizophrĂšne. Par Youness Jord Related TagsciFLAM,CinĂ©ma,Connect Institute,Film,MOMKIN Retrouvez toutes les actualitĂ©s de Connect Institute Recevez notre news lettre chaque mardi !
Cemois-ci, Apple TV+ renouvelle d'ores et dĂ©jĂ  l’une de ses sĂ©ries SF du moment : Foundation pour une 2e saison, mais Ă©galement Mythic Quest pour une saison 3 et 4 ! Netflix, plus sage en ce mois d’octobre, nous annonce quant Ă  elle, une derniĂšre saison pour Family Reunion (la 3e), et une 4e saison pour You! Lire l'intĂ©gralitĂ© de l
Vous aimez ce film, notez le !La note moyenne actuelle est de 16,00 pour 1 votes Un bidonville de Rome, dans les annĂ©es 60. Giacinto rĂšgne en tyran sur sa famille sa femme, ses dix enfants, les conjoints, les amants et la grand-mĂšre, tous logĂ©s sous le mĂȘme toit, dans un taudis pouilleux. Tous acceptent son autoritĂ© et sa mauvaise humeur, car le patriarche acariĂątre possĂšde un magot d’un million de lires – reçues en dĂ©dommagement aprĂšs avoir perdu un oeil – que chacun espĂšre lui voler. Tandis que Giacinto passe ses journĂ©es Ă  se saouler ou Ă  violenter les femmes autour de lui, que la fille tapine dans les rues de Rome, que le fils se travestit en femme, que la grand-mĂšre apprend l’anglais Ă  la tĂ©lĂ©, que la belle-fille trompe son mari avec le frĂšre de ce dernier, que le petit fils chasse les rats morts, on prĂ©pare en cachette l’assassinat de Giacinto
 Titre original Brutti, sporchi e catiniFiche mise Ă  jour le 16/05/2020Classification Tous publicsAnnĂ©e de production 1976RĂ©alisĂ© par Ettore ScolaActeurs principaux Nino Manfredi, Linda Moretti, Maria BoscoDate de sortie 15 dĂ©cembre 1976Date de reprise 08 juillet 2009Distributeur France Carlotta Films Distributeur international non renseignĂ©DurĂ©e 116 minutesOrigines Italie Genres ComĂ©die dramatique Pellicule couleurFormat de projection EastmancolorFormat son MonoVisa d'exploitation 46241Site officiel non renseignĂ©
Danscet ordre, ça me va parfaitement. Ça rejoint aussi tout ce que j’ai aimĂ©, tout ce qui a nourri ma volontĂ© de me retrouver dans cette profession: le cinĂ©ma italien, Les Monstres, Affreux, sales et mĂ©chants ou quelques films français oĂč les gens ne sont pas tendres, comme Le PĂšre NoĂ«l est une ordure.
Onest ici trĂšs loin de la chronique au charme nonchalant. Place Ă  un savant mĂ©lange de comĂ©die corĂ©enne « Ă  l’italienne » (tendance Affreux, sales et mĂ©chants), de suspense et de film fantastique. Bong Joon-Ho a citĂ© dans ses remerciements des rĂ©fĂ©rences Ă  Chabrol et Clouzot.
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